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C'est ce mercredi que démarre à Pointe-Noire, notre capitale économique-poubelle pompeuse de pétrole, la campagne de vaccination contre la rougeole. Cette campagne va durer un mois, jusqu'au 22 juillet prochain. Elle vise à mettre sous protection les enfants de 0 à 5 ans de la rougeole, dont l'épidémie s'est déclarée à Pointe-Noire, tuant, aux bas mots, 32 personnes dont deux adultes.

Selon le directeur de la Santé en exclusivité à SEVERIN NEWS, cette maladie couve depuis décembre 2010, et s'est propagée dans la ville à "cause de la négligence" du système sanitaire. "Le manque des intrants des vaccins dans les centres de santé, a découragé les mamans qui venaient pour vacciner leurs enfants", a reconnu Dr Elira Dockekias.

"Et puis, il faut avouer que notre regard a été détourné par l'épidémie de polio", a-t-il encore confessé.

Pendant que Pointe-Noire se bat à mettre sous quarantaine cette épidémie de rougeole, Brazzaville la verte (la poubelle aussi) ploie sous l'épidémie du Chikungunya, une maladie bizarre des pays insulaires qu'on n'a jmais connue.

Depuis deux semaines, une épidémie de chikungunya s’est déclarée dans la capitale congolaise, touchant 3.024 personnes, selon le bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

"Nous sommes débordés dans l’accueil des malades. Les parents qui conduisent leurs enfants sont troublés et ça fait un grand remue-ménage ici", décrit à IPS, Suzanne Pélagie Mbouala, une infirmière du CSI de Bissita.

"Nous recevons les malades, faisons les prélèvements sanguins avant de les envoyer systématiquement à la prise des médicaments sans attendre les résultats", indique Dr Mbendza.

Après avoir transmis les 48 premiers prélèvements sanguins au laboratoire de référence de Franceville au Gabon, l’OMS a confirmé l’existence de cette maladie à Brazzaville. Sur les 48 prélèvements, 50% des cas se sont révélés positifs, indique un communiqué de l’organisation.

 "Il faut dire qu’il y a beaucoup de malades. Nous avons déjà enregistré plus de 8.000 plaignants, mais bien sûr, qui ne souffrent pas tous de chikungunya", déclare Dr Alexis Elira Dockekias, directeur général de la santé.

Dans une note d'information, le bureau du Fonds des Nations Unies pour l’enfance à Brazzaville a souligné une évolution "régulière" des cas. Entre le 1er et le 15 juin, entre 117 et 3.024 cas ont été enregistrés dans les CSI de Makélékélé, de Bacongo et de Mfilou, dont 81 pour cent à Makélékélé. "Aujourd’hui (17 juin), nous avons recensé 225 nouveaux cas", affirme à IPS, Clément Matolou, un enquêteur sanitaire.

 "Avant, l’épidémie était très circonscrite dans les quartiers sud de Brazzaville et dans le Pool (sud du pays). Mais, nous avons aujourd’hui la preuve que les autres quartiers sont atteints; donc la situation est généralisée à Brazzaville", explique Dr Elira Dockekias.

 Au début, de nombreux malades ont pris cette pathologie pour un paludisme ordinaire. Ils se sont ainsi rués vers les pharmacies ou les cliniques privées pour suivre un traitement. Face à la virulence de la maladie, les Brazzavillois l’ont débaptisée 'palu robot ou palu Pongo'.

 "J’ai été paralysé au niveau des jambes. Les enfants ont dû me soulever pour me transporter à la clinique", témoigne Jean Norbert Foundou, un habitant du quartier Moukoundzi Ngouaka, à Brazzaville.

 Selon l’OMS, le chikungunya se manifeste par une forte fièvre, des douleurs musculaires – d’où le nom de chikungunya qui veut dire 'os brisés' en langue tanzanienne où il est apparu pour la première fois en Afrique en 1959. C’est la première fois que le Congo connaît cette maladie.

Les médecins expliquent que le paludisme et le chikungunya sont tous dus aux piqûres des moustiques. "Le paludisme, c’est avec la piqûre de l’anophèle, alors que le chikungunya est une maladie virale provoquée par une piqûre de Aedes Aegyti, un autre moustique", explique un épidémiologiste à Brazzaville.

Concernant le traitement, la maladie ne se soigne pas avec des anti-palustres, mais avec du simple Paracetamol qui atténue la fièvre, tandis que le Laroscorbine soigne bien le chikungunya, selon Dr Mackosso.

Le gouvernement congolais a rendu disponible, depuis le 13 juin, des médicaments à l’hôpital de base de Makélékélé qui reçoit la majorité des cas. Les CSI de ces quartiers ont également reçu le Paracetamol 500 mg et le Laroscorbine qui constituent le traitement complet contre le chikungunya, selon Alexis Elira Dockekias. Il a remis d'autres lots des deux médicaments aux responsables des CSI le 17 juin.

La plupart des formations sanitaires de la capitale ont été mises en alerte, assure Dr Elira Dockekias. "Nous avons pris des dispositions afin que tous les malades soient pris en charge. Le personnel médical a été formé et les médicaments sont disponibles".

 "Nous sommes très soulagés par la qualité de l’accueil et la gratuité des médicaments", déclare Mboungou Massamba, parent d’un malade.

 Le gouvernement annonce, pour la semaine prochaine, une vaste opération de désinfection de la ville contre les moustiques. "Les mobilisateurs passeront dans les domiciles pour attirer l’attention des populations sur les mesures hygiéniques à observer", annonce Dr Elira Dockekias.

 Mais, les acteurs de la société civile restent très remontés contre le gouvernement qui, selon eux, n’a pas tiré les leçons de la dernière épidémie de poliomyélite qui avait secoué le pays, faisant 250 morts entre octobre 2010 et avril 2011.

 "Nous incriminons toujours le déficit de communication du gouvernement au sujet de ces épidémies. Il y a près de deux mois que les populations se plaignaient de ce palu très compliqué, mais le gouvernement n’a rien fait", dénonce Roch Euloge N’zobo de l’Observatoire congolais des droits de l’Homme, basé à Brazzaville.

"Jusque-là, les autorités ne communiquent pas assez sur les médias pour atteindre le grand nombre des citoyens" au sujet du chikungunya, déplore, pour sa part, Anicet MFan, président de l’Association 'Congo prospère', basée dans la capitale.

 

 

Tag(s) : #Santé
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