C’est pire que le mot que nous avons choisi pour décrire cette vieille épave construite par le colon pour qualifier la maison d’arrêt d’Owando, ville située à quelque 600 Km au nord de Brazzaville. Jugez-en vous-mêmes sur cette façade principale des deux cellules de cette prison. Si à première vue, ce n'est pas une porcherie, ce ne serait alors pas loin d'une mangeoire des boeufs, rouillée par les urines acides des taureaux.
Ces ruines sont construites au centre ville d’Owando, juste derrière le somptueux hôtel le Kouyou où loge et travaille actuellement le préfet de la Cuvette. A quelques encablures de là, il y a le super hôtel de la préfecture et le siège du conseil départemental, fruits de la municipalisation accélérée réalisée dans le département. Allez plutôt vous-mêmes voir. De toute façon, dans la logique congolaise, les prisonniers ne doivent pas vivre dans de bonnes conditions. Ils sont punis, prévenus comme condamnés ; ils doivent subir. Et, il n'y a pas de péché pour cela!
Lors de la municipalisation accélérée qui est passée sur la ville en 2008, le gouvernement avait prévu construire une nouvelle maison d’arrêt, à quelques mètres de l’hôtel Sara (pour ceux qui connaissent la ville, c’est près du Kouyou). Mais, deux ans après, rien n’est fait, bien que la réalisation des projets se poursuive encore.
Les registres de cette terrible maison d’arrêt (voir photo de sa cour ci-contre)indique qu’il y avait une vingtaine de détenus, mais tous mis
aujourd’hui en liberté provisoire. Un seul, arrivé en retard, croupi dans ces ruines, attendant s’il va être condamné ou libéré.
Comme on le voit sur cette deuxième photo, les prisonniers sont logés dans des conditions inhumaines, ne tenant pas comptant des droits des détenus. Jetés dans ces cellules comme du bétail, ces détenus attendent désespérément leur sort au travers d’une session criminelle qui n’a arrive toujours pas depuis 2006. Un des gardiens de cette maison d’arrêt , ayant naturellement recquis l'anonymat, a affirmé à SEVERIN NEWS que d’ici fin décembre, cette session criminelle pourrait avoir lieu à Owando.
Bien sûr, la figure de la maison d’arrêt d’Owando où les détenus observent les étoiles à la nuit tombée à cause d’un toit éventré, est quasiment identique dans les autres départements du Congo. A Djambala, par exemple, dans les Plateaux, les détenus ont du mal être logés dans les cellules, faute de structures, les femmes et les hommes se partagent l'unique cellule sûre. A Madingou dans la Bouenza, la maison d’arrêt, confondue à l’hôpital départemental, est une vieille bâtisse fissurée et lézardée. Mais pourtant, il y croupit plein de criminels.
A Brazzaville comme à Pointe-Noire, les maisons d’arrêt, vieille depuis l’époque coloniale, sont surpeuplées des prévenus, des gens qui attendent leur procès. La lourdeur administrative fait que plus de 300 personnes ne sont pas jugées, arbitrairement arrêtées, et la société se plait de les y voir dans l’illégalité totale.
Sur cette troisème image, ce sont les toilettes des détenus : deux portes comme
pour dire une pour les hommes et une autre pour les dames. En réalité, c'est la confusion totale, on y va là où ça plait! Si le gouvernement a pris la mesure de nettoyer les administrations de la justice avec la nomination de nouveaux responsables, et surtout avec la construction d'un siège du ministère de la justice et des droits humains, il est impérieux de penser aux prisonniers, car un jour, on y passe.