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BrazzaPLUS

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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Municipalisation accélérée dans le Pool : des défis à ne pas blaguer !!!

Publié par Arsène SEVERIN sur 26 Août 2010, 12:03pm

Catégories : #Societé- Développement

Attendue depuis quelques années déjà, enfin l'annonce sur la réalisation de la municipalisation accélérée dans le Pool a été faite, le 14 août dernier par le  président Denis Sassou Nguesso lors de son discours à la Nation devant le parlement réuni en congrès. Une annonce qui a produit un grand effet de joie auprès des ressortissants de ce département voisin de Brazzaville, faisant parfois oublier les grands défis qu'il faut absolument rélever lors de cette municipalisation  accélérée de 2012. Plus sérieusement, on aurait pu commencer maintenant, au-delà des aspects festifs liés au 52e anniversaire du Congo, dont le défilé sera organisé à Kinkala, la capitale préfectorale.
 
 
2012, c'est à Kinkala que le gouvernement et les forces vives d ela république iront célébrer la fête de l'indépendance du Congo. Mais, pourtant, les défis restent très énormes dans le Pool, ,ancien théâtre des affrontements sanglants, où les différents combattants ont pratiqué la politique de la terre brûlée.

La route n'existe plus dans cette région depuis plus d'une décennie, notamment entre 1998 et 2003, lors de la terrible guerre civile qui a mis le Pool à feu et à sang. Par exemple, entre Kinkala et Kimbedi, les deux extrêmités de l'axe centre du Pool, la voie n'existe que quand on la force, surtout à partir de Kinkala où s'arrête le goudron de l'Union européenne. Après, c'est la jungle, et on arrive difficilement, rouge de poussière ou de boue, à Missafou, à Mindouli ou à Loulombo, avant de finir à Kimbedi. On ne sait cependant pas comment, entre montagnes et bourbiers atteindre Mpassa Mines, plus à l'Est.

Justement, à l'Est, en allant à Boko, l'ancienne station fruitière, don du colon, la route Kinkala-Boko est l'ombre d'elle-même, alors que les populations de Mbandza Ndounga, et des autres Mbandza (Nkaka, Mpudi, Lele, Malela, Makondi, Nganga...) sont enclavées et coupées du reste du Congo, ne dépondant dans certains cas que de la République démocratique du Congo (RDC), voisine.

A l'Ouest, le sable a progressivement "mangé" la route Brazzaville-Mayama, si bien que y aller ne relève que d'un pur aventurisme, tel que savent le faire les politiciens avec leurs véhicules tout terrain, en quête des électeurs.

Toujours dans cette partie du Pool, les populations de Kindamba, se débrouillent tant bien que mal à sortir par Mindouli ou par Matoumbou pour aller vers Brazzaville et Pointe-Noire. Les pîstes agricoles n'existent que quand des comerçants-transporteurs forcent sur des collines sablonneux de Zandou dia Babakala, de Maboulou, ou de Moubiri. C'est à cette occasion seulement qu'on organise des marchés, et que les cultivateurs du tabac, de paddy et autres arachides et bananes ont accès au marché. 

 Les populations de Kimba, de Vinza et de Moussinga Ntsia, de Kilebe Moussia, de Kitou, témoigneront de la même chose : elles ne vivent que parce qu'elles sortent vers la Bouenza par les districts de Yamba ou de Kingoué.

Et puis, on n'y va que par hélicoptère pour ceux qui préfèrent le plaisir des airs. Pas d'aéroport ni de simples petits aérodromes pouvant accueillir nos deux MA60, avions Air Congo, venus de Chine.

On sait aussi que les écoles n'existent plus, les élèves suivent les cours dans des porcheries, alors que très peu d'enseignants acceptent s'y aventurier, bravant la faim, et les brimades des hommes en armes qui y fourmillent.

Quand à l'hôpital, la situation est pire. S'il n'y avait pas le centre hospitalier de Mindouli, sauvé de justesse par les humanitaires de Médecins sans frontières France, ou l'hôpital de Kinkala, aujourd'hui réhabilité avec l'appui des partentaires au développement, tous les habitants du Pool se soigneraient en RDC, dans les hôpitaux de Imé, de Mangembo ou de Nkundi.

C'est pourquoi l'Etat devrait veiller à une exécution rigoureuse de projets par ceux qui obtiendront les marchés.

Et la paix ? Dit-on que les ex-combattants ninjas n'attendent que du travail. Car, ils sont des dizaines encore à écumer la fameuse route nationale n°1, rackettant les passagers et véhicules, terrorisant tous ceux qui n'ont pas de quoi payer un billet d'avoir et qui s'y risquent.
On le sait, entre Missafou et Mindouli, par route, les camions doivent être conviés par les militaires. 5.000F CFA par véhicule, et le convoi se forme dans les après-midi, lorsque les éléments des Forces armées congolaises estiment que les calculs sont bons.
Par train, c'est la foutaise! Les ninjas font une de ces pagailles, qu'on se croirerait toujours en pleine guerre civile où ils se sont donnés les ailles avec leurs frères les Cobras, tuant et pillant sans compter. Bien que Ntumi soit sorti, les ninjas, eux, sont toujours là! Tout ça, ce sont des défis...

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moukala 03/09/2010 15:45



Ce sont de grands défis, les enfants du Pool doivent le comprendre dès maintenant



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