Les gens de la République démocratique du Congo (RDC) ne lésinent
pas sur les moyens. Ils lisent leur constitution, et ne se laissent pas faire. Les autorités ont beau faire pour les tromper sur la création et l'installation effective des 25 provinces plus Kinshasa dans ce pays vaste comme un continent, les ex-Zaïrois tiennent à la décentralisation. Il fauit créer les provinces tel que prévu dans l'article 226 de la Constitution, sinon... les provinces vont se créer d'elles-mêmes, sans l'aide ou l'appui de l'Etat. L'affaire est grave à Kinshasa et dans toute la RDC. En face, à Brazzaville, plusieurs localités et chefs-lieux de départements, ont déjà été, par un décret présidentiel, élévés en communes autonomes, mais rien ne bouge pour la mise en application. Dormeurs, beaucoup de Congolais ne savent même que leurs territoires sont concernés par cette mesure de développement du président Denis Sassou Nguesso. Un homme politique (Guy Romain Kinfoussia, pour ne pas le citer) a vraiment eu raison de dire, "Kinshasa ne cesse de nous faire des leçons sur le plan de la démocratie".
Tout est parti en RDC depuis la semaine dernière de la révendication des gars de l'Ituri, jusque-là simple district de la province Orientale. Les élus locaux et nationaux de cette entité, ont levé leur voix, réclamant la mise en application de la Constitution qui prévoit aux termes de l'article 226 la création définitive au plus tard le 15 mai 2010, 26 provinces en RDC.
Les gars de Kwango, de Sankuru, de Kuilu, du Katanga central, de Lomani, attendent eux aussi la naissance de leurs provinces. Seul le Bas Kongo n'a pas eu de dissents-emietteurs de provinces. Les habitants de cette province du sud ouest ont juste souhaité la rebaptisation du Bas-Congo en Congo central. Ils seront peut-être les premiers à être entendus, car ils ne demandent presque rien, malgré d'énormes richesses qui les entourent.
Après avoir lu et relu leur Constitution; après l'avoir tournée et retournée, plus que de vouloir la tripatouiller, comme on fait ailleurs, les députés locaux et nationaux des territoires concernés ont mis en garde le gouvernement central.
Sensible aux cris légitimes des populations, le président Joseph Kabila a instamment instruit ses services pour évaluer le coût de la mise en application de ce processus, et de bien ragrder les limites de chaque province, surtout Kinshasa qui sera adoubée d'une autre province avec ses 6,5 millions d'habitants. Pas la blague, plus de trois milliard de dollars américains! Où trouver cet argent ? Il faut encore de patience, si les ex-Zaïrois tiennent à ces provinces. En plus, le texte organique créant ces provinces n'existe pas. Même les députés de l'Ituri qui ont les premiers mis le feu aux poudres, avaient oublié qu'ils pouvaient eux aussi faire une proposition de loi, au lieu de s'en prendre au seul gouvernement d'Adolph Muzito, le Premier ministre...
En face, à Brazzaville, un décret du président de la république traine dans les tirroires du ministère de l'Intérieur et de la décentralisation, chez Raymond Zéphyrin Mboulou. Les premières villes comme Bouansa, Oyo, Loudima et Pokola qui devaient déjà servir de modèle n'ont rien comme structures. Sauf à Oyo, ville d'origine du président de la république, où un bâtiment à étages a été construit pour abriter les services de la mairie.
A Bouansa, les travaux demarrés vers le village de Mantsoumba se sont arrêtés net, comme on le voit souvent dans le processus de Municipalisation accélée : des monuments blancs. A Loudima, les populations contactées par SEVERIN NEWS ne savent même pas où sera placée cette commune autonome. Quant à Pokola, les gens continuent à espérer sur la Congolaise industrielle de bois (CIB) qui fait au moins du concret, que sur l'Etat, qui ne sait parfois quoi dire!
Alors, ces villes, ces communes de moyen exercice les auront-on un jour au Congo, ou mieux vaut faire comme les Zaïrois de l'autre côté du fleuve ? Là encore, quoi qu'on puisse dire, les gens lisent au moins les textes contractés par les hautes autorités. Ici, les préoccupations sont souvent ailleurs...manger, boire, dormir, se vêtir. Qu'est-ce qu'on à se foutre de vos communes, ça changera quoi, réagissent souvent les miserables populations des départements du Congo!