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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Le miracle chinois dans le Mayombe sur la route Pointe-Noire - Dolisie!

Publié par Arsène SEVERIN sur 11 Mai 2011, 18:15pm

Catégories : #Societé- Développement

Route 1Lancés en 2007 dans la capitale économique, les travaux de la route Pointe-Noire et Dolisie vont bon train, comme on le dit souvent chez nous. Le savoir-faire des Chinois, qu’on croyait capables de peu de choses, fonce le Mayombe, un massaif montagneux et forestier. Aujoud’hui, quelque 60 à 70% des travaux de cette percée vers Dolisie, la troisième ville, sont réalisés. SEVERIN NEWS est allé voir et vous en rend compte.

Y a-t-il meilleurs témoignages que ces photos de SEVERIN NEWS ? Ces dessins, ces zig-zag le long de la route ? Ceux qui connaissent bien le Mayombe seront forcement émerveillés, les vieux chauffeurs de camion qui ont connu des nuits, des pluies incessantes et régulières dans ce massif, ne sont pas près à comprendre. Mais pourtant c’est bien le Mayombe qui a été vaincu, avec lui, toutes ses sirènes qui retenaient les véhicules, comme on le disait à cette époque.

Dès le grand carrefour de Mont Nkamba et la grande avenue Tystèr qui irait un jour vers Mpaka, la grande nationale n°1 s’éclaire. La voie qui s’amène droit vers le camp des Chinois en passant par Mengo, à l’entrée duquel se trouvera le joli et troublant (avec un système de pesage) poste de péage existe déjà. Route 2De part et d’autres des forêts d’eucalyptus de Henri Djombo (comme disent les propriétaires fonciers à Pointe-Noire), les gros panneaux de Pierre Mabiala appelant au respect du domaine de l’Etat, s’étalent à perte de vue.

Oui, juste après là, le goudron est par endroits. A Hinda, par exemple, chez Mme Lucie Oba Sauthat, la députée, il n’y a pas encore de goudron, les Chinois viennent juste de poser un pont au bas de la côte qui mène à Hinda. Et puis, il y a le vieux goudron des années 80 qui nous fait découvrir le centre d’instruction militaire, Makola. Mais là, réapparaît le goudron, un très joli goudron sur le village de Makola, avant de disparaître quelques kilomètres plus tard près d’un lac-vasière. Et c’est le village Pondila I, un campement en passe de devenir une grande bourgarde, un centre commercial où la plupart des camionneurs et voyageurs s’arrêtent pour boire un Coca Cola glacé, manger une tranche de saucisson ou une cuisse de poulet au manioc.

C’est ici aussi là où se déroule la plus grosse magouille de cette route, car la plupart des camionneurs, chauffeurs de grumiers, de benne ou d’engins de sociétés chinoises, malaisiennes ou françaises sifonnent le carburant qu’ils revendent à la seule boutique du coin. Ainsi, sans être abonnée à une quelconque société de distribution de carburant, notre petite boutique du village est en passe de devenir une grande station services de la route : tous les véhicules de commerçants en partance de Mouyondzi, de Mossendjo, de Ngouha 2, de Mabombo ou de Sibiti viennent se ravitailler à cet endroit avant de rentrer à Pointe-Noire. En tout cas, il ne manquait plus que ça.

Une fois que vousRoute 3 avez repris la route, c’est la terre jaune, la route latériitée sur laquelle les Chinoi déversent tout leur savoir. Comme on le voit sur ces images, c’est de l’art et du savoir-faire...sinon quoi d’autre ?

Et quand on s’enfonce dans le vrai Mayombe, c’est la bataille contre les arbres, toutes sortes d’arbres, les ravins, les collines et les montagnes. Il faut aller vite, car par ici le goudron est impécable. Faire vite-vite pourquoi ? Mais parce qu’après 18h, les gendarmes en poste à Les Saras, ne permettent pas aux véhicules de passer dans un sens comme dans l’autre. Heureusement qu’à 100m de la grande voie, il y a une petite auberge où on peut se reposer, dormir en plein cœur de Mayombe, et respirer à pleins poumons comme au bord de la mer.

A quelques kilomètres de là seulement, il y a un très grand camp des Chinois avec toute la logistique possible : électricité, eau courante, toilettes Route-4.JPGet bien d’autres. Mais, comme tout bon patron colonialiste, les Chinois ne partagent pas ce confort avec leurs travailleurs qui logent dans le camp juste en face, pas trop loin d’un autre pont en construction. Ici, la route est un peu dangereuse avec ces interminables virages, ces boues et ces vieux ponts. Heureusement que les Chinois mettent quelques panneaux pour indiquer les chauffeurs ; des panneaux peu visibles, couchants ou dans la broussaille. Et pourtant si vous ne les suivez pas, vous emprunteriez la vieille voie avec tout ce qui peut s’en suivre/ Attention, mpila mosi Keba !!!

Etonnant ! Dans la zone de Mvouti, chez Aimé Parfait Coussoud Mavoungou, l’homme de la mer, quoi né en pleine forêt ici, les Chinois ont encore une grande base-vie. Toutes nos soeurs de Mvouti ne jurent que par ces Chinois qui quittent nuitamment leur camp pour rejoindre le grand quartier et oublier les peines de Route-5.JPGla journée en se faisant masser et cajoler par de belles petites villageoises de la contrée. Elles sont disponibles, toujours prêtes à servir, comme on le disait au bon vieux temps du Mouvement populaire de la révolution (MPR), de l’autre côté du fleuve.

 

Route-6.JPGDe mvouti à Dolisie, le travail chauffe ; il y en a tellement qu’on peut voir les Chinois bosser de nuit. Des engins à pelle narguent les montagnes à l’aide des projecteurs que que les machinistes accrochent sur les engins. Même les chauffeurs de benne ne se reposent pas, dans la nuit, ils faufillent à travers des sentiers encore herbeux pour transporter la terre dégagée de grandes montagnes. Dans quelques jours, tout ceci ne sera plus qu’une belle route, assure un ouvrier congolais, chargé d’orienter les véhicules qui n’appartiennent pas au chantier de prendre des déviations. Il passara sa nuit là, et ne se fera relever que le matin.

Mais une vingtaine de kilomètres à l’entrée de Dolisie, la route reprend. Elle est belle mais n’est pas encore finie. Elle attend les derniers attouchements. C’est quand arrive à Dolisie qu’on découvre l’une de plus grandes bases vie des Chinois sur cette route. De l’avis de plusieurs commerçants et camionneurs rencontrés le long de la route, dès que tous ces travaux seront terminés, les souffrances aussi prendront fin, et en trois heures, nombreux jurent de rallier Pointe-Noire à Dolisie, alors que pour un fou conducteur de train (comme celui qui a jeté le train à Yanga), il faut au moins six heures de temps.

Les passagers et autres voyageurs ne jurent plus que sur la finition finale de ces travaux pour ne plus prendre le train, tant il s gardent de mauvais souvenirs du chemin de fer. Des nuits entières dans le Mayombe, dans un train sans lumière, attendant un secours incertain d’une locomotive en détresse.

 

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boukaka grâce 24/08/2016 21:19

Je veu être une sirène et être le plus beau des sirènes

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