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Dans un communiqué, le Comité de protection des journalistes (CPJ), basé au Etats-Unis, accusé de négligence les autorités camerounaises d'avoir laissé mourir un journaliste malade en prison. malgré les plaintes et les souffrances de  notre confrère de 38 ans, Germain Ngota Ngota du journal Cameroun Express, les autorités ont bouché les oreilles, jusqu'à laisser mourir ce gars, "de manque de soins médicaux", selon le certificat de décès. Pour savoir plus, le CPJ a demandé aux autorités camerounaises d'ouvrir une enquête à propos. Voici le communiqué du CPJ:


"Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) est indigné par la mort ce jeudi du journaliste Germain Ngota Ngota, dont la santé s'est détériorée pendant son incarcération au Cameroun. Le certificat de décès de M. Ngota, directeur de publication de l’hebdomadaire privé Cameroun Express, a déterminé que le journaliste est mort d'un manque de soins médicaux dans la prison de Kondengui sise à Yaoundé, la capitale camerounaise, selon Hilaire Medjo et Fogno Fotso, respectivement directeurs de publication des hebdomadaires Vision Nouvelle et Génération Libre.


M. Ngota était l'un des trois journalistes emprisonnés depuis février dernier pour avoir enquêté sur des allégations de corruption impliquant le ministre d’État secrétaire général de la présidence du Cameroun et président du conseil d’administration de la Société nationale des hydrocarbures (SNH),  Laurent Esso. Les autorités n'ont pas réagi aux allégations du reporter Simon Hervé Nko'o de l'hebdomadaire Bebela selon lesquelles des agents de sécurité auraient recouru à la torture psychologique et physique pour forcer les journalistes, notamment M. Ngota, à révéler leur source pour un document sur lequel étaient fondées les allégations de malversation financière.

M. Ngota était détenu au quartier kosovo de la prison de Kondengui, où des criminels endurcis sont emprisonnés, selon des journalistes locaux. Les amis et collègues du défunt journaliste qui lui ont rendu visite dimanche dernier ont déclaré au CPJ qu'il s'était plaint de fatigue, de goutte et de douleurs articulaires. M. Ngota souffrait également d’hypertension artérielle et d'une hernie, ont-ils dit.


Les autorités camerounaises ont avisé la famille de M. Ngota de son décès, mais n'ont jusqu’à présent fait aucun commentaire public à ce sujet. Des agents de la cellule de communication de la présidence camerounaise ont déclaré au CPJ qu’aucun des responsables n’était disponible pour faire un commentaire. Une assistante du ministre camerounais de la communication, Issa Tchiroma Bakary, a même dit au CPJ que le ministre ne répondrait qu’à une demande écrite aux fins de commentaires, ce que le CPJ a envoyé aujourd'hui.

 « Les autorités camerounaises n'ont pas fourni à M. Ngota un traitement médical approprié, malgré les demandes répétées de sa famille et ses collègues », a déclaré le directeur de la section Afrique du CPJ, Tom Rhodes . «Nous les tenons responsables de sa mort ainsi que du sort des trois autres journalistes toujours détenus dans les prisons camerounaises », a-t-il martelé.

Nestor Nga Etoga, directeur de publication d’un journal camerounais, qui connaissait M. Ngota depuis 1995, a dit que le défunt journaliste était « talentueux » et bien connu localement pour ses enquêtes sur la corruption publique dans le secteur pétrolier. Selon M. Etoga, M. Ngota a lancé Cameroun Express entre 2002 et 2003 et a travaillé comme journaliste indépendant pour plusieurs autres publications. Il était un journaliste chevronné avec une quinzaine d’années d’expérience dans la presse camerounaise.

M. Ngota est le premier journaliste camerounais ayant perdu la vie en raison de son travail d’investigation, selon des recherches du CPJ qui remontent à 1992. Il est décédé à l’âge de 38 ans, laissant une femme et deux enfants endeuillés."

Tag(s) : #Droits Humains
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