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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


La passation n'aura pas lieu à l'ARPCE malgré la note de Juste Ibombo

Publié par Arsène SEVERIN sur 13 Mai 2017, 01:53am

Catégories : #Politique, #Congo-Brazzaville, #BrazzaPLUS, #Economie

Deux notes administratives font couler la morve et la salive à Brazzaville. La première est celle du ministre Léon Juste Ibombo des Postes et Télécommunications et la deuxième, celle de son Premier ministre Clément Mouamba. Au centre, la révocation et la réhabilitation du directeur général de l'Agence de régulation des postes et communications électroniques (ARPCE). Des notes contradictoires qui laissent les petits observateurs narquois sur la coordination de l'action gouvernementale. Mais, en réalité...

Tout a commencé le 10 mai 2017. Le ministre Juste Ibombo signe nuitamment vers 22 heures une note pour dire aurevoir au DG de l'ARPCE, l'indéboulonnable Yves Castanoud. Pourquoi? He bien, parce que le monsieur est arrivé en fin de mandat de six ans depuis depuis. C'est dit par les textes qui créent et organisent sa fonction. Donc le ministre lui trouve un successeur provisoire, c'est-à-dire un intérimaire, en atendant que le président de la République nomme quelqu'un d'autre sur proposition de Léon Juste Ibombo!

Le Congo venait juste de lever du lit lorsque, Paff! Le Premier ministre se fond lui aussi une note, rappelant tous les ministres à l'ordre, notamment ceux qui signent les notes pour nommer telle ou telle personnalité aux hauts emplois civils et militaires, les DG, les directeurs centraux, et tout ce qu'on sait. La note du Premier ministre ne rate pas de chuter sur une formule bien calibrée pour atteindre la cible : toute nomination ne respectant pas ces procédure est de nul effet. A ce moment-là, on ignore quel était le degré du seisme aux Postes et Télécom, ni même l'onde de choc que cela aurait dû provoquer. Ce qui est sûr, les verres ne se sont pas brisés à l'ARPCE en apprenant l'existence de la deuxième et dernière note. Kibuisa Mpipa, match esil, dixit Werrasoni!

On sait à présent des choses. Le ministre Ibombo est rentré dans la nuit d'Oyo où séjourne depuis quelques jours le couple présidentiel, lorsqu'il a regroupé son cabinet pour prendre la fameuse note qui mettait fin aux fonctions de Yves Castanoud. On sait aussi que le ministre des Postes et télécommunications, en position de force à ce moment-là, a pris la peine d'appeler son Premier ministre pour lui annoncer la décision de signer la note descendant et nommant un intérimaire au DG de l'ARPCE.

On sait aussi que les agents du ministère de Postes et Télécom broient du noir depuis que le DAF de l'ARPCE ne libère plus un seul sou à leur endroit. Là-bas, le mot rupture est vécu en live. Selon les oreilles indiscrètes, le ministre ibombo aurait même donné 72 heures au DG Yves Castounoud pour ravitailler les gars qui galèrent aux Postes et Télécom. Bon, le DG n'a pas exécuté et le ministre aurait riposté. Est-ce que c'est la virité? Là-bas, les gens ne parlent pas trop souvent. 

En tout cas, le ministre jusque-là devrait avoir eu toutes les assurances et les volets ouverts pour prendre la note. Il le sait, et les Congolais aussi le savent, qu'il n'allait pas se permettre la tête de Castanoud, si on ne lui avait pas dit de FAIRE. La note malheureusement a été plus que fracassante, elle s'est déchirée à la figure.

Selon la pure administration, pas de doute c'est bien le président de la République qui nomme à ces hauts emplois civils et militaires. La constitution est claire là dessus, quelle soit du 20 janvier 2002 ou celle du 25 octobre 2015.  En plus, le chef de l'Etat le fait selon son pouvoir discrétionnaire. Donc si vous n'êtes pas dans sa confiance, il ne vous nommérait pas, quels que soient vos galons, votre beauté, votre compétence ou votre ethnie. Mais c'est tout ça réuni avec la confiance que la nomination tombe. C'est comme un jeu de hasard. C'est pourquoi ça donne des vertiges à plusieurs personnalités en attente de postes.

Mais une fois que tout cela est fait, le haut fonctionnaire est à la disposition de sa tutelle, de son ministre. Par exemple, dès qu'il va en mission, même pour trois jours, le ministre doit prendre une note pour son intérim. Le président ne le fait plus, il a confiance au ministre qui a le devoir de rendre souple le fonctionnement de l'administration. Lorsqu'on dit tout cela, on se demande maintenant d'où est venu le mal.

D'un mandat illégal! Le DG de l'ARPCE est en fin de mandat non-renouvelable depuis bien longtemps. A l'époque, des noms comme ceux de Cyriaque Okomou Ombola de MTN Congo avaient même circulé pour remplacer Yves Castanoud. Il parait même que les tractations étaient en bonne voie.

Ce ministère n'a pas fini de nous surprendre. Bien avant, ce sont les ministre Dhelo et Mvouo qui se sont cassé les dents en voulant déraciner le tout-puissant Mora-Nzambé René Serge Blanchard Oba, DG de SOTELCO. Lui, c'est Thierry Moungalla qui a réglé son compte par un arrêté ministériel. On en parle plus et aujourd'hui le gars s'est même fait un nid à l'opposition.

Dans le gouvernement de Clément Mouamba, c'est la ministre de la Santé Jacqueline Lydia Mikolo qui a défenestré d'un coup cinq DG. Affaire Antiretroviraux et dysfonctionnement de la COMEG et plusieurs millions de francs CFA disparus. "Les cinq doigts de la main" (titre d'un film français d'Allexandre Arcady dont Patrick Bruel est acteur), eux, se défendent toujours de n'avoir jamais rien fait. Au contraire, ils avaient préféré démissionner (en bloc?) pour contester l'autorité de la jeune ministre.

Finalement, une année après, et seulement à la suite de la note de Léon Juste Ibombo, le Premier ministre a sifflé la fin des nominations. Plus un seul ministre, qui nourrissait son projet de satisfaire un vieux copain, ne le fera plus si le président de la République ne signe pas le décret.

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