Un mort, selon l'opposition et seulement deux blessés graves, selon la police. Le décompte macabre va bientôt commencer à Kinshasa. A la base de tout cela, l'élection présidentielle de décembre prochain. A base de tout cela, les candidats à la cette élection qui tiennent absolument à être tous vainqueurs! A base de tout cela, un peuple instrumentalisé et martyrisé!
C'est l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) du vieil opposant Etienne Tshisekedi Wa Mulumba qui est allée manifester lundi devant le siège de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Une façon pour eux de dénoncer des manœuvres malsaines qui se passent la-bas. Après beaucoup de bruit, perturbant même le sommeil des gens qui n'ont rien à avoir avec cette affaire de Liste électorale dératisée, la police est intervenue en faisant usage de gaz lacrymogènes, et semble-t-il de balles blanches.
Quelque temps après, l'opposant a sorti un cadavre qu'elle a exhibé sur les télé de Kinshasa, comme bilan grave de la vive répression des forces de l'ordre contre de pacifiques citoyens.
De son côté, le Général Jean de Dieu Oleko, inspecteur provincial de la police à Kinshasa, affirme qu'il n'y avait que deux blessés graves dont un policier. Mais, peut-être que c'est l'un des blessés qui est mort lors de son transfert à la clinique (expression consacrée par les Kinois désigner l'un des derniers cabinets médicaux)? Non! La police a été formelle: il n'y a pas eu de mort! Et ce cadavre qu'on nous montre, d'où l'opposition de Tshisekedi l'a-t-elle trouvé?
ça sent du brûlé! Depuis le meeting du 24 avril dernier au stade Tata Raphaël, lorsque le leader maximo de la RDC appelait l'ex-peuple zaïrois à la vigilance, car "le 6 décembre 2011, monsieur Kabila bokondzi na ye esili",les Kinois sont dans le qui-vive. Ils jouent tout le temps avec le feu, même pour de petits incidents qu'on peut tasser.
L'opposition a eu raison de manifester pour attirer l'attention du pasteur Daniel Ngoy Mulunda, président de la CENI sur des anomalies remarquées lors des opérations d'enrôlement, mais elle n'avait pas de raisons pour commencer la provocation.
Et le pouvoir, habilement assis sur l'orgueil n'attend que de telles occasions pour expérimenter à la fois ses nouvelles recrus et de nouvelles acquisitions d'armes. Voilà, un cadavre semblable à une chauve-sourie, refusée à la fois par les oiseaux et les rats, malgré la présence des poils et des plumes.
Le dialogue devrait primer au niveau des Congolais de la RDC, car de nombreuses communautés, surtout les femmes et les enfants subissent encore les affres de la guerre. Les enfants de la rue et le viol qui est devenu depuis les guerres un phénomène banal devraient en appeler d'autres si on ne met pas fin aux violences tous azimuts en RDC!