Précédemment présenté comme l’un des grands ministres qui va intégrer le tout premier gouvernement du « Chemin d’avenir », projet de société du président Denis Sassou Nguesso, réélu le 12 juillet dernier à 78,61% des voix, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou est à présent vu comme le principal opposant au Congo. Il est ainsi peint par diverses opinions, toutes vraisemblablement, à en croire la presse locale, proches du pouvoir de Brazzaville.
Il est désormais appelé à jouer les premiers rôles de l’opposition au Congo. Cet homme, aux allures tumultueuses, peut-il réellement incarner une vraie opposition dans le pays ? Kignoumbi peut-il être à la tête de l’opposition au Congo ?
C’est une grande question, dira le Congolais moyen. Ce membre de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS, parti de l’ancien président Pascal Lissouba) a totalement brillé par l’indiscipline au sein de son parti. Il avait boudé l’investiture d’un autre candidat que lui à l’élection présidentielle qui vient de se dérouler. Kignoumbi Kia Mboungou défend des intérêts hybrides, estiment nombre d’observateurs.
Cet homme peut-il être à la tête de l’opposition comme on veut le présenter ? De quelle opposition d’ailleurs ? Lui-même se dit indépendant, et c’est sans conviction qu’il s’est présenté pour compétir contre Denis Sassou Nguesso. Juste après, il est allé saluer la victoire de son adversaire à Mpila. Ce qui en politique est un acte courageux de bon sens, surtout que pour Kignoumbi Kia Mboungou, il n’y avait rien à exiger, les élections étaient bien préparées et les résultas qu’il a cueillis aux urnes sont bien ceux qu’il a mérités. Il en est fier, devenu depuis le vote, une figure incarnée d’une certaine presse locale.
Il y a quelques jours, on le présentait déjà comme un potentiel ministre dans le tout futur gouvernement du président Sassou Nguesso. D’autres le donnaient déjà pour Premier ministre, car pour eux, Isidore Mvouba a fait son temps et devrait s’attendre à autre chose que la primature dans le partage de l’éléphant.
Mais voilà qu’on pense que Kignoumbi pourra prendre les rênes de l’opposition congolaise. Le problème ? On ne l’a vu sur aucun front politique lors des batailles de l’opposition. Il n’a même pas été à la concertation citoyenne organisée par le gouvernement en avril dernier à Brazzaville, à la demande de l’opposition. Quelles valeurs va-t-il dans ces conditions défendre en tant qu’on opposition ?
Le pouvoir sera-t-il en difficulté pour récompenser le candidat Kignoumbi Kia Mboungou, et le souhaite voir jouer le jeu de l’opposition comme il l’a su bien le faire depuis des années comme député national ? Mais là, le peuple et à commencer par les militants de son parti, sait que toutes ses sorties contre le gouvernement c’étaient juste pour amuser la galerie.
La place de Joseph n’est pas à l’opposition, sinon, il sera plus une chauve-souris (Mpuku mu nuni, entendez : souris et oiseau) qui n’a pas de famille et on ne sait pas où le classer. Tel un ballon de baudruche, on le ballotte de gauche à droite, le pressentant comme ministre, puis comme Premier ministre et après comme leader de l’opposition.
L’histoire de la politique congolaise retiendra que le président Lissouba a fait face à de vrais opposants de la poigne de Bernard Kolelas, Tystère Tchicaya,, Sassou Nguesso et d’autres fretins mais très ambitieux. Aujourd’hui, on veut confier ce rôle à un homme politique qui doit encore convaincre au sein de son électorat et de son propre parti. C’est perdu d’avance, si l’opposition représente encore les aspirations d’une certaine opinion au Congo.
Pèse-t-il réellement quelque chose en face de vrais opposants comme Mathias Dzon, Guy Romain Kinfoussia, Ange Edouard Poungui ou Emmanuel Ngouelondele ? Et le fameux Jean Michel Ebaka qui le pousse à prendre les rênes de l’opposition, que représente-t-il sur l’échiquier politique national ? Zéro ! On retiendra de lui que c’est l’homme qui a créé l’agitation lors du forum de l’opposition, parlant d’un fiasco. On peut dire qu’il avait bien joué son rôle et peut encore continuer à le jouer.