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Le 9 août de chaque année, la communauté internationale célèbre la journée du peuple autochtone. Le Congo compte quelque 30.000 pygmées dissimulés dans les grandes forêts du pays, tout comme dans les savanes comme dans les départemens du Pool et des Plateaux. A en croire plusieurs témoignages des pygmées, la femme joue un rôle prépondérante dans cette société, mais elle est récompensée en monnaie de signe.

 

Hommage à la maman pygmée ! C’est réellement grâce à elle qu’on peut observer sur l’étendue du Congo-Brazzaville des villages des peuples autochtones. La femme s’emploie à construire les cases ou les huttes, qu’elles soient en planches, en feuilles ou en branchages. Ce n’est que quand tout est fini que l’homme vient s’y mettre pour pomper les enfants. Souvent sans pièce, ces cases ne comportent qu’un seul lit en bambou, dans lequel toute la famille s’engouffre pour le sommeil, mais que également papa et maman profitent de s’envoyer en l’air. Dans plusieurs villages pygmées où certains individus se sont sédentarisés, et font de l’agriculture et de l'élévage comme à Ngouha 2 dans le Niari ou à Loyo dans la Lékoumou au sud, les champs sont aussi des lieux de passe !

Et c’est toujours la maman pygmée qui s’emploie à cultiver quelques semences pour la survie de la famille. Enfant au dos ou en bandoulière, la maman pygmée, sans aide, travaille seule dans les champs de manioc et d’arachide. Le mari qui passe ses journées dans les champs des bantous où il espère gagner de la nourriture ou de la cigarette le soir, ne rentre chez lui que pour dormir.Pire, demander si la femme ne lui a pas garder quelque chose dans le "placard".

La maman, pygmée s’occupe de la vie des enfants, prépare les jeunes filles aux mariage que les hommes prennent aussitôt leurs premières règles couler. Celles qui n'en voient pas encore, mais qui ont déjà des seins en piquée, font l'objet d'intenses convoitises.

Femme courageuse et endurcie, la maman pygmée donne la vie au cœur de la forêt, loin du personnel médical, au pied de l’arbre, criant, se mordant les lèvres, et se débattant sans assistance réelle. Comme cela ne suffisait pas, elle doit encore parcourir seule des longues distances pour aller chercher dans les centres urbains l’acte de naissance de son bébé, comme si elle venait de le faire  avec un arbre.

Mais, sans remords, toujours souriante et joyeuse dans son foyer, la femme pygmée, analphabète, repoussée par tous, se démène pour trouver de quoi s’acheter du savon, du sel ou des allumettes, nécessaires à la vie de la maison. Prostituée? Ho, pas vraiment! A Sibiti et à Bihoua, par exemple, dans la Lékoumou, les pygmées pensent que leurs femmes vont avec les bantous pour du sel, de la savonette ou des allumettes. Et ceux de Ngouha 2 affirment que leurs femmes ou leurs filles sont "louées" pour un temps par les bantous pour des biens matériels dont ils n'ont pas accès comme les produits manufacturés.

Danseuse, chanteuse et surtout berceuse, on a découvert dans plusieurs campement pygmées que le femme fabriquaient même certains instruments de la musique. Au Rwanda, des pygmées doivent leur survie grâce entre autre à la fabrication et à la vente des poteries.

Mais, la communauté autochtone ne lui reconnaît pas le travail abattu. Quand les étrangers arrivent dans leurs villages, les femmes sont parquées dans les huttes, chassées loin dernière les cases. Et pourtant, c’est elle, en tout cas elle, qui construit la société des pygmées. Elle reste cependant faible, vulnérable, pauvre.

Il faut que les autorités congolaises s’intéressent de façon insistante à ces femmes pour qu’au moins le développement commence un jour dans ces communautés. Elles méritent plus, nos mamans pygmées. L’Etat doit faire plus, de toute façon, il n’a encore rien fait pour ces femmes. Leur vie, ce n’est pas des bouts de savon, des morceaux de pagne, des pièces de tricots ou des vielles sandales. Il faut plus, des programmes de développement en santé, en alphabétisation en micro finance et en gestion de ressources forestières.

Arrêter avec les cadeaux, il faut des grands moyens pour que cette communauté longtemps marginalisée, puisse bénéficier des ressources nationales qui, jusque-là n’ont profité qu’aux seuls bantous, et qui n’en ont rien fait. Sauf se saouler la gueule, prendre les femmes des autres, acheter les belles voitures, et ne rien faire pour la jeunesse. Laissez maintenant les pygmées aussi jouir de ces richesses, eux qui, peu gourmands, ont su préserver la forêt intacte jusqu’à ce jour…

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Tag(s) : #Societé- Développement
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