Comme si elle ne le savait pas du tout : le pays vit de la corruption, des mensonges et de la duperie aux populations. La toute nouvelle ministre du commerce, Claudine Mabondzo Munari, ici à gauche avec Jeanne Sara Dambedzet qui lui libère le fauteuil, ancienne directrice de cabinet du président Pascal Lissouba promet de « radier » des effectifs de son département, tous les agents véreux qui tripotent des factures, commandent des équipes fictives de contrôle de prix….enfin des grands gourmands qui ont toujours opéré dans ces réseaux, même du temps où les « Maba ma tatu » étaient au pouvoir.
"En plus, vous n'avez pas honte. Lorsque vous avez fini de faire comme ça, vous salisez les noms des autres. Je suis prête à signer des notes de radiations même à 4h du matin, j'ai encore une main leste pour le faire", a-t-elle déclaré.
Qu’est-ce qui l’étonne ? Le Congo ou les autorités ? ça a toujours été comme ça, notre pays. Maintenant qu’elle a promis de « virer » tous les escrocs et autres criminels à col blanc qui infestent son ministère, Munari a-t-elle les moyens de sa politique ? On se demande comment fera-t-elle pour sanctionner tous ces vieux dinosaures assis sur la corruption. En tant que femme, elle a certainement plus de chance d’être écoutée par ceux qui font tous ces puissants magnats de la corruption et du vol.
Mais pourrant, depuis le départ de Pierre Damien Boussoukou Bou Boumb’ de ce ministère en 2002, le commerce est toujours dans les poches (ou porte-monnaie) des femmes : Après Mme Mounndelé Ngollo, redevenue Yvonne Adélaïde Mougani, c’est Jeanne Sara Dambdzet qui avait pris la relève. On a dénoncé les mêmes maux, et bien pire même. Mais, on n'a rien fait, car on a soi-même fini commerçante de ministre, trafiquant la farine, le ciment et la planche, ainsi que les matérieux de construction.
Maintenant que ce ministère est passé entre les mains d’une autre femme, députée de Mouyondzi dans la Bouenza d’où elle est originaire, cette Babembe, s’était essayée, après son retour financé d’exil en 2002, au petit commerce d’arachide, de patate douce, de banane et de manioc. Boudée à l’époque par des jeunes sans emploi qui ne vivaient que de cette activité commerciale à Mouyondzi où elle allait s'imposée grande commerçante, Mme Munari s’était alors consacrée à ses activités politiques à l’Assemblée nationale, et de temps en temps à son école située en face du ministère de la Fonction publique.
Ses éphémères activités de commerce des produits agricoles pourront lui être un atout pour deux choses. D’abord pour savoir que les paysans attendent que l’Etat devienne le grand acheteur des produits agricoles : le café, l’huile de palme, l’arachide, le haricot, le manioc roui, le tarot, l'igname, la pomme de terre, loignon, la tomate et bien d’autres. Si elle peut commencer par les assurer, ce sera une bonne chose, plutôt que de s’enflammer pour rien. Originaire de Mouyondzi où la plupart des femmes vivent du commerce, louant des véhicules et des wagons de train pour transporter les marchandises vers Pointe-Noire ou Brazzaville, Munari réussira certainement où les autres ne sont venues que pour se servir et non pour servir le peuple, comme le disait si bien son ancien maître, le professeur Lissouba.
La deuxième chose, c’est son atout en tant qu’ancienne directrice de cabinet pour « virer » n’importe qui. Dans ce pays, les DG sont des rois. Le cas de René Serge Blanchard Oba n'est pas enore loin de quitter nos mémoires, pour avoir fait partir tout un ministre de la république, le vieux Dello (disparu depuis lors), défié Philippe Mvouo ou Bauclair Gabriel Entcha Ebia. C’est bien après que Thierry Moungallla a réussi à faire partir ce monsieur, assis sur la SOTELCO et qui a dépensé deux milliards de F CFA pour sa campagne à l’élection de député à Talangaï, un quartier de Brazzaville, la capitale congolaise.
Claudine Munari, c’est bien de gueuler ces gars devant les médias (donc en prenant le peuple à témoin), mais il faut arriver à bout de son ambition. Et c'est là où qu'on vous attend. Sinon, les discours dans ce pays, ce n'est pas ce qui manque, on n'en a même très marre, car personne ne tient parole, du plus grand au plus petit.
Claudine Munari, connue pour sa « légère » main pour virer les agents, tel qu’ils l’ont fait avec le président Lissouba.
Présidente de l’association Femme dont elle avait confié la gestion à Joséphine Ntsika, Mme Munari est aujourd’hui à la tête d’une association politique, MUST. Elue en 2007 députée UPADS, elle a pris ses distances avec ce parti dont les dissensions sont loin de terminer.