"C'est le complot personnel du pouvoir contre ma personne", a dénoncé Mathias Dzon, l'un des leaders de l'opposition congolaise, débarqué mercredi le 4 juin des installations de l'aéroport international de Maya Maya, alors qu'il se rendait en France. L'homme, visiblement ébloui, a convoqué jeudi la presse à son domicile pour dire son ras-le-bol contre le régime du président Denis Sassou Nguesso dont il se considère "otage".
Lorsque les journalistes lui demandent pourquoi seulement vous? Mathias Dzon répond : "Je ne sais pas pourquoi il m'en veut. Chacun de nous est dans son coin et fait sa politique à sa manière, selon ses convictions. Je me demande bien ce que le président Sassou a contre moi. Mais parce que aussi Sassou me connaît et je connais Sassou, donc nous nous connaissons. Cela justifie sa peur envers moi", dit l'opposant, entour d'une centaine de militants venus le soutenir après l'incident de l'aéroport.
Se basant sur l'article 21 de la Constitution du 20 janvier 2002 que les opposants ne veulent d'ailleurs pas qu'on y touche, Mathias Dzon crie à lma violation flagrante des droits de l'Homme à son égard. "J'ai déjà contacté mon avocat et nous avons pris la résolution de porte plainte contre Sassou, Raymond Mboulou et Philipppe Obara pour tentative d'assassinat, harcellement et restriction du droit d'aller et venir", a annoncé Mathias Dzon qui espère ainsi trouvé gain de cause. Cet ancien ministre du président Sassou Nguesso n'exclut d'ailleurs pas de saisir les tribunaux internationaux au cas où sa requête ne trouvait pas le bien fondé au Congo. "Très peu de juges ont le courage de se saisir de tels dossiers dans notre pays", a-t-il alerté!
Au cours de cet échange avec les journalistes, l'opposant a assuré qu'il n'abandonnerait jamais son action politique à cause de "ces intimidations". Il voit plutôt les choses autrement. "Aujourd'hui je suis, je suis persécuté, mais demain à qui le tour? Je lutte avec les idées et non avec les armes qu'ils achètent et stockent partout dans le pays. Je suis ici sans pistolet ni couteau", a dévoilé Dzon, président de l'Union patriotique pour le renouveau national (UPRN).
Mathias Dzon se rendait en France pour rendre visite à ses enfants. "Depuis mon exil en France, ils sont restés là-bas. Leur mère est décédée et je m'occupe seul d'eux. C'est vrai qu'après je me suis remarié, mais ils sont tous besoin de moi, surtout en ces temps d'examens scolaires. Les autres ont le droit de visiter les parents, mais pas Dzon", a-t-il déploré d'un ton sévère.
L'homme se rendait également à Paris pour des raisons médicales. "Chaque année depuis 1977, je fais le bilan de santé pour savoir comment fonctionne mon corps. C'est une habitude qu'ai acquise lorsque je suis rentré à la banque centrale. Tous les chefs dans ce pays font la même chose ici. Pourquoi on veut m'en empêcher? ", s'est-il demandé.
Selon quelques informations obtenues sur place, l'officier qui a interdit à Mathias Dzon d'embarquer dans l'avion répondait aux ordres de son supérieur direct, le Général Philippe Obara. Et comme il serait absent du pays, personne ne pouvait répond. Saisi, le ministre de l'Intérieur Raymond Mboulou aurait demandé un temps pour donner une suite à cette situation. "Le temps de contacter Mpila qui donne les ordres à tout le monde ici dans ce pays. Mais je n'ai pas à les dorloter", a tranché Mathias Dzon.
Au cours de la conférence de presse, Mathias Dzon a reçu le soutien de ses collègues du Collectif de l'opposition, notamment Clément Mierassa, Christophe Moukoueke, Jean Itadi et ses propres militants comme Elo Dacy ou l'ancien député de la deuxième circonscription de Gamboma Jean Kaba. Dans l'ensemble le calme règne dans le milieu de l'opposition qui prévoit d'organiser le 6 juillet prochain une grande manifestation pour dire NON au changement de la constitution du 20 janvier.
Rappelons que le mrecredi avant de se rendre à l'aéroport, Mathias Dzon avaient tenu au coirs d'une conférence de presse des propos virulents à l'endroit du pouvoir, l'accusant d'avoir savamment organisé des mobilisations dans le pays appelant au changement de la Constitution.
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