Overblog Tous les blogs Top blogs Marketing & Réseaux Sociaux Tous les blogs Marketing & Réseaux Sociaux
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Foule à YambaLa liberté de réunion, la liberté d'opinion et la liberté de la presse ont récemment savamment été mises à mal à Yamba, district du département de la Bouenza, par le Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir) empêchant des centaines de personnes à tenir un meeting populaire à l'école primaire de cette localité. D'après les organisateurs de cette manifestation, la direction départementale du PCT dans la Bouenza aurait préféré "protéger" un député élu, que de le voir disgracier par ceux-là même qui l'ont envoyé en 2007 à l'hémicycle.

La fraîcheur du mois de juillet dosée d'une bonne couche de brouillard n'a pas démotivé de centaines de jeunes venus de Moukosso, de Mfila, de Kiniangi, de Ndounga, de Mouti Yaka, de Mpetou, de Boumbi, de Ntembele, de Yamba centre, de Mboumbou, de Massangui, de la Sonel, de Moutele...une trentaine de villages, répondant à l'appel de deux leaders politiques, Nicolas Bakala et Hubert Joseph Kokolo.

Massés sur Yamba, ces quelques 600 jeunes venus de partout, enfuis comme de sardines ou perchés comme des oiseaux sur les arceaux des véhicules type Canter, chantaient à tue-tête : "Nganga ayele! Kuyinga Tumuyinga! Ukona lerdi, Kusansa Tukusansa". Un chant entonné, en langue Minkenge, lors des terribles consultations fétichistes à Moutele, l'un des grands villages du district, qui veut dire en substance que si tu n'arrive plus, on te remplace par un plus capable!


Ce rassemblement devrait servir de point de départ au mouvement de protestation contre la politique anti-sociale menée actuellement par le député élu, Raoul Mboungou Nzoumba. Selon ses détrateurs, en effet, l'élu aurait mis dans sa propre poche les avantages accordés à la population par le gouvernement (ministère de l'enseignement primaire et secondaire) et des sociétés qui exploitent dans cette contrée (SONOCC, ASTALDI).


Entre le brouillard et les rayons de soleil, le temps est maussade à Yamba, et plus tendu à l'école primaire de la localité. Une mauvaise nouvelle picore les militants de Bakala et de Kokolo : le meeting vient à l'instant même d'être annulé.


En visite privée à Yamba (alors que se tenait à Brazzaville la session administrative de l'Assemblée nationale), le député Mboungou Nzoumba aurait vite fait d'alerter "ses amis" du PCT à Madingou, la capitale départementale de la Bouenza. Mis au parfum de la monstrueuse manifestation de Yamba, le préfet de la Bouenza, Eugène Nkouatsi, membre du PCT, aurait instruit le sous-préfet de Yamba, Gabriel Nsemi, lui aussi du PCT, pour que le meeting soit interdit. Officiellement pour "éviter les débordements", alors que la police, bien qu'en civil, avait été plombée sur le lieu de la réunion.


Ayant appris, la mort dans l'âme, l'interdiction du rassemblement, les partisans venus des 30 villages de Yamba se retirent à l'unique auberge de Yamba pour suivre Hubert et Nicolasles dernières consignes. Comme on le voit sur cette photographie, où Nicolas Bakala et Huber Kokolo règlent les questions logistiques afin d'assurer leb bon retour de leurs gars.

Bourrés, tôt le matin, de boisson locale et de drogues diverses, certains jeunes de Yamba ont vite pris d'assaut le lieu du retranchement pour empêcher toute communication. La presse a même été prise à parti par de bandits de grand chemin, empêchant tout filmage, prise de photos ou de notes. "Il n'y a pas meeting, il ne faut pas aussi les filmer. Ils n'ont droit à rien. Allez dire à Brazzaville que nous contrôlons Yamba", s'est sauvagement écrié un jeune parmi la vingtaine qui avait investi les lieux. Heureusement, aucun incident majeur ne sera enregistré, en dehors des jouxtes oratoires.


"Mboungou-Nzoumba est aujourd'hui mort politiquement. Lui qui croyait être le seul propriétaire de Yamba, il devrait désormais méditer sur notre force de mobilisation", a déclaré Nicolas Bakala, ancien membre de campagne du député de Yamba.


"Nous l'avons fabriqué en 2007. Sans nous, il ne serait pas là où il est. Aujourd'hui, il pratique une politique contraire à tout ce que les parents nous ont dit lors des campagnes. Nous ne voulons pas être à la barre avec lui à la fin de la législature, c'est pourquoi nous sommes venus prononcer la rupture", a expliqué Kokolo.


Les jeunes de Ndounga, mécontents, ont mis en garde contre tout rassemblement de l'actuel député dans leur localité. "Qu'il n'envisage pas organiser même une petite causerie chez nous, sinon ça va mal tourner", a lancé un jeune de Ndounga, rejoignant le véhicule pour le retour.Siège de Yamba


"C'est comme ça ici, tout le monde est chaud, tout le monde est politicien, tout le monde sait quelque chose. Mais à la fin, nous ne valons rien, nous travaillons pour les autres", a analysé un enseignant de mathématiques, originaire de Yamba.


Mais, les organisateurs ne sont pas prêts à lâcher prise. "Nous reviendrons avant la rentrée prochaine des classes. Il s'agit pour nous d'harmoniser les vues avec la direction du PCT, et nous reviendrons", a promis Joseph Hubert Kokolo.


Mboungou-Nzoumba est l'unique député que le PCT a pu avoir dans la Bouenza, connue comme fief de l'ancien président Pascal Lissouba. Plusieurs députés se réclamant aujourd'hui de la mouvance présidentielle, y ont été élus sous le sceau d'indépendant.

Publicité
Tag(s) : #Politique
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :