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Janet et d'autres amis de l'équipe de la communication de la Coupe du monde 2010 en Afrique ont souhaité que cet article soit publié à SEVERIN NEWS, l'un des blogs les plus lus à Brazzaville et dans le monde. Voici donc, selon ce partenariat, l'intégralité de cet article :
Au faite de sa carrière, Ndaye Mulamba faisait bénéficier l’équipe nationale des Léopards de sa vélocité et de sa précision. Il en a été le capitaine lors de leur apparition lors de la Coupe du Monde de football en 1974 et détient jusqu’à ce jour le record de meilleur buteur de l’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations.
Mais ces records ne sont qu’une piètre consolation pour un homme qui a été forcé de quitter son pays en raison de la violence politique qui y sévit.
Aujourd’hui réfugié dans la ville du Cap (en Afrique du Sud), Ndaye a sombré dans l’obscurité et était devenu le héros oublié du football Africain. Mais une rencontre avec Danny Jordaan, Président du Comité Local d’Organisation de la Coupe du Monde 2010 ainsi qu’un projet de documentaire dans lequel il figurera mettra en lumière les difficultés que rencontrent actuellement Ndaye et bon nombre de footballeurs africains tombés dans l’oubli.
Mulamba (Ndaye) a fait la rencontre de Danny Jordaan au stade de Greenpoint un peu plus tôt ce mois. Les deux veterans du football ont discuté des lours ou le football africain bourgeonnait à peine à travers le continent et de la contribution que les gloires africaines peuvent apporter au développement du football sur le continent aujourd’hui.
Cette rencontre a offert à Mulamba (Ndaye) un reel soulagement après des années d’isolation et d’anonymat durant lesquelles le rôle qu’il a joué dans la reconnaissance internationale du football Africain a été peu, ou pas du tout, reconnu.
Il faut rappeler que Mulamba a, presqu’à lui tout seul, amené l’équipe nationale de son pays – alors connu comme le Zaïre – à devenir la première équipe d’Afrique noir à participer à une phase finale de Coupe du monde.
Il avait joui au Congo du statut de hero jusqu’au conflit politique qui a laissé le joueur traumatise, l’obligeant à s’exiler ces 13 dernières années.
Lors de la Coupe d’Afrique des Nations de 1974, Mulamba a marqué 9 buts. Parlant de son expérience de la vie de réfugié en Afrique du Sud, il a déclaré: “Les vieilles gloires du football africain souffre du manqué de visibilité et de reconnaissance alors que l’Afrique du Sud se prépare à organiser la Coupe du Monde de football 2010 pour le compte de la FIFA.”
Jordaan a par ailleurs reconnu que très peu est fait pour soutenir la vieille generation (de footballeurs africains) et les inclure dans les efforts de développement du football africain.
“C’est un réel défi et nous cherchons des moyens d’encourager les pays africains à inclure ces veterans du ballon rond dans les initiatives de développement du football vu que le continent souffre d’un déficit de personnel qualifié dans la gestion du football.”
Mulamba a été victime de la guerre violente au Congo. Il a perdu son fils aîné lors du conflit et, attaqué sauvagement par un groupe de soldats, a lui même reçu une balle dans la jambe. Il a alors fui le Congo et a demandé asile en Afrique du Sud, ou il est passé à travers les difficultés communes aux réfugiés en Afrique du Sud.
Jordaan a ajouté que les guerres, les conflits ainsi que le manque de moyens affectent négativement le football africain sur les plans organisationel et logistique et ont souvent un impact direct sur les footballeurs.
“Jusqu’à ce que les pays des Grands Lacs aient des démocraties plus développées ou reigne une veritable culture des droits de l’homme et de dignité, cet état de choses constituera un réel défi,” a-t’il dit.
Jordaan était réellement ému à écouter Mulamba parler de sa peine à quitter, pour raisons de sécûrité, son pays d’origine qu’il aime tant. Il lui a donné l’assurance que l’organisation de la prochaine Coupe du monde de football en Afrique du Sud n’aurait pas été possible sans l’apport des pionniers du football africain tels Mulamba et que leurs exploits seraient honorés comme il se doit sur le continent.
Mulamba fait également l’objet d’un documentaire tourné par Makela Pululu, intitulé L’or oublié et dans lequel Pululu filme le retour de Ndaye au Congo, où il va affronter son passé et réclamer son héritage.
Pululu est également un réfugié Congolais et filmer son héros d’enfance est à la fois un honneur et un devoir. “J’ai toujours admire cet homme, son style de vie et le statut dont il a joui au Congo,” declare Pululu. “Vivre en Afrique du Sud relève du cauchemard pour nous tous, réfugiés.”
C’est la compagnie sud africaine de production Rainbow Circle Films qui aide au projet, en phase de production. Le documentaire sera projeté pour la première fois en Avril 2010, au moment où l’attention du monde entier sera tournée vers la Coupe du Monde.
“Nos partenaires et co-producteurs, la maison Maedias, basés à Paris s’assurent de rassembler les fonds necessaries à la production du documentaire, dont le tournage qui aura lieu au Congo vers la fin de l’année permettra à Makela de réaliser enfin son rêve de tourner un film,” declare Pululu.
Productrice chez Maedias, Claire Raynaud travaille de près avec Makela pour organiser le tournage en RDC vers mi-Octobre et utilisera les services de la legende française du tennis, Yannick Noah, comme narrateur pour les audiences francophones Il est prévu que Mulamba et Noah se rencontrent plus tard dans l’année à Kinshasa.
“Le retour émouvant de Ndaye au pays, après plus de 10 ans d’un exil difficile, pour y retrouver sa famille et ses anciens co-équipiers et confronter ses agresseurs est au coeur de ce film. C’est un regard rare jeté dans le monde de la politique du sport et dans la vie d’un des plus grands athlètes que le monde ait connu et oublié,” dit Pululu.
Le film documentaire incluera aussi des interviews avec des stars internationales du football qui reviendront sur l’influence que Ndaye a eue sur leur generation.
Pour le moment, le désir de Mulamba est de continuer avec sa carrière d’entraineur. Il a en effet été pris part, en qualité d’entraîneur d’équipes de réfugiés, à des competitions locales et régionales de football. Il a par ailleurs gagné le Tournoi des Réfugiés d’Afrique du Sud en 2007.
Les attaques xenophobes de 2008 l’ont amené à suspendre ses activités d’entraîneur, mais le calme étant revenue, il se prépare à reprendre de l’emploi, surtout qu’il a reçu un sponsorship de l’équipementier Le Coq Sportif, qui était alors le sponsor des Léopards en 1973.
Mulamba déclare: “Je voudrai être reconnu pour le joueur que j’ai été mais le simple fait d’être en vie et de pouvoir jouir du simple plaisir de toucher un ballon a donné un nouveau sens à ma vie.”
Le veteran du football a trouvé une nouvelle compagne et l’âme soeur en Nzwaki Qege, directrice de programme au Catholic Welfare Development, une ONG qui assiste les femmes et enfants réfugiés.
Lors de la rencontre entre Mulamba et Jordaan, ce dernier a eu l’occasion de s’entretenir avec Qege et l’agréable surprise de réaliser qu’il connait bien sa famille à Port Elizabeth. Jordaan l’a félicitée pour le travail qu’elle accomplit et déclaré qu’il était impatient de rencontrer Mulamba de nouveau dans les derniers mois avant la tenue de la Coupe du Monde en 2010.
Pour plus d’information, joindre le groupe Facebook Forgotten Gold Feature documentary ou bien aller sur www.rainbowcirclefilm.co.za