La révélation a été faite au cours d'une conférence de presse tenue ce mercredi après-midi à Brazzaville, la capitale congolaise, par les dirigeants du Front uni des partis de l'opposition (FUPO). "Une liste de quinze responsables de l'opposition a été mise en place pour les arrêter tous", a déclaré Mathias Dzon, président du FUPO.
"La cascade d'interdictions de sortie du territoire national qui frappe les dirigeants de l'opposition se fait dans un cadre d'un plan d'arrestation des dirigeants du Front", ont affirmé les présidents de cette plate-forme politique, dans une déclaration commune publiée à Brazzaville.
Pour ces opposants, il s'agit bel et bien d'un vaste "complot" hourdi contre eux afin de les empêcher d'exercer leurs activités. "Nous respectons la forme républicaine de l'Etat, mais cela ne veut pas dire qu'on va accepter n'importe quelle provocation, en tout cas, nous ne nous laisserons pas faire", a indiqué Dzon, président du FUPO.
Sans être précis sur les noms exacts des personnes qui seraient visées par ce « plan d’arrestation », les membres du Front ont par ailleurs reconnu qu’aucun d’entre eux n’avaient directement reçu des menaces ou avait été interpellé par les services de sécurité, en dehors, bien sûr, de Ange Edouard Poungui et de Emmanuel Ngouelondele, tous deux interdits de quitter le territoire national.
« C’est un complot et vous ne pouvez pas le savoir parce que les complots, ça ne se fait pas au grand jour, mais dans l’ombre. Le pouvoir cherche des raisons pour nous arrêter. Et souvent cela n’arrive que quand le président est en voyage », a dit dans une inquiétude Guy Romain Kinfoussia.
Le président Denis Sassou Nguesso qui vient de prêter serment, a en effet quitter Brazzaville tôt à 1h du matin pour l’Espagne. D’après les sources bien informées, il y restera pendant trois semaines en vacances.
« Le complot n’est plus à démontrer. Il y a parmi nous, des responsables de l’opposition qui ne peuvent même plus s’éloigner de 10 Km de Brazzaville », a martelé Dzon.
Plusieurs autres responsables de cette frange de l’opposition adite "radicale", ce plan d'arrestation est lié à la marche des opposants organisée le jour même de la proclamation des résultats de l'émection présidentielle qui a vu la réélection de Sassou Nguesso.
D'après eux, l'enquête ouverte au parquet de Brazzaville, justifierait cette attitude. C'est pourquoi, aucun responsable de l'opposition en quittera le pays sans la fin de cette enquête.
On se souvient, selon les tout premiers éléments de la police nationale, les autorités accusent les dirigeants de l'opposition d'avoir organisé une fusillade sur la force publique pendant cette amarche. D'après le colonel Jean Aïve Allakoua, porte-parole de la police nationale, un élément de la garde des candidats aurait ouvert le feu sur les policiers. Mais curieusement, c'est un partisan de Dzon qui était blessé. Il aurait forcement retourné le canon contre lmes siens!
Et donc tant que cette enquête n'abouti pas, personne ne sort. "Nous n'avons pas peur, s'il (le président Sassou Nguesso) nous assigne devant les tribureaux, nous irons, nous n'avons rien à nous reprocher. Au contraire, c'est lui qui a peur de la justice. Il est attendu à Meaux, voire à la CPI", a dit Dzon qui estime qu'aucun dirigeant de l'opposition ne pourrait être arrêté sinon cela provoquerait des troubles dans le pays. "La paix sera menacée, et c'est grave", a ajouté Dzon.
Du côté des autorités, par contre, aucune déclaration n'a été faite sur cette enquête. C'est le secret, le temps de laisser les agents de renseignements fouiner partout, uusqu'à débusquer les 15 noms et les aligner les uns après les autres en direction de la maison d'arrêt de Brazzaville.
A défaut d'un Buluo ou d'un Angenga en RDC, les responsables du Front iront peut-être à Ouesso dans la Sangha où l'ancien président Pascal Lissouba a été en prison pendant les durs moments du monopartisme.