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Me Nganga dénonce les interdictions répétées à Mathias Dzon de quitter Brazzaville

Au cours d'un point de presse animé mercredi après-midi à Brazzaville, maître Bernard Amedée Nganga, avocat à la cour, a dénoncé avec véhémence l'interdiction de l'ancien ministre des Finances et opposant Mathias Dzon de voyager. L'opposant a deux fois de suite été empêché de sortir du Congo pour la France. Pour son avocat, " c'est contre la constitution du 20 janvier et les différentes conventions que le Congo a ratifiées, d'empêcher quelqu'un de voyager, ce quelque soit le titre de la personne qui donne cet ordre". Me Nganga a déclaré qu'il allait accompagner très prochainement son client Mathias Dzon à l'aéroport pour reprendre enfin son avion.

L'histoire a commencé le 4 juin quand Mathias Dzon, après avoir, aux côté de plusieurs autres opposants, animé une conférence de presse sur les questions d'actualité, a été empêché le soir de quitter le Congo. D'après l'officier commis au contrôle à l'aéroport, il avait des ordres fermes que l'ancien ministre des Finances voire même son ombre ne devrait pas quitter ou bouger vers l'étranger. Certaines indiscrétions révelaient que Dzon allait en France pour participer au forum de la diaspora sur la situation politique au Congo. D'autres encore estimaient que les propos tenus par l'opposant sur l'opération "Mbata ya Bakolo", sur le changement de la Constitution ou sur le corps électoral, étaient à l'origine de cette interdiction.

Une semaine après, le 13 juin, l'homme se rendit à l'aéroport, cette fois-ci accompagné d'un huissier de justice pour constater les faits. Simple comme perroquet, le même ordre d'interdiction lui a été signifié. Comme un robot, sans parler sans bouger, l'huissier a pris acte sur place. Où est l'ordre qui interdit de voyager? RIEN! Qui a interdit de voyager ? Ho, la Hiérarchie? Mais c'est qui ta hiérarchie? Ho, les Chefs! Bon, ça va! tel que ça parle là, le policier n'ira pas plus loin que sa caisse de résonance, ce qu'on a mis dans sa tête! Au moins il a tout vomi, maintenant il n'a que ses yeux pour voir Dzon et son gars quitter la zone de contrôle, cette fois-ci ce n'est plus pour attendre le juteux et habituel pourboire des chefs! Mais...pour débarrasser le plancher! Ho!

Pour Me Amédée Nganga, "trop c'est trop"! Il va même plus loin en désignant le Chef, la hiérarchie qui a interdit le voyage de Dzon. "Ce n'est plus ni moins que le président de la république lui-même. Il le fait de temps en temps", affirme-t-il avec sureté avant de s'interroger devant les journalistes : "Je me demande avec toutes ses charges, le président n'a autre chose à faire que de surveiller les voyages de Dzon? Dans un pays où il n'y a pas d'eau, il n'y a pas d'électricité, les universités sont décadentes, les hôpitaux sont devenus des mouroirs,... il n'y a vraiment pas du travail pour un chef de l'Etat? Franchement je trouve ça extraordinaire"!

Dans un communiqué de presse publié le 16 juin, le parti de Mathias Dzon, l'Union patriotique pour le renouveau national (UPRN) rapport les propos tenus à l'aéroport par un officier de la DGST au protocole de Mathias Dzon: "J'ai reçu l'ordre verbal de ma hiérarchie. Je ne sais rien d'autre. Je suis obligé d'exécuter l'ordre verbal reçu".

L'UPRN invite le président de la république, poursuit ce communiqué, de donner l'ordre à ses services, conformément à l'article 21 de la constitution en vigueur (peut-être à changer demain, rires) de lever sans délais les entraves au droit d'aller et venir de Mathias Dzon. Et l'avocat Nganga a promis accompagner Mathias Dzon prochainement à l'aéroport "pour voir comment ils nous redire la même chose, lui empêcher de quitter le territoire national".

Déjà sur scellette en 2009 lors de l'empêchement de l'ancien Premier ministre Ange Edouard Poungui de quitter Brazzaville pour Paris, Me Amédée Nganga avait saisi les juges pour se faire justice. Il en a appris à ses dépens. "le juge congolais n'est pas à la hauteur de juger de telles affaires qui sentent une saveur politique", a-t-il conclu avec amertume.

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Tag(s) : #Politique
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