Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

389-pierre-ngolo.jpgPierre Ngolo a été désigné le 25 juillet 2011 comme secrétaire général du Parti congolais du travail (PCT), à l’issue de son sixième congrès extraordinaire tenu du 21 au 25 juillet 2011 à Brazzaville. Succédant à Ambroise Edouard Noumazalay, M. Ngolo comble ainsi une vacance de poste qui dure depuis novembre 2007. Sept candidats en lice ont dû piaffer jusqu'à ce que le nom de Pierre Ngolo soit annoncé dans la surprise et l'émotion générales. Par ailleurs, Denis Sassou Nguesso a été reconduit à la tête du parti, comme président du Comité central du PCT.

« Les congressistes ont porté leur choix sur notre modeste personne. Nous ne savons que si nous avions plus de mérite que les autres, mais le président de notre parti nous a fait confiance. La tâche est immense, nous ne la réussira qu’avec le concours des autres membres du parti », a déclaré M. Ngolo juste après sa désignation.

Les tractations ont duré toute la nuit, sans que les membres du PCT ne s’accordent sur un homme ou ne débusque enfin la perle rare. Mais, le nom de Pierre Ngolo n’a pas au départ était parmi les cités comme Isidore Mvoumba qui assure l’intérim au poste de secrétaire général du PCT depuis la mort de Noumazalay en 2007. Jusqu'à 8h du matin, les congressistes n'avaient pas encore choisi leur secrétaire général.

D'après ce qui se dit, c'est le président Denis Sassou Nguesso qui a dû personnellement mettre sa touche dans la désignation de Pierre Ngolo. La sortie de la salle de son directeur de cabinet, le ministre d'Etat, Firmin Ayessa, laisse encore couler beaucoup d'encre et de salive. Le président du PCT l'aurait appelé pour prendre l'atmosphère dans la salle avant de décider de confier les brides du PCT à ce fils des Plateaux. Ainsi, à la surprise générale, l'entrée en salle de M. Ayessa a coïncidé quelque temps après avec la désignation de Pierre Ngolo.

Les noms Henri Djombo, fin stratège et membre au sein de ce parti, André Okombi Salissa qui représente la jeunesse active et montante du PCT, Pierre Moussa et Rodolphe Adada de la vieille garde du parti savamment cités dans les commentaires de chroniqueurs politiques n’ont pas fait l’unanimité au PCT.

S'il est vrai que la désignation de Pierre Ngolo comme secrétaire général du PCT augure l'arrivée des jeunes loups dans la bergerie. Outre M. Ngolo, Marie-Auguste Denis Gokana, Christel Sassou Nguesso, Martin Aimé Parfait Coussoud Mavoungou ou Chantal, André Okombi Salissa, Charles Zacharie Bowao, arrivés à la fois au Bureau politique et au Secrétariat Permanent pourraient poursuivre les réformes engagées et suspendues en 2006. Mais surtout travailler sur la Social-démocratie, la nouvelle idéologie dont se défend le PCT aujourd'hui, après plus de trois décennies de Marxisme-Léninisme rouge, pur et dur.

Premier secrétaire de l’Union de la jeunesse socialiste congolaise (UJSC), la désignation de Pierre Ngolo au poste de secrétaire général du PCT a été une grande surprise. Quoi que membre du bureau politique de ce parti, mais très peu de militants, sinon personne ne lui donnait la chance d’émerger à ce poste. Et pourtant, la réalité a été implacable. C’est sous un salve d’acclamations qu’il a été désigné par les congressistes venus de tous les coins du Congo.

M. Ngolo est né en 1954 à Ongoni, à l’époque district de Gamboma dans les Plateaux au nord du pays, Premier secrétaire depuis la mise en place du Conseil national de transition (parlement de transition) à la fin de la guerre de 1997, M. Ngolo a été successivement reconduit à ce poste en 2002 et en 2007. D’abord élu député dans sa ville locale d’Ongoni avec plus de 99% des voix, le nouveau secrétaire général du PCT a été réélu député, conformément à une décision de son parti, dans la première circonscription de Ouenzé à Brazzaville avec 54, 30%.

Enseignant de carrière, Pierre Ngolo est l’actuel président du jeune parlement de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC) basée à Malabo en Guinée Equatoriale.

