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Train BouansaLa direction générale du Chemin de fer Congo océan (CFCO), fournit, depuis un certain temps, d’énormes efforts, on le voit tous, dans la réhabilitation des conditions de voyage dans les trains. Tout le monde en pleurait, que Sassou n'avait pas intérêt à faire attention de ce côté-là, et qu'il se plaiserait plutôt à voir souffrir ces populations transportées comme du bétail entre Pointe-Noire. Et voilà qu'avec l’appui du gouvernement, le CFCO a pu remettre sur les rails un train voyageurs retapé dans les ateliers de l’entreprise à Pointe-Noire, et d’importants travaux sur la voie sont en train d’être réalisés. Mais, les agents du CFCO, les policiers et les gendarmes sabotent ces efforts, persistant dans les anciennes pratiques décriées par les usagers du train.

 

« Les efforts du CFCO se font sentir quand même sentir. Depuis un moment, nous voyageons dans un train humanisé, à la différence de la ferraille à bord de laquelle nous avons voyagé il y a peu », se réjoui, Paul Mboubi, la trentaine révolue, voyageant entre Brazzaville et Dolisie.

« Avant, nous ne pouvions même pas nous asseoir sur ces soi-disants fauteuils, parce que déchirés, éventrés. A la place, il n’y avait que de la ferraille. Aujourd’hui, il y  a une légère amélioration », affirme Anicet, voyageur en partance de Pointe-Noire pour Loutété, à bord de ce train en image qui entre en gare de Bouansa, ex-Le Briz.

Ils sont nombreux comme ça à saluer les efforts fournis par le CFCO et les pouvoirs publics pour humaniser les conditions de voyage dans le train. D’autres, plus exigeants, réclament la mise en circulation d’un nouveau train, promis par les autorités de la compagnie ferroviaire. « Nous attendons toujours ce train », indique, impatiemment, Marie-Noëlle Nkengue, assise dans le couloir sur un sac de voyage.

La pagaille et l’insécurité constatées continuellement dans les gares du Pool ont baissé. Dans plusieurs endroits, elles n’existent plus, bien que certaines gares comme Amont Madzia Konda Mambou soient encore suspendues à cause des troubles créés par des jeunes. A Matoumbou, la situation a été régularisée, après une suspension de quelques semaines. Ici, les jeunes avaient passé à tabac un conducteur.

Ces mesures draconiennes de la direction générale du CFCO ont dilué la fougue des jeunes armés, anciens rebelles ninjas. Aujourd’hui, ils ne sont plus dans le train. Les quelques rares qui y montent ne le font que pour vendre leurs produits. « Tout se passe bien, en tout cas la pagaille est finie dans le train. Les voyageurs sont respectés et on ne croise même plus les ninjas dans les gares. Ils ont un peu comme par magie disparu », confirme Mboubi.

Le CFCO s’est également engagé dans un processus de réaménagement et de réhabilitation de la voie ferrée, abîmée en plusieurs endroits. Le tronçon PK Mfilou – Mounoua Ngandou a été entièrement dévié des eaux de Djoué qui inondaient la voie et perturbaient le trafic pendant des jours. Vers Kinkembo, la société Astaldi (SEAC) a rénové la voie, et ces travaux se poursuivent dans le canton Mindouli-Matoumbou. Dans le Mayombe, plusieurs ouvrages d’arts, usés par le temps et le poids des trains qui y passent dessus, subissent une vraie thérapeutique de choc. Une société chinoise réhabilite les ponts qui représentaient encore un vrai danger sur la nouvelle voie située entre les gares de Nzoungou Kibangou et Bilinga.

Malgré tous ces efforts, absolument très coûteux pour la compagnie de chemin de fer et le contribuable congolais, voilà que des agents du CFCO et les membres de la force publique commis au convoyage des trains et à la sécurisation des installations du CFCO se taillent les couilles en or en s’illustrant par des pratiques honteuses et véreuses.

La classe Première, facturée à 20.000F CFA de Pointe-Noire à Brazzaville est bourrée des passagers clandestins, sans billets, transportés par des contrôleurs, les conducteurs et les inspecteurs du CFCO. « Je suis avec le contrôleur untel, je suis avec l’inspecteur untel », répondent ces voyageurs, transportés comme du bétail (cabri) par des agents de la compagnie ferroviaire.

Les plus vicieux prennent même des places assises, alors que les vrais voyageurs qui ont payé leur billet restent debout le long du trajet, voire entre Pointe-noire et Brazzaville, plus de 500 KM . Les femmes commerçantes, ayant "déserté" leurs foyers conjugaux, sont les plus nombreuses à bénéficier de ces pratiques frauduleuses.  On peut les voir à chaque train selon qu'il va à Pointe-Noire ou à Brazzaville. Elles sont toujours là, transportées comme de vraies poules par les cheminots ou les gendarmes qui s'en sucent énormément.

Sur les 80 places assises dans une voiture de train, à peine la moitié peut-être occupée par ceux qui payent les billets. Surtout en mi-chemin. Et pendant les contrôles, les agents du CFCO ne s’émeuvent pas de ce constat. C’est normal, ils vivent tous de cette fraude éhontée.Et ceux qui payent les billets sont traités comme des idiots, on s'en fout de l'argent qu'ils font entrer dans les caisses du CFCO.

Les gendarmes aussi, pourtant chargés uniquement du convoyage du train voyageurs et de la sécurité des contrôleurs et des conducteurs, vivent de cette pratique, comme s’ils ne percevaient pas de prime relative à cette mission. Eux aussi ont  donc leurs cabris qu’ils transportent gaillardement dans le train. « Ils sont avec moi », répondent-ils au contrôleur, comme si la gendarmerie avait acheté un train pour transporter gratuitement les parents des gendarmes.Mais qu'est-ce qui reste encore de la morale dans ce pays de Marien ? Tout a été balayé, tout; depuis les camps militaires jusqu'à l'école maternelle. Il n'y a plus de morale... sinon comment donc ?

Et la cerise sur le gâteau, ce sont les policiers assurant la sécurité dans les gares de Pointe-Noire et de Brazzaville, qui sont devenus des démarcheurs de billets. Moyennant 1000F CFA, ils achètent, à la place des voyageurs, des billets. Conséquence, ceux qui se lèvent tôt n’ont pas de billet, ou ne peuvent avoir des places assises.

La direction du chemin de fer qui s’est déjà lancée dans un processus de réformes de voyage ne devrait pas baisser les bras. Elle devrait se débarrasser de ces canards boiteux qui empêchent la mise en œuvre des réformes envisagées. Si les ninjas, rebelles, ont quitté les trains où ils extorquaient et spoliaient les biens des usagers, il est aberrant que les agents de l’Etat perpétuent ces pratiques d'un autre siècle!

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Tag(s) : #Societé- Développement
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