…Et la fête continue ! Cet après-midi, le président congolais Denis Sassou Nguesso lance la 7e édition du festival panafricain de musique au stade Félix Eboué de Poto-poto, dans le troisième arrondissement de Brazzaville, la capitale. Plusieurs artistes locaux et internationaux prendront part à cette grande fête de la musique qui se tient à une semaine de la tenue de la fête d’investiture du président réélu, et de la fête d’indépendance du 15 août. Tout ceci après de folles jouxtes électorale du 12 juillet.
Le FESPAM s’ouvre bel et bien aujourd’hui à Brazzaville. Il est prévu que le président Sassou Nguesso lui-même vienne donner le top. Il y a quelques jours, plusieurs langues estimaient que le gouvernement ne pouvait pas tenir cet événement à cause de l’organisation de l’élection présidentielle qui a dû coûter tant d’argent au pays. Mais, c’était sans penser que dans ce pays, on ne fait pas des choses à moitié, et l’échec, ce n’est pas bon pour nous. Les adversaires n’attendent que ça pour critiquer !
Si en 1998, au plus profond des conséquences de la guerre du 5 juin dans le Pool, le régime de Brazzaville n’avait pu tenir la deuxième édition du FESPAM, il l’a vite rattrapée l’année suivante, en aout 1999.
Trois milliards de francs CFA, c’est le budget que le pays alloue tous les deux ans, depuis 2005, à cette histoire. Mais, les artistes locaux et d’autres affairistes nationaux qui font de la restauration, de l’hébergement et du transport sortent de là, la tête baissée, à cause des engagements du gouvernement non tenus, ou simplement quand ils sont tenus, c’est des miettes qui tombent. Côté argent, le FESPASM est donc l’affaire des étrangers qui viennent bouffer au Congo. De toute façon, c’est le Congo, les étrangers ne sont pas les mal lotis ici. Bien au contraire !
Mais cette fois-ci, les autorités ne veulent plus des plaintes des nationaux toujours insatisfaits. Pour les artistes plus précisément, le ministre de la culture et des arts, Jean Claude Gakosso, les cachets de ces musiciens ont été revus à la hausse. Mais de combien ? « L’argent n’aime pas le bruit et les artistes eux-mêmes ne veulent pas que ces montants soient révélés », a répondu le ministre.
De toute façon, on le saura, dès que ces musiciens manifesteront leurs mécontentements. S’ils ne disent rien, donc c’est bon, l’argent alloué leur convient.
La soirée de ce lundi va donc être hors pair à Brazzaville, car les organisateurs du FESPAM prévoient le concert des deux coqueluches de Kinshasa, la capitale voisine, Werrason et JB Mpiana. Avant eux, une centaine de jeunes danseurs chaufferont le podium, peu avant la décoration du plus vieil orchestre du pays encore en activité, les Bantous de la capitale. Ce groupe, créé en août 1959 par des combattants de musique comme Jean Serge Essou, Célestin Nkouka, Ganga Edo de la lune, Pandi,… totalise aujourd’hui leur 50 ans d’existence, résistant à tous vents et marrées.
Dans le silence et dans le calme, le public rendra un profond hommage aux artistes décédés comme Rapha Boundzeki du Congo, Miriam Makeba de l’Afrique du sud et Michael Jackson des Etats-Unis, au cours cette soirée.
La fête s’annonce donc belle ce soir, prenons rendez-vous. Le Chemin d’avenir, le projet de société à base duquel le président Sassou Nguesso a été élu, est décidément en marche.