Aussitôt le verdict rendu ce jeudi, le conseil de Marcel Ntsourou, notamment Maître Hervé Ambroise Malonga s’est rendu au grief de la Cour suprême pour déposer un pourvoi en cassation, car, dit-il « c’est inadmissible » la décision qui a été rendue ce matin à l’encontre de son client.
Reconnu par le juge Christian Oba coupable des faits de « rébellion, coups et blessures volontaires en vers les fonctionnaires dans l’exercice de leur fonction, dans l’intention de donner la mort, assassinat, détention illégale d’armes de guerre », l’ex-numéro deux du Conseil national de sécurité qui ne quittera pour l’heure pas la prison où il séjourne depuis le mois de décembre, a été condamné aux travaux forcés à perpétuité. Le juge criminel a suivi la voie tracée par le procureur général qui avait déjà requis cette perpétuité. Quelques personnes reconnues comme lui coupables de ces faits comme Okana Benjamin ou Amporio et Minichelot alias le Blanc, le tiendront compagnie dans le concassage de la pierre peut-être à Mayama ou à Liouesso, mais avec des délais bien définis, possibilités donc de voir les enfants et madame un jour!
Pour Me Malonga, "aucune allusion n'a été faite sur la légitime défense que nous avons plaidée tout le long de ce procès". L'avocat ajoute : "J'ai l'impression que cette décision a été rédigée quelque part par des gens qui n'ont pas assisté au procès".
Commentant plus sévèrement cette décision que les Brazzavillois attendaient en fait depuis mercredi, Maître Yvon Eric Ibouanga a estimé à l’issue de ce procès que le procureur général près la cour d’appel de Brazzaville s’est comporté « comme un gouverneur plaidant devant une cour révolutionnaire », allant jusqu’à dire que le parquet général a violé sur toute la ligne la loi et les procédures d’usage. L'avocat a rappelé que l'officier de police judiciaire chargé de mener la perquisition chez les Ntsourou "n'est jamais arrivé sur les lieux". "D'où tirent-ils un tel verdict, avec quels éléments?", s'est interrogé l'avocat avant de nous lancer que "la décision a été" rédigée ailleurs".
Pour Me Ibouanga, toujours enragé suite au verdict piquant tombé ce jour à Brazzaville, le procureur général n’a pas fourni une seule preuve démontrant la cupabilité de Ntsouou Marcel, colonel défenestré des rangs des Forces armées congolaises après être réduit au rang de" simple soldat". Doit-on s’attendre un à autre procès à la cour suprême? En tout cas les avocats de Ntsourou le veulent, eux qui depuis un moment, sentant le couperet venir, font feu de tout bois, après leur plainte contre le président Denis Sassou N’Guesso pour « haute trahison », ils disent ne pas hésiter à frapper à la porte de la Cour pénale internationale.
Pendant que les avocats de la défense digèrent dans la douleur ce verdict cinglant contre leurs clients, certains ont écopé de 5 à 15 ans d’emprisonnement, les avocats de la partie civile et de l’Etat sont aux anges. Le cas de Maître Emmanuel Okoko, « entièrement satisfait du verdict totalement objectif rendu ce jour », saluant par la même occasion « l’indépendance de la magistrature au Congo ». Pour cet avocat, les intérêts des parties civiles seront bien pris en compte, l’Etat lui ayant demandé un franc symbolique. « Notre effort au cours de ce procès était de démontrer que les crimes ont bel et bien étaient constitués, donc à la charge des accusés. La cour est souveraine, et ils ont dit le droit, ils ont bien compris que les infractions retenues sont bien celles qui ont été commises par les accusés. Maintenant, s'ils ne sont pas d'accord, ils ont trois jours pour se pourvoir en cassation, le président l'a rappelé pendant le verdict », a déclaré, tout joyeux Me Oko.
Rappelons que dans un recours adressé à la cour suprême par un substitut du procureur général ( !) dans l’affaire des explosions du 4 mars, le verdict condamnant Marcel Ntsourou à cinq ans d’emprisonnement avec sursis a été révisé en peine ferme. Il n’est pas exclu que le juge suprême rejette la demande des avocats de Marcel Ntsourou qui n’auront plus qu’à invoquer la clémence du chef de l’Etat, « lui-même déjà très occupé à régler d’autres problèmes des Congolais », disait sur les antennes de notre consoeur Rfi le ministre de la Communication Bienvenu Okiemy. Affaire à suivre !