Le poids de ses 45 ans ne le décourage pas du métier qu’il a choisi et exerce depuis maintenant 20 ans. Sosthène Nkatoudi, connu sous le sobriquet de Ya Sos, n’a pas pu terminer ses classes secondaires. Les études étaient trop difficiles pour cet originaire de Bacongo qui n’a eu d’autres solutions que de quitter tôt les bancs de l’école. Après avoir longtemps trimé dans les rues de la capitale congolaise, Ya Sos décide d’exercer une petite activité commerciale pour subvenir à ses besoins, mais également à ceux de sa petite famille, car il a déjà pris pour femme Rachel. Leur premier garçon a plus de 18 ans aujourd'hui. C’est dans la préparation des grillades qu’il va se tourner! Avec rien, il réussit à installer progressivement une petite unité à l’ex-cinéma Rio, aux environs du marché Total de Bacongo. Dès le soir et jusqu'au petit matin, il satisfait les amateurs de la bonne grille.
Aujourd'hui, son activité a si bien grandi, qu'il a déjà embauché quatre jeunes salariés mensuels auxquels il offre des perdiems journaliers afin de les encourager. La présence de ces quelques employés dans son entreprise lui permis de prendre un peu de repos de temps en temps. Au départ, après avoir bouclé son marché à 2h du matin, il devrait se lever quelques seulement après pour faire ses achats. Chaque soir, des foules énormes et impatientes attendent d'être servies devant sa table. Sosthène Nkatoudi leur propose du poulet, du poisson à la braise, des gésiers, du bœuf…
Père de famille, Ya Sos est heureux d’exercer son métier. Il regrette néanmoins qu’aucun de ses parents à l’époque ne l'ait contraint de poursuivre ses études, afin qu'il obtienne au moins pu avoir un Certificat d’études primaires et élémentaires… Mais il affirme ne pas être complexé lorsqu’il revoit ses camarades et amis d’école qui viennent acheter les grillades chez lui.
Grâce aux grillades, il a pu acheter une parcelle de terrain et construire sa propre maison en plein Makélékélé, le premier arrondissement de la capitale congolaise et tous ses enfants étudient dans les écoles privées de Brazzaville. Il rêve d'installer à travers la ville, une chaîne de petits restaurants où il pourra continuer à proposer les grillades aux clients de tous horizons. Avec un peu d’économie, il espère parvenir à concrétiser son rêve. Chaque jour, il se plie à quatre pour supporter les difficultés liées à son métier. Il faut être courageux. Il ne fait plus attention aux railleurs et aux dénigreurs. Ya Sos veille à ce que tous les jours ses clients mangent bien et se fidélisent à lui. Sa petite entreprise est reconnaissable à Brazzaville par cette enseigne: "Ya Sos, 5e épisode, Kudia Mboto"!