Les Nations Unies à Brazzaville ont lancé depuis Genève en Suisse, un appel aux fonds de près de 59 millions de dollars pour assister les quelque 114.000 réfugiés de la République démocratique du Congo (RDC) qui ont trouvé refuge au nord du Congo-Brazzaville, à la suite des violents affrontements entre les forces gouvernementales et les insurgés Enyele. Ce besoin est exprimé en urgence et les réfugiés qui réclament chaque jour un peu plus d'assistance, n'attendent que ça. Dans un communiqué des Nations Unies parvenu à SEVERIN NEWS, le gouvernement congolais a été représenté à cette cérémonie par le ministre ¨Pierre Mabiala des affaires foncières. Voici l'intégralité de ce communiqué :
"Genève, 10 mars 2010 : Les besoins urgents de plus d’une centaine de milliers de réfugiés installés au nord de la République du Congo nécessitent un financement de US $ 58, 985,8372 avant la fin de l’année 2010, selon la procédure d’appel global (CAP) lancé par M. Lamin Manneh, Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies et Coordonnateur humanitaire en République du Congo, ce Mardi 9 mars 2010 au Palais des Nations à Genève.
L’événement s’est déroulé en présence de M. Pierre Mabiala, Ministre des affaires foncières et du domaine public représentant le Gouvernement de la République du Congo, M. Fabrizio Gentiloni, président de cette cérémonie, Responsable des Relations extérieures et du Département de l’appui à la mobilisation et Chargé de Bureau, Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires, M. George Okoth-Obbo, Directeur du Bureau régional de l’UNHCR pour l’Afrique et de M. Stéphane Grieb, Représentant sortant de l’UNHCR en République du Congo.
Fruit du travail concerté des Agences des Nations Unies au Congo, cet Appel vise quatre objectifs stratégiques: (1) s’assurer que les droits des refugiés sont respectés conformément aux conventions internationales, (2) stabiliser la situation nutritionnelle par la distribution de vivres et l’appui aux activités agricoles et de pêche, (3) stabiliser la situation sanitaire par la fourniture des soins de santé primaires, favoriser l’accès à l’eau potable, réduire les risques de transmissions de maladies hydriques, installer des abris et distribuer des produits non alimentaires, (4) promouvoir l’accès des enfants refugiés à l’éducation primaire et préscolaire.
Le financement du CAP permettrait aux Agences des Nations Unies de renforcer leurs interventions sur les secteurs prioritaires que sont la protection, l’alimentation, les abris, les produits non alimentaires, l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement, la santé, l’éducation, les produits de subsistance et le relèvement
De même, il apportera une réponse appropriée qui empêchera la crise de s’étendre. En effet, dans la plupart des sites, la population des réfugiés représente le double de la population locale. Ce fait épuise les ressources locales, et pourrait devenir la cause d’une détérioration rapide de la situation. Les opérations d’assistance aux réfugiés sont rendues complexes par les difficultés de logistique
et leur coût financier exorbitant en raison du fait que la région n’est accessible que par avion ou par bateau. Outre la rareté du carburant, peu de bateaux sont disponibles. Nombre d’entre eux nécessitent d’importantes et urgentes réparations.
Rappelons que depuis Octobre 2009, environ 114. 177 personnes ont fui les conflits qui ont éclaté dans la province de l’Equateur en République Démocratique du Congo (RDC) pour se réfugier dans le département de la Likouala, dans l’extrême nord-est de la République du Congo. Au départ, conflit entre deux groupes ethniques se disputant soit les propriétés foncières, soit l’accès aux ressources halieutiques, la crise s’est ensuite étendue à d’autres localités de la province de l’Equateur, impliquant différents groupes ethniques et entraînant des fuites massives de populations.
La situation a dégénéré avec l’intervention des forces de l’ordre et de l’armée de la RDC pourchassant les insurgés. Ces évènements ont eu pour conséquence directe : l’éparpillement de près de 60.000 personnes dans diverses localités de l’Equateur, 17.000 personnes ont trouvé refuge en République Centrafricaine.
En République du Congo, les réfugiés se sont établis sur plus d’une centaine de sites qui s’étendent sur un espace d’environ 500 kilomètres se situant entre le fleuve Oubangui le district de Liranga et la frontière centrafricaine".