Ça y est, ou ça continue ! Des bulldozers ont rasé des maisons au quartiers la Frontière à Moungali, aux abords de l’aéroport international de Maya maya. Ces maisons cassées vont faire place aux installations de l’aéroport dont les travaux d’extension exigent plus d’espace.
Ces populations avaient déjà été prévenues l’année dernière que l’Etat avalerait leurs propriétés pour « cause d’utilité publique ». Elles n’ont qu’à aller chercher ailleurs. Il faut moderniser la ville, après tout!
Bien sûr, ces gars de la Frontière n’ont pas été chassés comme des mal propres. Ha, non ! L’Etat a donné de l’argent à ces populations pour trouver des terrains plus loin dans les périphéries et bourgades comme Makaba Ndilou, Mfilou, Mont Barnier, Makana, Mayanga ou Loua. « On aurait pu penser construire un aéroport vers Kintele ou Pk 45. Pourquoi ils viennent nous chasser d’ici ? » s’interroge un homme, la soixantaine révolue, trouvé sur le site en train de ramasser quelques grabats.
« Avec la vie actuelle, l’argent que l’Etat donne, ne vous permet même pas d’avoir une maison comme celle qu’on m’a cassée ici », s'est plaint un autre.
D’après les experts des travaux publics, une route passera sur les maisons écrasées pour permettre aux populations de Mfilou, le septième arrondissement, d’accéder en ville par une ancienne voie, aujourd’hui disparue.
Les populations expropriées sont restées à leur domicile jusqu’au jour où le gouvernement a envoyé les bulldozers. Elles sont parties, laissons dernières elles, des tas de ruines, car elles ont tenu à voir comment allaient tomber une à une les maisons de leurs rêves. Tout s’est effondré.