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BrazzaPLUS

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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Massamba-Débat plusieurs fois sur RFI !

Publié par Arsène SEVERIN sur 17 Octobre 2009, 11:33am

Catégories : #Politique

Disparu comme le sel dans l'eau, comme un ver de terre dans la boue, Alphonse Massamba-Débat n'a plus fait signe de vie (oueh, il est mort depuis le 25 mars 1977). Mais, un homme de son rang ne pouvait pas totalement disparaître après avoir géré avec brio le Congo. Pourquoi devrait-on oublier un homme pareil et garder une chappe de plomb sur son nom ? Qu'avait-il réellement fait pour que son peuple même l'oublit dans les tirroirs de la mort ?

Ha, merci Alain Foka; ha, ce fouineur de Radio France Internationale (RFI) en complicité avec les archives de LINA  est allé nous ressusciter cet homme, ce Bakongo de Boko. Ainsi, grâce à ce monsieur de RFI, on a pu réécouter la voix du deuxième chef de l'Etat du Congo à Brazzaville, surtout ceux de mon âge qui ne savent physiquement rien de cet homme. Sauf, bien sûr, ce que l'idéologie marxiste du socialisme rouge pur et dur nous a tous appris : Massamba-Débat était un réactionnaire, un vrai énnemi du peuple qui a tué le président Marien Ngouabi.

Pendant des années, 32 ans après son assassinat, plus précisement, la voix de cet homme passe à la radio, même si ce n'est pas notre pravda nationale, mais quand même! les vieux de  l'époque de Claude Ernest Ndalla Graille se sont remémorés. Ils ont tout de suite pensé à Kinsoundi, à Impreco, des usines textiles créées à Brazzaville par le feu président.

Avec son émission archives d'Afrique, Alain Foka a fait des Congolais de Brazzaville un peuple avec âme, car, il dit souvent qu'"un peuple sans histoire est un monde sans âme". Nous en avons eu une, avec ces deux emissions de 40 minutes chacune consacrées à l'homme du Miuvement national de la révolution (MNR), que le peuple (syndicalistes et militaires) sont allés chercher dans son village de Boko pour venir diriger l'Etat. Et il l'a fait avec brio; nos parents s'en souviendront et nous en parleront sans discontinuer. Mais pourtant, on l'a massacré comme un... on ne sait quoi, d'après ce qu'on nous raconte, semble-t-il, écartelé par deux voitures tirant chacune dans son sens ! Mais qui sait si c'est ça la vérité ?

Il semble que le présiden
t Marien Ngouabi ayant compris que tous les révolutionnaires qui lui foutaient du bruit tout autour ne savaient que voler et non travailler, il avait résolu "faire un deal" (expression de Ndalla Graille à cette émission) avec Massamba-Débat pour qu'il reprenne les affaires économiques du pays. Cette intention de Ngouabi aurait été très mal perçue par les faucons du pouvoir, les "Biso se biso", pas quelqu'un d'autre. Mais déterminé comme on le connaissait (nous, nous ne l'avons vraiment pas connu), Ngouabi fait tout de même appel à son prédécesseur (voir la photo ci-contre où on reconnaît Massamba-Débat à gauche, Ngouabi et Alfred Raoul).

"Tu reprends les affaires et moi je t'accompagne", lui aurait suggéré Ngouabi. L'homme de Boko, apparemment ne s'était pas opposé à cette idée, jusqu'à ce que les détracteurs avalassent le commandant Marien Ngouabi, abattu arme au poing, le 18 mars 1977 alors qu'il n'avait que 39 ans (ngôôh). Massamba-Débat suivra le même chemin, torturé et ensuite massacré par les "vrais amis du peuple", car, lui, on l'accusait de "l'impérialiste et ennemi du peuple".

Mais, il faut dire que c'est déplorable. L'histoire politique du Congo n'est pas du tout connue, même des Congolais eux-mêmes. Les Pascal Lissouba, les Ndalla Graille qui mourront demain (on ne souhaite pas la mort de quelq'un en Afrique, nous le savons bien) comme Ambroise Edouard Noumazalaye et Tystèr Tchicaya, mais personne n'a pensé écrire ses mémoires politiques, comme legs aux générations d'après.

L'histoire politique du Congo, chacun la fabrique à sa manière, ainsi l'ont voulu les "politichiens". C'est une honte de voir comment Brazzaville et des villes secondaires sont envahies par des CD sur l'histoire politique des pays voisins comme la RDC, ou des pays d'Afrique et d'Europe : Jonas Savimbi, Thomas Sankara, Sadam Hussein, George Bush ou Oussama Ben Laden. Nous, on n'a rien du tout. Trop de mensonges et de fourberies. On a tout compris : diffuser mêmes les vieilles images de la Conférence nationale souveraine de 1991 vous ouvre doit les portes de la prison ou des interpellations bizarres comme l'ont déjà subi nos collègues de CB Plus, une chaîne de télévision privée implantée à Poto-poto en plein coeur de Brazzaville.

Alors contentons-nous de "Mubutu roi du Zaïre", et autre l'arrivée de Laurent Désiré Kabila à Kinshasa.

Merci à Alain Foka, là-ba au moins l'histoire ne change pas!

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