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BrazzaPLUS

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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Le cadavre d'un réfugié de la RDC abandonné à la morgue de Brazzaville

Publié par Arsène SEVERIN sur 20 Février 2011, 16:31pm

Catégories : #Droits Humains

Dieudonné Lubaki Masongo, réfugié de la RDC, est décédé depuis le 1er février à Brazzaville où son cadavre traine toujours à la morgue municipale. Le defunt aurait eu des antécédents avec deux fonctionnaires du Ministère des Affaires étrangères chargés des réfugiés, et n'avait pas souvent sa langue dans la poche. Le HCR dont il avait toujours des propos critiques et sévères n'a pas réagi à l'annonce de son décès, encore moins, à la demande d'assistance adressée par les réfugiés. Punition? Revanche? Haine ou Mépris devant un cadavre ? L'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH) n'a eu qu'un seul mot pour dénoncer cette situation : "C'est inhumain".

La dépouille mortelle d’un demandeur d’asile abandonnée à la morgue de Brazzaville par le HCR depuis le 1er février 2011 Lubaki Masongo, demandeur d’asile de nationalité congolaise

(RDC), né en 1963 à kamembe est décédé le 1er février 2011 au Centre Hospitalier

Universitaire de Brazzaville des suites d’une maladie, abandonné par le HCR.

Jusqu’alors sa dépouille mortelle traine à la morgue de Brazzaville, faute de

moyens financiers pour subvenir aux frais inhérents aux obsèques.

La demande de prise en charge desdites obsèques qui avait été adressée au HCR

par « le Comité Ad hoc des réfugiés et demandeurs d’asile de la RDC et alliés »

le 03 février 2011 est restée sans suite à ce jour.

Ce demandeur d’asile a dû souffrir les humiliations et les mauvais traitements

de la part du HCR et de ses partenaires, notamment Médecins d’Afrique et le

CNAR, selon ses proches. La nutrition, l’accès au logement, aux soins de santé

et à la protection de son intégrité physique et psychologique de cette personne

qui estimait fuir la persécution dans son pays d’origine étaient devenus un

mythe.

Par une décision rendue le 3 juillet 2011, le Comité national d’Assistance aux

réfugiés (CNAR) avait rejeté sa demande. Comme l’autorise la loi, Monsieur

LUBAKI MASONGO avait introduit un recours devant le comité d’éligibilité.

Entre temps, Il ne cessait de dénoncer le système mafieux qui selon ses dires

prévalait au niveau du HCR, notamment, le trafic d’influences, la corruption, le

harcèlement sexuel…. Ainsi, Il se plaignait que son dossier avait été trafiqué

au profit d'un autre demandeur qui est actuellement en Australie, « Ce qui a

fait que ma nationalité et celle de ma femme furent changées comme le témoignent

les APS… ».

Pour illustration, voici son témoignage écrit le 29/09/2010 :

« Je suis réfugié de nationalité congolaise RDC depuis 2002.

Je suis arrivé à Brazzaville courant 2002 où j'ai saisi le CNAR pour l'obtention

du statut de réfugié.

En 2008, le conseiller Jean Claude LESSOBA, vu mon état de personne à mobilité

réduite, m'avait dit ce qui suit : « Il est préférable que ta femme fasse le

suivi de ton dossier. »

 

Au mois de mars 2008, j'avais demandé à ma femme de se rendre au CNAR pour le

retrait de son APS (Attestation provisoire de séjour). Arrivé au CNAR, le

conseiller Jean Claude donna rendez-vous à ma femme par le truchement de

Monsieur ANGASSA, huissier au CNAR, au plateau de 15 ans dans une pâtisserie.

Aux environs de 16 heures, ma femme reçoit un coup de fil de Monsieur ANGASSA

lui demandant de se rendre au lieu dudit rendez-vous et à l'occasion, retirer le

programme de planning de la session prochaine. Arrivée sur le lieu, elle fut

reçue aux gâteaux offerts par Monsieur ANGASSA. Pendant la causerie, ce dernier

lui fait remarquer que le conseiller Jean Claude devrait arriver dans quelques

heures lui faire état de l'avancement du dossier.

 

Consciente de ce que cela était au-delà des services administratifs et donc

extra-administratif, elle quitta le lieu et me fit part de cette rencontre. Le

lendemain, moi et ma femme se rendîmes au CNAR pour le suivi du dossier.

 

Arrivés au CNAR, le conseiller Jean Claude, devant tous les demandeurs d'asile

qui étaient là ce jour, me fit ces propos : « Si tu continues à venir ici avec

ta femme, nous allons bloquer ton dossier et qu'à partir de maintenant c'est ta

femme qui doit suivre ton dossier ».

 

Ne pouvant supporter ces propos accompagnés des injures, il y a eu altercation

entre moi et ce conseiller jusqu'à se porter les mains l'un à l'autre. Face à

cela il déclara que : « Si c'est moi qui suis là comme conseiller tu n'auras

jamais le statut de réfugié ». Les jours passés, arrivés au CNAR, toujours avec

femme, Jean Claude interpelle ma femme dans son bureau, ce qui avait conclu à un

rendez-vous dans un hôtel à Moungali. Au jour du rendez-vous, ma femme avait

répondu présente et le conseiller lui fait comprendre qu'une relation amoureuse

suffisait pour débloquer notre situation au CNAR. Quand j'ai appris la nouvelle,

j'ai renvoyé ma femme à Kinshasa où elle passa six mois. Cependant, suite aux

multiples pardons de sa part en s'appuyant sur les enfants, j'ai été obligé de

la faire venir à nouveau à Brazzaville.

 

Seulement, jusqu'aujourd'hui nous n'avons toujours pas le statut de réfugié.

Aussi, pour votre gouverne, mon dossier a été trafiqué au profit d'un autre

demandeur qui est actuellement en Australie. Ce qui a fait que ma nationalité et

celle de ma femme furent changées (rwandaise) comme le témoignent les

attestations provisoires de séjour.

 

Dieudonné MUBAKI MASONGO ».

 

En abandonnant son corps ainsi à la morgue, le HCR n’est – il pas entrain de se

venger de ces dénonciations légitimes d’un demandeur d’asile ?

Ces affaires qui avaient été portées devant les tribunaux de Brazzaville par

« le Comité Ad hoc des réfugiés et demandeurs d’asile de la RDC et alliés »ont

été classées dans les tiroirs, selon les plaignants.

Même le HCR a refusé de mener une enquête interne et a balayé d’un revers de la

main ces cris d’alarme de leurs protégés.

 

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