C'est comme ça qu'interprétaient les Brazzavillois à l'époque du vieux léopard Mobutu Sese Seko les premières phrases de l'hymne de la République du Zaïre, aujourd'hui enterrée (avec son chef?), mais pas entièrement oubliée. Le Zaïre est redevenu Congo. Le président du Congo d'en face, Denis Sassou N'Guesso trouve que ça fait confusion. Il souhaite que les Zaïrois restent Zaïrois, comme on interprétait leur hymne dans les années 80! Et pourquoi ne pas être Zaïrois?
C'est une réponse à la question d'un journaliste de nos amis de RFI qui demandait si le président Sassou N'Guesso n'avait pas l'impression par ces deux appellations Congo ici, Congo là-bas, Congo awa, Congo kuna que ça fait confusion et embrouillement. C'est une cacophonie sur le plan international. D'où on est parfois obligé de dire Congo-Kinshasa et Congo-Brazzaville. Les Brazzavillois trouvent depuis 1996 que cette appellation est abusive. Mais, les autres, ba ndeko ya ngambo, sont libres de choisir, surtout revenir à une ancienne appellation, celle que leur avaient léguée le jeune Premier Eméry Patrice Lumumba (36 ans à son assassinat crapuleux) et le président Joseph Kasa-Vubu. "Congo notre héritage", chantent à Kinshasa les musiciens!
Mais y a pas que le président Sassou N'Guesso qui voit que ça prête à confusion tous les temps. Même les journalistes se contredisent. Plusieurs papiers de presse parlant de Brazzaville évoquent les activités des autorités de la République démocratique du Congo. Le petit Congo en fait est écrasé par le géant d'Afrique centrale qui jusque-là ne veut pas se réveiller. Malgré la présence sans compter des églises de réveil à chaque bout de rue dans les villes de l'ex-Zaïre, redevenu Congo. "Le Congo de Lumumba", selon Franklin Boukaka, cet autre poète visionnaire, fauché très jeune!
"Votre nationalité? Je suis Congolais! Ha, mon ami, et comment va le président Kabila", nous raconte un ami intrigué devant un poste de douanes en Suisse. Le gars était plutôt de Brazzaville. Un jour, la rédaction d'un grand média a demandé à son correspondant à Brazzaville de lui produire un reportage sur les mines de la Gecamines dans le Katanga. Réponse : "Comment j'irai là-bas et pourquoi vous ne demandez pas au confrère qui est là-bas de faire le papier?" La secrétaire de rédaction qui était du service s'étonne : "Ha bon! Je ne parle pas à un Congolais? Parce que vous ne parlez que Brazzaville, jamais de Kinshasa voilà pourquoi je vous confie ce papier de province".
Le Zaïre, avec le flambeau du tricolore à la main, le vieux léopard s'en souviendra toujours. Aujourd'hui personne n'en veut, même pas ceux qui ont juré par ce pays, par ce nom qui les amenés en 1974 à l'unique phase finale de la coupe du monde de leur histoire. Jamais, disent-ils, être Zaïrois est une injure!