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C'est devant le juge de la troisième chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Brazzaville que s'ouvre ce jeudi à 8h30 le contre le journal Tam-Tam d'Afrique, poursuivi par un ancien magistrat, le juge Ernest Olessongo, pour "diffamation et injures publiques". Assigné à comparaître à la suite d'une citation directe, le journal, bien entendu, qui avait fait échos d'un rapport publié par deux ONG congolaises sur un conflit foncier à Brazzaville.

 Le président Nganga de la troisième correctionnelle sera supris de voir le directeur de publication de Tam-Tam d'Afrique, Laudes Martial Mbon, traîné devant son tribunal pour avoir "diffamé" et "injurié publiquement", son ancien collègue, le président Olessengo, ancien président du tribunal d'instance de Mfilou, mais défenestré de la magistrature congolaise depuis juin 2009.

 Dans l'article incriminé, qui en fait n'est pas publié par M. Mbon, mais dont juste la responsabilité éditoriale est engagée, l'auteur fait échos d'un rapport publié par deux ONG congolaises. Il s'agit du CUDHOC de Gaspard Mienantima et du CNPDH de Edmond Nazaire Matongo. Ces deux organisations des droits de l'Homme fustigiaient dans leur document "la corruption" dont a emaillé le dossier de la veuve Tiga, en conflit avec dame Dimou.

 A l'époque, le président Olessongo dirigeait le tribunal de Mfilou. Et l'avocat de Mme Atiga Me Hombessa estimait que le procès n'a jamais été publique, et cela avait défavorisé la veuve Atiga. Et pour dénoncer ce jugement, ces ONG avaient entrepris de publier une sorte de plaidoirie pour faire entendre raison à la justice qu'elles qualifient de "corrompue". Le rapport avait directement été adressé au ministre de la justice auquel les militants des droits de l'Homme demandaient une intervention.

 Les deux ONG ont protesté contre cette traque du journal Tam-Tam d'Afrique et ont publié une déclaration pour dénoncer une "entrave à la liberté de la presse".

 De même, d'autres ONG des droits de l'Homme ont entrepris de mener d'autres actions pour protester contre cette citation directe. L'OCDH et un groupe d'ONG ont décidé de publier une note de position pour expliquer que ceux qui se sont lesés par le travail de la presse devraient commencer par dialoguer avec les journalistes ou leurs représentants afin de trouver une solution à l'amiable, notamment le droit de réponse.

 SEVERIN NEWS, solidaire à ce journal, créé il y a onze ans et qui arrive pour la première fois devant un tribunal, suivra pour ses lecteurs tout le procès.

 

 

Tag(s) : #Droits Humains
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