L'ouverture au PCT

Démarré tambours battants à Brazzaville, le sixième congrès extraordinaire du PCT avait pour mission principale de restructurer les organes dirigeants de ce parti. Quelque 1450 délégués avaient fait le déplacement de Brazzaville pour désigner les nouveaux dirigeants de leur parti. L’arrivée massive de nouveaux militants dont d’importantes individualités et chefs de partis constituait un enjeu majeur dans la redistribution des cartes au cours de ce congrès.

Le congrès tenu en 2006 sous fonds de disputes et de tension dues aux sur la refondation du PCT n’avait pas permis de faire le nettoyage dans les rangs de cet ancien parti unique marxiste-Léniniste. Les débats s’étaient plutôt focalisés sur les questions de réformes importantes et profondes à apporter au sein du parti. Ce congrès avait d’ailleurs fait la Une des journaux et nourri les feuilles de choux paraissant à Brazzaville, car précédé par un autre, tenu par les tenants du courant des conservateurs mené par Justin Itihi Lekoundzou. L’armée avait dû intervenir à travers une ferme déclaration du Haut-commandement pour empêcher le feu de s’étendre.

Ainsi, beaucoup de questions étaient restés en suspens, notamment celle liée au retour à la maison des autres cadres du PCT qui avaient quitté le bateau quand il tanguait. Nombreux avaient même créé leurs propres partis comme Pierre Damien Boussoukou Mboumba, Gregoire Lefouoba ou Benjamin Bounkoulou dont retour au parti s’est fait sans accro.

Certains leaders comme Léon Alfred Opimbat des Forces démocratiques nouvelles (FDN), Pierre Ernest Abanzounou de l’Action pour le pour progrès et le développement (APD), René Serge Blanchard Oba du Mouvement pour la solidarité du Congo (MSD) ont accepté, parfois à la suite de âpres discussions de diluer leurs formations politiques au sein du PCT.

Très peu de parti membres de la majorité présidentielle ont tronqué leur rang sur l’échiquier politique national en fondant dans le PCT. C’est le cas de Club 2002 PUR (Parti pour l’unité et la république) de Wilfrid Nguesso qui a même profité du temps chaleureux des préparatifs du congrès du PCT pour restructurer sa base.

Et lui-même, bien qu’au dessus de la mêlée, le président Sassou Nguesso a été réélu à la tête du parti comme président du Comité central du PCT. Il n’a pas laissé se dérouler les choses de loin. Bien plus, il a été assez proche des débats qui s’y sont déroulés. Dès l’ouverture du congrès, il avait envoyé un message lu par son chef de cabinet le ministre d’Etat Firmin Ayessa, rappelant aux congressistes que tout le Congo avait les yeux sur eux et qu’on attendait de grandes décisions de ce congrès.

En plus, plusieurs observateurs ont indiqué qu’à l’impasse devant laquelle allait inexorablement le congrès dans la désignation du secrétaire général, le président Sassou Nguesso aurait dû personnellement intervenir au choix de Pierre Ngolo. Certaines langues disent que c’est le ministre d’Etat Firmin Ayessa qui a ramené à la nouvelle tranchante, après une nuit de débats et de manque de consensus.

Enfin le gâteau

Partis sur la base de la fin des cumuls de fonctions pour les membres du PCT, les débats à ce sixième congrès s’averaient très tranchaient. Le gâteau est énorme, mais il faut qu’il suffise à tous. C’est pourquoi ceux qui occupent des postes dans le gouvernement, par exemple, devraient choisir entre y rester et venir prendre les responsabilités au sein du parti.

C’est certainement ce qui a servi de chance à Pierre Ngolo car il n’a jamais pris un poste au gouvernement. Il aurait certainement eu l’avantage sur les autres candidats de revenir ne servir que le parti. Le cas de Isidore Mvouba ou de Henri Djombo qui animent d’importants départements ministériels comme le transport et le bois. Le retour au parti aurait nécessité la chute de plumes ou de poils !

L’utilisation des nouveaux membres venus au parti aurait constitué l’une des préoccupations de ceux qui sont chargés de redistribués l’éléphant. Le partage de ce gâteau devrait aussi continuer l’année prochaine dans le placement des candidats aux législatives. On devrait assister à un vrai chambardement de certains députés en remplacement des autres qui auraient fait preuve d’un militantisme actif.

Dans l’ambiance de la fête nationale du 14 août 2011, il est possible que le président de la république procède au remaniement du gouvernement pour servir certains membres du parti. Ceux qui ont choisi de quitter le gouvernement pour ne servir que le parti céderaient leurs places aux nouveaux ministres.

 

Tag(s) : #Politique
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :