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images_jean_francois_ndenguet_01_125177033.jpgLe Général Jean François Ndenguet a rendu visite aux réfugiés demandeurs d'asile de la République démocratique du Congo (RDC) à Brazzaville, pourchassés et battus devant les bureaux du HCR le 10 mai. Selon les témoignages des réfugiés, l'officier général congolais a assuré qu'ils ne seraient pas inquiétés, car leur siruation ne concerne pas les autres "sans-papiers" de la RDC, dans le viseur de la police depuis le déclenchement le 3 avril de l'opération "Mbata ya bakolo". 

Pour le Général Ndenguet, aucun réfugié ne sera plus bousculé, embêté pendant cette période trouble de refoulements des ressortissants de la RDC. Comme l'ont sauvagement été le week-end dernier. "Alors qu'on s'apprêtait à fuir dès qu'on nous a dit que Ndenguet venait avec ses hommes, c'est plutôt une parole d'assurance qu'il est venue nous donner. Nous le remercions de comprendre que nous ne sommes pas venus chercher la nourriture ici, nous sommes des réfugiés politiques", nous a témoigné une mère de famille. Elle a répété les paroles du Général Ndenguet en ces termes : "Même si vos papiers sont expirés, nous ne partirez pas, on ne va pas vous expulser, car votre situation mérite une protection".

La visite que le Général Ndenguet, en avant de l'opération Mbata ya Bakolo, a conforté certains coeurs meutris par la trahison du HCR, leur agence protectrice. Cette visite rendue aux infortunés du 10 mai, était plutôt celle que le HCR devrait rendre à ces réfugiés. Mais, enfermés dans leur tour d'ivoire, le représentant du HCR qui a fait bastonner ces personnes sous son mandat, et ses collaborateurs, n'ont pris aucune initiative pour s'informer de la situation de leurs victimes. Ne serait-ce que pour savoir s'ils étaient tous morts, ou bien hors d'état de refaire le sit-in devant les locaux barricadés de l'agence onusienne.

 

Pendant une semaine, en effet, des familles ressortissantes de la RDC, demandeurs d'asile, avaient pris quartier devant les locaux du HCR pour demander que leur situation soit rapidement examinée. Il s'agit des APS, des cartes expirées depuis des mois. En réponse, le représentant du HCR et ses lieutenants leur ont chaudement servi une cinglante battue, agrémentée de gaz lacrymogène et de coups de matraque. Bien sûr, au travers de la police qu'ils avaient fait venir sur les lieux. Pour mettre la poudre aux yeux, pour brouiller les pistes en mettant tout sur la tête des policiers congolais dont déjà la réputation est en mal. Même ceux qui s'étaient engoufrés dans la cour hautement protégée du HCR ont été rattrapés et expulsés...Nombreux ont eu leur dose, et ont quitté les lieux comme des souris!

Heureusement pour ces mal aimés du HCR, la police congolaise est venue recadrer les choses. Même sans excuses pour la dernière estocade. Au moins, les réfugiés ont favorablement accueilli la nouvelle de protection annoncée par Jean François Ndenguet. Seulement, nombreux de ces demandeurs d'asile se sont rendus aux autorités de la RDC qui les recerchent depuis des années, ou bien simplement dont ils ont peur depuis qu'ils ont fuit leur pays.

Quelques heures auparavant, c'est l'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH), une organisation locale des droits de l'Homme qui publiait une déclaration fumante dans laquelle elle dénonçait le mauvais traitement subi par ces demandeurs d'asile. Pour l'OCDH, il est question que le Congo mette en place une commission indépendante pour faire la lumière sur les violences constatées lors des expulsions en cascade des gars de la RDC vers Kinshasa. On estime que cette déclaration aurait produit de l'effet.

Le calme qui a été prôné par les policiers congolais ne résout pas le problème. Le Congo-Brazzaville veut assainir son territoire et ses demandeurs d'asile doivent partir s'installer ailleurs, loin de Kinshasa leur capitale. Le HCR qui gère ce dossier n'informe pas les concernés directs sur les pistes explorées, tout au moins sur l'attitude à observer. Ni assistance ni information, le HCR gère depuis sa tour d'ivoire les dossiers des centaines de familles qui attendent de vraies réponses sur leur situation d'asile.

Tag(s) : #Droits Humains
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