Toutes les folles rumeurs qui courent les rues, les Nganda et les trottoirs de Brazzaville, la capitale congolaise, faisant état de la défenestration du directeur général de la police nationale, le Général Jean François Ndeguet, restent en tout cas à démontrer. L’officier supérieur qui serait empêtré dans une « grave » affaire de vente de passeport et fraudes fiscales en faveur des commerçants ouest africains et libanais est pour l'heure à son poste de commandement. A Brazza, on pense que le gars est parti, rayé des effectifs du commandement de la police nationale. Faux, Jean François est toujours là !
Qui ne l’a pas vu ce jeudi matin, tout de bleu vêtu et lunettes fumées (comme il l’aime bien), côte à côte avec son ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Raymond Zéphyrin Mboulou, dans leur "cinéma" avec le ministre de la Justice et des Droits humains, Aimé Emmanuel Yoka, visitant les structures qui ont en charge les droits de l’Homme.
Ha! Si les Droits Humains ne dépendaient que de ces démonstrations à la veste et à la cravate devant les cameras propagandistes de la télé nationale, tous, on serait morts, écrasés par les puissants, qui vont visiter ailleurs, alors qu'ils savent bien que dans les prisons, les petits commissariats de police, crient à tout vent des petits voleurs de mie de pain, de morceaux de savon, de bouts de manioc, brûlés sur la peau ou à l'anus par les sachets ou les bougies. Qui ne sait pas ça ? Laissons donc cette histoire de se pavaner dans les voitures de luxe pour dire aux mêmes policiers et peut-être aux gendarmes de respecter les droits de l'Homme. Revenons donc à notre Général
« Molinga a komi civil, les Congolais n’attendent que ça ! » avait fustigé l’année dernière le président de la république, lorsque les journalistes lui demandaient à quand le prochain remaniement gouvernemental. He, bien ! On voit que le chef de l’Etat n’est pas prêt à se séparer aussi facilement des gars qui font son pouvoir, le cas donc de Jean François qui a tout donné pour ce pouvoir, et qui n’a plus que ce pouvoir comme patrimoine en héritage.
Après ses démêlées avec Claudine Munari Mabondzo, ministre du commerce, Jean François aurait encaissé les remontrances du président de la République, qui en réalité, ne serait pas étonné d’entendre que son gars Ndenguet est toujours dans les coups bas. Mais, bon ! D’après les oreilles qui ne dorment pas, Munari aurait menacé de démissionner « si les gens comme les Ndenguet devraient continuer à nous empêcher de faire notre travail »; celui de traquer les puissants commerçants ouest africains et libanais qui chient dans la gueule des Congolais.
Ces oreilles vont plus loin, disant que Munari aurait été menacée par les gens de Ndenguet qui lui rappellent que quand elle était toute-puissante directrice de cabinet du président Pascal Lissouba (1992-1997), pourquoi elle n'avait pas agi ainsi ? Mais, dans tout ça, SEVERIN NEWS, n'a pas eu confirmation de cette gifle savamment infligée à la "dame de fer". On ne sait donc pas le dire ici.
Mais, l’immuable (depuis 1997) patron de la police nationale congolaise est bel et bien en place, jouissant certainement de toutes ses prérogatives, quoi qu’on dise qu’il aurait perdu le droit de signature en tant que directeur général de la police. C’est lui qui commande à la police, pas une autre personne, pour l'heure.
Il est vrai que depuis quelques mois, un sacré malaise ronge la police nationale. Il semble que notre Tout-puissant Général s’en porte contre ses agents, des simples combattants aux officiers dans les commissariats, les accusant de malfrats, de voleurs et de bandits, au vu et au su de tous passants, surtout dans le cas des commissariats comme celui de Marché Texaco à la Tsiémé, ou de Total à Bacongo, situés dans un lieu public. L’homme n’hésite pas à porter main sur ses collabo en fonction, le cas du commissaire de Lémina, un quartier de Bacongo, alors que le gars avait sanctionné un camionneur récalcitrant.
Beaucoup de fois, les citoyens de Brazzavillois se sont plaints de ce que Jean François se permette de rafler des jeunes (filles ou garçons) délinquants et régler leurs comptes outre mesure, sans impliquer le procureur de la république, avec qui en réalité il devrait travailler la mano en la mano. C’est pourquoi, plusieurs personnes attribuent à Jean François, le tout fort président de la section football des Diables noirs, la paternité du commissariat de Ouenzé Manzanza, quartier est de Brazzaville, pourtant sous tutelle du commissariat de Ouenzé, situé non loin de la maison commune.
Les prisonniers qui y sont jetés, sont ensuite directement transférés au commissariat central, sans passer par le commissariat de Ouenzé. On dit même qu'il n'y a pas registre dans ce commissariat de quartier. Les parents qui veulent y extirper leurs « délinquants » doivent passer par le Général.
Dénommé, il y a encore quelques années le shérif de Brazzaville, Jean François a, certes contribué au retour de la quiétude dans la capitale, mais en appliquant la manière forte, en « finissant (kosilana) » sur place avec le délinquant sans jugement ni condamnation : qui tue par la balle meurt par la balle, dirait-on !