Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

1399458534547-copie-1Déclenchée le 3 avril 2014, l’opération Mbata ya Bakolo poursuit son petit bonhomme de chemin. Celui que les autorités de la police l’ont destinée. Bien qu’elle ne soit pas exclusivement destinée aux ressortissants de République démocratique du Congo (RDC), l’opération cible cependant depuis son lancement ces populations. Les autorités de Kinshasa parlent de 80 000 personnes expulsées, alors que la police congolaise note moins de 1000. Par ailleurs, la main tendue des autorités de Kinshasa dont le président Joseph Kabila Kabange, appelant Brazzaville à calmer le jeu, ne semble pas être saisie à la rive droite qui argue réaliser une opération de souveraineté. Jusqu’où peut aller une telle opération, Mbata ya Bakolo ?

 

Au tout début des choses, lorsqu’une centaine de sujets RDC furent refoulés au lendemain du déclenchement de Mbata ya Bakolo, la RDC envoie à Brazzaville une délégation ministérielle pour discuter. Brazzaville n’a pas donné suite à ces discussions. La police est restée dans la logique des expulsions, dans les conditions que déplorait la RDC.

 

L’arrivée du ministre des Affaires étrangères de la RDC, Raymond Tshibanda Ntumba Mulongo avait relancé l’espoir de voir les choses se calmer. Mais, NON ! L’opération « Mbata ya Bakolo » a poursuit son chemin, bien au contraire. En face du fleuve Congo, la société civile, les populations et les membres de l’opposition narguent l’autorité du président Joseph Kabila Kabange, qualifié de lâche, de complice, et pour faire le complet comme on sait le faire à Kin, de tous les mauvais noms d’oiseaux, et de carton mouillé. Et le président n’a pas branché. Lui et ses ministres, ses députés, ainsi que les membres de la majorité présidentielle, pourtant assaillis par des questions, parfois des injures à l’Assemblée nationale par des députés de l’autre bord qui veulent coute-que-coute en découdre avec Brazzaville. Rappeler s’il le faut l’ambassadeur Christophe Muzungu en poste à Brazzaville, et fermer la frontière avec le Congo, pays « des ennemis ». Mais Kabila Kabange garde le calme et imagine d’autres stratégies.

 

Après avoir tenu un conseil des ministres extraordinaire à Kinshasa, Joseph Kabila Kabange profite de rappeler vite vite le gouverneur de la ville province de Kinshasa, André Kimbuta Yango qui assistait à une réunion à Brazzaville. Le lendemain, Kimbuta Yango revient à Brazzaville avec des idées renforcées, notamment sur Mbata ya Bakolo, mais qui ne trouvent aucun écho sur la rive droite. D’ailleurs, le gouverneur de la ville province de Kinshasa n’a même eu le courage de le dire haut et fort ici à Brazzaville. C’est dans un communiqué conjoint que, avec Hugues Ngouelondele, le maire de Brazzaville, ils ont appelé les autorités de deux rives à mettre un bémol à l’opération. Eux-mêmes savent si leur appel a été entendu. Une certitude, sur le terrain l’opération se poursuit !

 

Une autre cartouche du président Joseph Kabila Kabange, le président du Sénat Léon Kengo Wadondo, l’homme au carnet d’adresses fourni, soupçonné d’avoir de bonnes relations avec le président Denis Sassou Nguesso depuis de longues dates. Reçu à Oyo dans la Cuvette, loin  des bruits de Brazzaville, à quelque 500 Km, le président du Sénat de la RDC sort de l’audience avec une chanson bien spéciale, entonnant que le président Sassou Nguesso avait accepté de suspendre la vague des expulsions à la folie des ressortissants de la RDC vers leur pays. Mais depuis quelques jours, l’annonce semble avoir eu effet de la honte, car les expulsions n’ont pas cessé, du moins les traversées massives des gars de la RDC se poursuivent.

 

Alors, jusqu’où peut aller cette opération ? Brazzaville est en droit d’expulser tous les petits bandits qui collent l’atmosphère dans le pays. Tous ces voyous qui fument du chanvre, braquent les pauvres citoyens et terrorisent les populations dans les banlieues de la capitale. Les gars de la RDC sont très nombreux au Congo, 500 000 selon des estimations officielles. Entre 900 000 à un million, selon les populations.

 

Nombreux sont sans papiers et se comportent comme dans un quartier de Kinshasa. Ils vadrouillent partout, prêts à tout faire, proposant une main d’œuvre peu qualifiée mais très bon marché. D’autres, plus instruits, enseignent dans nos écoles, travaillent dans les sociétés de téléphonie mobile et dans plusieurs autres compagnies privées. Faut-il évacuer tous ces gens ? Ou bien juste éconduire les bandits, et tant pis pour ceux qui se retrouveront sur le chemin des évacuateurs de Mbata ya Bakolo ? A ce qui se dit, l’opération se poursuit et bon nombre de niches à voyous sont encore à désagréger à Brazzaville, dans un premier temps.

 

Mais avec la politique d’apaisement que prône Kinshasa, y aurait-il à voir une réponse plus radicale de l’autre côté un jour ? Kabila Kabange et ses lieutenants céderaient-ils un jour aux pressions de la population ? Des réponses toujours pas évidentes, mais des choses à prendre au sérieux. Un voisin qui tombe à genoux pour supplier n’agirait-il pas par simple orgueil personnel pour l’honneur souillé de sa famille ? Un amoureux qui pleure comme un pingouin une femme qui le ridiculise ne l’assassinerait-il pas par amour propre blessé ? Ho, quel questionnement philosophique ! Mais pourtant la question demeure, jusqu’où peut aller cette opération, et pendant combien de temps Kinshasa restera à genoux à demander pardon à Brazzaville ? Mbata ya Bakolo !

Tag(s) : #Politique
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :