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BrazzaPLUS

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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


La voir, la toucher et la...soulever; mais la gagner...haaa!

Publié par Arsène SEVERIN sur 2 Novembre 2009, 11:40am

Catégories : #sports

C'est la seule chose au monde qu'on puisse faire jusqu'alors. Si la Fédération internationale de football associations (FIFA) n'avait pas décidé de faire tourner cette World Cup de football dans certains pays du monde comme le Congo, nous-là, qui nous aurait donné la chance de la ramener chez nous, vu que les "politichiens" ont d'autres "chats à foueter". Admirons-la de loin, sans toucher, faisons les plus belles photos du monde avec elle, et laissons-là partir...

Arrivée à Brazzaville le 31 octobre dernier dans le coup de 15h par l'aéroport international de Maya maya, la coupe du monde, 6,7 Kg en or massif de 11 caras, est accueillie par le président Denis Sassou Nguesso, qui a dû suspendre sa visite à Oyo, sa ville natale, où il allait déposer une gerbe de fleurs sur les nombreuses tombeuses de ses parents.

Ne savait-il pas que la coupe devrait passer par Brazzaville après Kinshasa ? En tout cas, il est vite arrivé au palais du peuple où il a soulevé le trophée en or que nous n'avons jamais gagné, pendant ses 25 ans de règne, ou pendant le règne de Fulbert Youlou (3 ans), de Alphonse Massamba Débat (6 ans), de Marien Ngouabi (8 ans) de Jacques Joachim Yhombi Opango (2 ans) ou celui de Pascal Lissouba (5 ans).
 
La coupe du monde c'est l'affaire des autres. Les Congolais ne suivent l'affaire que dans les médias. Heureusement d'ailleurs que les journalistes travaillent toujours à faire connaître tous les événements, sinon, samedi dernier à Brazzaville, le monde se serait vivement interrogé sur cette étrange coupe qui fait le tour du monde et qui fait revenir à Brazzaville le chef de l'Etat qui se reposait tranquillement au bord de l'Alima, savourant son Ngoki à la Mouambe avec le Mossombo, arrosé d'un bon Tcham-tcham (c'est juste pour rire, mais sinon qui oublie la passion de Marien Ngouabi pour cette boisson et qui n'hésitait pas à se dérober pour aller en chercher précipitemment à Ombele ou à Owando ?).

Les Congolais, malgré leur pétrole coulant qui les rend si riches, ne connaissent pas le goût de cette coupe du monde. Ne dit-on pas que l'argent peut tout ? Même s'il ne peut acheter la mort, il peut au moins acheter une victoire. Pas à la manière de la corruption ou de la concussion. Pas ça! Mais en créant les centres de football, en y injectant assez d'argent afin que nous ayons nos propres joueurs. Car, maintenant, il est difficile que la nature nous dote encore de Paul Sayal Moukila, de Niango, de Jean Jacques Ndomba le Géomètre, de Makita football, de Gabriel Djibril Dengaki, de Nzabana Jado, de Jacques Yvon Ndoulou,... la plupart sortis des savanes et forêts congolaises où ils étaient d'excellents chasseurs, et qui nous ont ramené l'unique distingtion internationale de football de tous les temps au pays, Yaounde 72, la 8e édition de la Coupe d'Afrique des nations (CAN), qu'on a plus jamais remportée.

Par honte ou par gêne, toutes les autorités  se sont engagées comme du jamais vu  à dire que les Congolais seront présents à la CAN 2012, alors qu'elles savent bien que le pays n'a aucune équipe. Même les juniors qui sont formés au centre national de formation de football, semble-t-il placé directement sous la direction du président Sassou Nguessou, broient du noir. L'entraîneur, Eddie Hudanski, impayé depuis trois mois, a dû, par colère, abandonner les petits qui, par la grâce de Dieu et des ancêtres, ont ramené le trophée de la Francophonie, Beyrouth 2009.

Avec tout l'argent qu'ils amassent sans effort, plusieurs responsables de ce pays pouvaient créér autant de centres de formation ou prendre la vie des clubs en mains. Mais, ils passent leur temps à se quereller pour les queues de cérises, à rouler dans des voitures de luxe dans une ville où les routes font defaut, et à accumuler, comme des vrais égoïstes, des richesses.

Maintenant que Sassou Nguesso a pu soulever cette coupe, pas peut-être à l'instar de son ami Jacques Chirac en 1998, dont le pays avait remporté ce trophée, il pourra certainement dès 2010 dégager un vrai budget pour le ministère des sports, appuyer et financer certaines initiatives privées comme le centre de Mfilou, de Ndjiri et de Pointe-Noire, dans l'espoir que le pays va reconstituer une vraie équipe et se lancer à la coupe de cette world cup qu'on a juste vue.

Monsieur le président, si on la gagne cette coupe, vous l'ameneriez tranquillement chez vous, dans votre bureau, vous l'admireriez sans relâche, et patiemment... mais là, vous avez été obligé de la soulever et la remettre très rapidement aux gars de la FIFA. C'est vrai, vous êtes aujourd'hui l'un des rares congolais à avoir touché à ce bijou, mais travaillez à ce qu'elle reste chez nous, dans un musée. C'est possible et vous en avez les moyens...

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