"Au départ, nous avons parlé des éléments de la police nationale, maintenant, nous avons les preuves qu'il s'agisait des éléments de la garde présidentielle. D'autres seraient même venus de Tchambitchio", a déclaré vendredi soir, à la presse, Mathias Dzon.
L'homme parle avec une telle sûreté, comme s'il connaissait bien les nouveaux gens qu'il nomme. "Nous sommes tous au Congo ici. Ces hommes étaient habillés en tenue de policier pour qu'on ne les reconnaisse pas", a-t-il insisté.
Le mercredi où la marche de l'opposition, réunissant quelque 700 personnes (elle venait juste de commencer et draînait des gens au fur et à mesure), les responsables de l'opposition avaient mis en cause les éléments de la police. D'après leurs premières déclarations, la police avait tiré sur la foule.
Une accusation qui n'a pas été rejetée par la police, car son porte-parole, le colonel Jean Aïve Alakoua a déclaré sur la télévision nationale congolaise que les policiers étaient là pour empêcher cette marche, interdite par le préfet de Brazzaville. "La police n'a fait usage que de bombes lacrymogènes, et les coups de feu sont partis de ceux qui étaient en présence de nous. Cela nous a d'ailleurs permis de découvrir que certains avaient des armes", a-t-il soutenu.
L'opposition a aussi revu en hausse le bilan de cette altercation qui a fait deux blessés au lieu d'un, comme précédemment annoncé. "Les deux blessés suivent les soins au CHU de Brazzaville" a précisé M. Dzon.
Au cours de cet échange avec la presse, quatre opposants sont abondamment revenus sur les résultats de l'élection présidentielle du 12 juillet. "Les chiffres avancés par Mboulou sont en contradiction avec ceux de la CONEL", s'est contenté de dire Dzon.
"Ce qui est sûr, c'est que le peuple a abondamment rejeté le président Sassou, il veut maintenant du changement", a dit pour sa part Clément Mierassa.
Pour le candidat Guy Romain Kinfounsia, "le désavoeu populaire est tel, que monsieur Sassou et sa bande de copains venus à la mangeoire congolaise doivent tirer les leçons".
"Je pense que cette affaire a commencé à faire débat au sein de l'Union africaine, qui est surprise de constater que ces semablants d'observateurs ne disent pas la vérité", a ajouté, Dzon, toujours très critique.
A propos du taux de participation, les quatre candidats (Dzon, Mierassa, Kinfounsia et Bonaventure Mizidy Bavoueza) ont rapporté les chiffres de la Direction générale de la suverveillance du territoire (DGST), 7,8% de participation, alors que l'armée estime cette participation à 5%. "Le reste que Sassou a ajouté, c'est pour sa gloire. Moi, Dzon, à sa place, je serais dajà en train de faire mes valises", a ironisé Dzon.
Le président du Front des partis de l'opposition s'est étonné que jusqu'à ce jour, aucun pays ne félicite encore le président élu. "Même s'ils vont le faire demain, c'est quand même un message fort. S'ils le font, ils ne le feront que de bouts de lèvres", a conclu Kinfounsia.
La garde présidentielle dans la dispersion de la marche de l'opposition à Brazzaville?
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