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BrazzaPLUS

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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Une marche de protestation de 15 km à la SARIS à Nkayi

Publié par Arsène SEVERIN sur 13 Mars 2010, 12:16pm

Catégories : #Economie

Les travailleurs de la Société agricole de raffinage industriel de sucre (SARIS) sont toujours très fâchés contre leurs administrateurs. Ils ont entrepris vendredi, depuis l'usine de Moutele jusqu'au centre de Nkayi, une marche sur 15 km pour revendiquer leurs droits, notamment l'augmentation des salaires à 55%, puis l'examen minutieux de leurs cahier de charges. ça chauffe toujours à Nkayi!

"Les autorités politiques et administratives n'ont plus d'intelligence (Mayele esili) pour régler l'affaire des travailleurs de la SARIS", a commenté ironiquement à SEVERIN NEWS, un habitant de Brazzaville.


En effet, depuis une semaine, quand SEVERIN NEWS l'annonçait avant toutes les pravdas nationales, les 825 travailleurs de l'unique usine crédible du Congo sont toujours en cessation de service; Et pour cause ? Leurs revendications sont toujours foulées au pied par les responsables de l'entreprise.


Pour marquer leur détermination à se faire entendre, les gars ont marché de Moutele, à l'usine, jusqu'au centre ville de Nkayi. "15 Km à pied, ça use, ça use", devraient-ils chanter à tue-tête, déterminés, cependant, à gagner le combat contre les dirigeants de l'entreprise qui font la sourde oreille face à leurs revendications légitimes.


Toute la ville de Nkayi a été bousculée, les populations ont salué le mouvement de ces travailleurs, très mal payés, alors qu'ils travailleurs 24h/24 à l'augmentation de la production du sucre. "ça fait six ans que je suis ici, je ne gagne que 125.000 F CFA", avoue un mécanicien qualifié, joint au téléphone par SEVERIN NEWS.


"Ailleurs, on sait tous que nous gagnerons plus. Ils se moquent de nous, ils nous traitent comme esclaves", s'est-il plaint.


Les travailleurs de la SARIS, à côté, de très loin, ceux de la Société nationale d'électricité, du Chemin de fer Congo océan (CFCO) et de quelques administration, sont les premiers payeurs à tous les niveaux. Les commerçants comptent sur eux, alors que d'autres couches sociales n'espèrent que sur gens-là pour avoir de petits perdiems (!), sur pendant les paid-day. Ces populations ont donc de s'inquiéter, craint que les autorités fassent de la SARIS, ce qu'on a fait, comme si c'était encore hier, de SOCOBOIS à Dolisie, ou de la COMILOG à Makabana. ça commence toujours comme ça et puis, on ne maîtrise plus rien.


Un de nos lecteurs nous demandait dans sa réaction si la grève se poursuivait, hé bien, oui, et elle se corse même. Mais, les autorités commencent à prendre la mesure de la chose, car depuis bien longtemps, les grève au Congo, en dehors des concerts de casseroles de agents des Télécommunications à Brazzaville, ne sont que de vieux souvenirs, les Bokamba Yangouma étant devenus des pasteurs, des opposants modérés!


La lutte continue. La marche organisée vendredi matin, prouve, plus que jamais la détermination de ces travailleurs à vivre mieux de leur labeur : le travail assure l'indépendance, disait un grand penseur!


Les autorités politiques et administratives de Nkayi qui ont reçu les manifestants ont promis de s'impliquer sérieusement dans l'affaire, afin qu'on trouve une solution heureuse qui pourra contenter tout le monde.


Sinon, au moment tout le monde pleure Kinsoundi, cette ancienne société de production de pagnes, créée par feu le président Massamba Débat, voilà, qu'on veut tuer la SARIS, parce que les patrons, trop gourmands, ne tiennent pas à partager les bénéfices avec les travailleurs, les acteurs clé des économies enregistrées par la boîte !


Y a-t-il réellement des raisons qui font qu'on ne peut rien verser à ces travailleurs qui boivent chaque jour de la poussière rouge de Nkayi, ou de la fumée noire des champs de cannes à sucre ? Alors, il faut tout dévoiler, discuter cartes sur table avec tous ces travailleurs, qu'ils sachent que SARIS aujourd'hui n'est plus qu'une coquille vide. Sinon, donnez leur ce qu'ils demandent, ils le méritent.

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