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Des militants de l'opposition copieusement tabassés à Brazzaville

Double-pattes, coups de poing, bastonnade et frappe à main nue; trainée sur le goudron, traque et vol de motos… les militants et sympathisants du Collectifs des partis de l'opposition qui tenait le 7 septembre au palais des congrès de Brazzaville ont eu leur tasse de thé, ou bien plus leur tasse de café. Les militants ont été attaqués par un groupe d'inconnus non autrement identifiés, mais bien costauds et apparemment bien préparés à cette tâche. Pour une fois encore, la démocratie congolaise s'est abreuvée du sang et des larmes.

17 heures! Les quatre présidents, Christophe Moukoueke, Mathias Dzon, Jean Itadi et Clément Mierassa, du Collectif des partis de l'opposition disent "yeyeyeeh" à leurs militants venus suivre le meeting en salle. "Rentrez dans la discipline et surtout ne cédez pas à la provocation", réitérait un autre membre du Collectif de ces partis. Le modérateur, Chrysostome Fouck, costume bleu clair taillé sur mesure comme une constitution, entretient quelques journalistes et leur distribue la copie du message délivré ce jour par Elo Dacy, l'un des porte-parole du Collectif.

Alors que les foules quittent la grande cour du palais des congrès, un incident éclate juste à la guérite où prennent position les éléments de la garde républicaine. Jet de pierres, bastonnade et battue s'en suivent. C'est quoi le problème? C'est la confusion totale. La chasse à l'homme est lancée, notamment contre tous ceux qui avaient le discours ou autre document distribués dans la salle du meeting. Le tout commence dans le bus coasser que le Collectif avait loué pour le transport des militants. Les coups de poing sont partis du véhicule alors que les militants prenaient d'assaut le bus pour rentrer.

Une fille se voit arracher une bonne poignée de cheveux. A la place s'installe un filet de sang. Quel horreur! Plus loin devant la Cour constitutionnelle, un infortuné se fait tabasser par quatre bons gaillards qui le trainent par terre comme un sac à farine…ou à foufou. Un élément de la garde républicaine, balle au canon tente une aventurière intervention. Mais les attaquants ne semblent pas impressionnés par son arme, ils poursuivent leur estocade! Le gars, méconnaissable, baigné dans le sang, aura besoin d'un autre militant (forcement son frère pour oser rester à ses côtés dans ces durs moments) pour marcher, sévèrement battu!

Vers le château d'eau, un gros papa en abacost bleu marine est poursuivi par des jeunes "boxeurs", qui lui demandent le discours dans la salle. Le vieux n'a rien! On le laisse partir, mais juste pour quelques minutes et ils le rattrapent: double-pattes, coups de poing…Ivre de battue, il tente de se relever, marche en titubant avec des habits en lambeaux en direction de la pharmacie Jagger. Un autre vieux, environ 60 ans, a eu sa tasse de café. Lui, à la place du pantalon, s'est retrouvé en jupe, chemine écartelée. Les boxeurs ont poursuivi le groupe de jeunes militants jusqu'à la hauteur du Pont du Centenaire.

La circulation désorganisée, bus et taxis caillassés, c'était la grande débandade au boulevard Alfred Raoul. Les leaders de l'opposition eux-mêmes se sont dispersés, le cas de Clément Mierassa qui s'est retrouvé à Diata alors qu'il devait se rendre vers le rond-point Moungali.

Cette agression est l'oeuvre des inconnus non autrement identifiés. Ils étaient bien physiquement bâtis, prompts à l'ouvrage. Ils ont attaqué sans discontinuer leurs "proies". Il est vrai que certains membres de cette écurie étaient déjà dans la salle, ont participé au meeting et identifié ceux qui devraient être sévèrement battus. Une bonne partie du gang jouait au foot dehors, dans la confusion avec des sujets ouest africains. Quand l'attaque a éclaté, d'autres n'ont pas eu le temps de remettre leurs habits, ils se sont juste jetés dans l'oeuvre.

D'après les leaders de l'opposition, il s'agit des éléments de la police nationale préparés par les responsables de ce corps pour perturber le meeting. Mathias Dzon a clairement indexé le Général Jean-François Ndenguet, le directeur général de la police. Le Collectif des partis de l'opposition ont annoncé porter plainte contre ces actes. Ainsi la démocratie s'est encore abreuvé du sang et des larmes des Congolais… Une dizaine de blessés acheminés dans une clinique privée.

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Tag(s) : #Politique
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