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BrazzaPLUS

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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


L'artiste musicien Jean Serge Essou s'est éteint à Brazzaville!

Publié par Arsène SEVERIN sur 26 Novembre 2009, 09:35am

Catégories : #Culture

« Tongo étani na mokili ya Congo, Congo butu esili e, SiKo oyo tokotala se liboso, to kotala na sima te o,   olakisi na miso ya molongo mobimba que Congo moke ezali Congo monene . Pinlinlin... (saxo)» ! Ces notes de grande composition de Jean Serge Essou, résonnent encore, nous en sommes sûr, dans la mémoire collective des Congolais qui viennent de perdre le 25 novembre un grand talent de la musique, le doyen « Trois S ».

 

C’est mercredi dans l’après-midi que le patron des Bantous de la capitale a tiré sa révérence à l’hôpital central des armées, Pierre Mobengo de Brazzaville, à l’âge de 74 ans, des suites d'une longue maladie, disons-le.

 

C’est à Kinshasa que ce fils de Mossendjo, dans le Niari, va commencer une carrière musicale professionnelle, en créant en début des années 1950 le groupe Roka Mambu. On le distinguera plus nettement en juin 1956 lorsqu’il crée avec François Luambo Makiadi, le groupe Ok-Jazz. Jean Serge est alors désigné le tout premier chef d’orchestre de ce groupe qui n’a cessé de parler de lui entre sa création et la fin des années 1980, à la mort de son patron, le grand maître Franco.

 

Entre temps, « Trois S » et quelques-uns de ses compatriotes à Kinshasa créent en août 1959 le groupe Bantous de la capitale, et Jean Serge en sera le leader incontesté jusqu’à sa mort. Les fins observateurs de la musique de deux rives affirment même que ce groupe, Bantou, était déjà né depuis 1957, une année seulement après la création de Ok-Jazz, à cause des démêlées avec Franco.

 

Du retour au pays, Essou et son groupe célèbrent le 15 août 1960, l’indépendance du Congo au stade Félix Eboué, avec les chansons comme « Tongo Etani », frédonnée plus haut dans ce texte.

 

Talentueux et entreprenant, Jean Serge tente une aventure en France où il crée en 1969 avec Joseph Kabasele, Grand Kallé, le groupe Africa Team, avec le soutien d’un jeune camerounais, Manu Dibango. Jean Serge apprendra d’ailleurs à ce dernier à joueur au saxon, dont il est devenu plus tard le maître incontesté en Afrique.

 

De là, le jeune Essou file aux Antilles, où la musique négro-africaine faisait rage. Essou a plusieurs fois, dans les pays comme la Martinique, la Guadeloupe, les Caraïbes, fait monter le drapeau national avant de jouer. Il était connu de tous comme le plus grand saxophoniste de tous les temps au Congo.

 

C’est d’ailleurs à cause de son séjour très prolongé aux Antilles que Grand Kallé chantera : « Essou Jean Serge, akomi na Trois S, nazali na Nino na Beya, Edo, Celio na Pambou batindeli yo mboté... Essou muana ya mama Adèle, yo passeport epona Antilles, ba bantu bakozela yo ooo. Okoya nde mokolo nini ? ba Bantou ba lati mokuya... » !

 

Et lui, depuis là-bas, répond à Grand Kallé : « Aya yo, ayo,… » !

 

Mais, il revient quand même au pays pour continuer avec les Bantous, où il trouvera tout le monde au complet, et même le groupe renforcé avec l’arrivée de Kosmos Mountari et de Palemo Mun’ka. Dans les années 80, se servant de son saxo, il chante, « Philosophie, pholosophie, c’est ça mon vieux, pholosophie pholosophie c’est la vie » !

 

Intarissable, malgré l’âge et les fonctions politiques, car le président Pascal Lissouba (1992-1997) fera de lui son conseiller à la Culture, après l’avoir cité le 31 août 1992 à sa prestation de serment, « comme disait le poète, Congo moke, ezali Congo monene », Jean Serge compose Mbote. « Yo lobaki, nabimisaka yote o,  yolobaki e nasepilisaka yote o, yo lobaki e nabimisa basusu… mbote ya pamba eluki makamboee Ouamba », chantait-il encore sous le son de son éternel saxo.

 

On l’a vu au début des années 1990, après la Conférence nationale, créer les Bantous Monuments, une expérience qui n’aurait pas réussi, malgré l’apport des jeunes comme Jadi Abuka. « Kiriye mamaa, lokoso eboma bato e, lokoso eboma bolingo e, kiriyee mamaa », criait-il comme un jeune Atalaku.

 

Ambassadeur de l’UNESCO pour la paix, l’homme tire sa révérence à 74 ans, après plus d’un demi-siècle de carrière musicale. Adieu Trois S

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