Ben Ali Bongo Ondimba, fils de feu président El Hadj Omar Bongo Ondimba, élu président de la république gabonaise, sera investi aujourdhui à Libreville. Quelque temps après son élection à plus de 41% des voix exprimées, Ali Bongo, le fils de son père, avait fait le tour des capitales de l'Afrique centrale, rencontrant un à un, les chefs d'Etat de la sous-région pour obtenir leur soutien "dans le club". Mais, l'opposition gabonaise qui continue à bouder son élection, en dénonçant de nombreuses fraudes, crie à la dictature de l'ère Bongo, le père, décédé en juin dernier.Content ou pas content, Ali Bongo portera l'écharpe du président de la république en cette matinée de vendredi à Libreville. Sauf changement de dernière minute, le fils de feu Omar Bongo, 50 ans, prendra officiellement la place de son père (40 ans de règne sans partage) pour continuer à diriger le Gabon. La France, ancienne puissance coloniale, mais dont la main et l'oeil continuent à veiller sur le Gabon, enverra à cette fête d'investiture le ministre de la coopération, Alain Joyandet.
Le président Denis Sassou Nguesso, qui l'avait déjà reçu à Brazzaville, au lendemain de son élection contestée, ne manquera certainement pas. Le Congo et le Gabon, deux pays frères, se sont toujours fréquentés lors de ces investitures. Dommages que la toute récente qu'il y a eu lieu à Brazzaville en août dernier n'ait pas connu la participation d'un président gabonais. Et au-delà de tout cela, le lien qui ceint les deux familles présidentielles est tellement fort que le président congolais ne devait pas y être absent. Mais, on ne sait jamais ce qu'il y a dans les calendriers aussi imprévisibles des chefs d'Etat où tout est important.
Après son élection dès le premier tour (le scrutin était à tour unique), les résultats officiels avaient été boudés par les opposants qui réclamaient la victoire de leur côté. Cela avait même entrainé des violences à Libreville et à Porgentil, deux importantes villes du pays.
Pour calmer le jeu, un recomptage des voix avait été ordonné fin septembre et créditait Bongo d'un score de 41,8% des suffrages. Les résultats de deux bureaux de vote seulement ont été annulés. Pierre Mamboundou, candidat de l'opposition, arrive deuxième de ce scrutin devant l'ancien ministre de l'Intérieur André Mba Obamé avec un peu plus de 25% des voix chacun.
Malgré tout ce grang bruit, Ali Bongo va donc succéder à son père Omar qui a dirigé le Gabon pendant plus de 40 ans jusqu'à sa mort au mois de juin.