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Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Gisèle Ndaba, pleurant son mari, écrit une lettre fumante au ministre Bowao de la défense !

Publié par Arsène SEVERIN sur 28 Janvier 2011, 14:14pm

Catégories : #Droits Humains

Dénonciation 1Comme on va le voir dans la lettre ci-dessous, Mme Gisèle Ndaba est revenue à charge, sa première requête restée sans suite.Elle vient d'écrire une lettre fumante au ministre de la défense du Congo-Brazzaville, qui serait la personne la mieux placée dans la "détention illégale" et éternelle de son mari, le major Germain Ndaba. Sans trop de commentaires, voici la lettre et l'accusé de réception des autorités congolaises qui ont bien reçu la fameuse lettre :

 

 

Madame NDABAMENYA Gisèle Brazzaville, le 17 janvier 2011.

70, Rue MAYAMA

Téléphone : (+242) 7454281

Commune de Moungalie

Congo _ Brazzaville

 

A Son Excellence Monsieur le Ministre

de la Défense Nationale de la République du Congo

A Brazzaville – République du Congo

 

Objet : Dénonciation de crimes contre l’humanité en cours de commission à la

DCRM - Brazzaville bientôt 7 ans.

 

Excellence Monsieur le Ministre,

 

J’ai l’honneur de venir très respectueusement auprès de votre haute personnalité vous rappeler une fois de plus, sur la détention assez prolongée de mon époux dans la cellule de la Direction Centrale de Renseignements Militaires (DCRM) près de 7 ans durant, alors qu’aucune procédure d’enquête préliminaire n’a été mise sur pied de nature à lui rendre tout au moins conscient des griefs qui lui sont reprochés à l’appui de cette détention cellulaire qui s’accomplit au mépris des règles du code de procédure pénale congolaise en matière de détention préventive en ses articles 107, 108 et 119. Et cela contredit également l’article 9 de la constitution de la République du Congo.

 

En effet, le cas concerne en plus un réfugié en instance d’asile sur le territoire de la République du Congo depuis le 11 novembre 2000, il vit avec toute sa famille à Brazzaville sous la protection du gouvernement congolais et du mandat du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés. Il s’agit donc du nommé NDABAMENYA ETIKILIME Germain ex Major Magistrat et demandeur d’asile de la RD Congo. En date du 29 mars 2004 à 17 heures 40’, au cours de son établissement à Brazzaville, a fait l’objet d’une arrestation arbitraire de la part de six officiers de la Garde et Sécurité Présidentielles qui agissaient sous les ordres du Colonel IBARA non autrement identifié, oeuvrant à la Direction de la Documentation de la Garde et Sécurité Présidentielles aux fonctions du Directeur des Opérations ont procédé à son arrestation sans mandat de justice ni un titre quelconque valant un ordre d’arrestation, mais en usant de violences et de brutalités. Evacué en manu militari l’infortuné à bord d’un véhicule 4x4 de couleur blanche, double cabine, sans plaque d’immatriculation et de marque TOYOTA vers le lieu où se trouve établi le siège de la Direction de la Documentation dans le quartier PLATEAUX – Ville non loin du Palais du Peuple et en face de l’arrêt de Bus communément appelé ex Trésor, dans un bâtiment à deux niveaux où ils avaient conduit mon mari au 2ème étage et placé en garde à vue dans un local retranché au fond du couloir et donnant vers les installations sanitaires. Il est resté dans ce lieu de 18 heures à minuit sans être pour le moins entendu sur un procès-verbal en présence des motifs de son arrestation, et enfin de compte le Colonel OMBERE, alors le Directeur de la Documentation a ordonné au Commandant ONDONGO Jean Ruffin de la Sécurité Militaire en disant en ses termes ci-après : Sur ordre de l’Amiral MOKO Hilaire, Directeur Général de la Garde et Sécurité Présidentielles, Actuel Ambassadeur de la République du Congo auprès de la République de France, faites descendre le prévenu en cellule dans les locaux de la Direction Centrale de Renseignements Militaires (DCRM) jusqu’à nouvel ordre. Voilà que depuis cette date du 29 mars 2004 à ce jour ici, mon mari ne fait que croupir dans ce lieu de détention cellulaire et sans bénéficier d’aucune procédure d’enquête de la compétence d’un Officier de Police Judiciaire, moins encore d’un magistrat. Il en est de même pour sa santé précaire, l’infortuné ne perçoit plus de soins médicaux depuis décembre 2008, cependant qu’il est souffrant de plusieurs maladies devenues assez chroniques, notamment de rhumatismes, gouttes, reins, calculs rénaux, infections urinaires et tension artérielle.

 

Cette attitude de silence laisse en effet, soupçonner l’existence d’un ordre d’arrestation qui serait provenu du pays d’origine à partir de Kinshasa – République Démocratique du Congo destiné à faire arrêter mon mari à partir de son lieu d’asile à Brazzaville dans le cadre d’un règlement de comptes. Mais cela s’appliquerait aussi par voie des accords de sécurité qui a toujours existé entre notre pays d’origine, la RD Congo, et notre pays d’asile, la République du Congo, mais renforcés d’avantage par les accords de 2003. Ces accords visent politiquement à traquer gravement l’exil paisible des personnes persécutées par le fait de la sommité de deux pouvoirs du Congo Kinshasa et Congo Brazzaville. Il sied de noter qu’à l’arrivée clandestine de mon mari à Brazzaville, il fut protégé et logé par l’UNHCR - Brazzaville à la Cathédrale Catholique en attendant sa situation s’éclaircir selon l’esprit de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut de Réfugiés, et dans le cas d’espèce : Notre situation, dossier de demande de statut portant n°00711 constitué à l’office du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés à Brazzaville. Ces agissements affichés par la mise en œuvre de ces accords criminels sont contraires à la coutume internationale, et ont déjà causé des graves préjudices aux nombreux réfugiés et demandeurs d’asile congolais (RD Congo) extradées de Brazzaville vers le pays d’origine à Kinshasa – RD Congo.

 

Enfin, comme la loi ne peut défendre ce qu’elle permet, je ne vois pas la faute dont on tend reprocher à mon mari au cours de son existence au Congo Brazzaville près de 4 ans avant son arrestation arbitraire et détention illégale. Car ces agissements n’ont pas compromis les lois et règlements de la République du Congo, à moins de le prouver au moyen d’un jugement le condamnant ; En ce que je sache d’après toutes les idées du droit, c’est son ancien Chef militaire qui le poursuit à mort bien qu’il est devenu au sommet de l’Etat en RD Congo, mais il tient toujours à lui faire voir ce qu’il est capable. Néanmoins, il doit savoir que la République du Congo est un Etat souverain et indépendant parce qu’à sa tête, il y a un homme d’Etat fortement sage et expérimenté. Bref, notre Chef de l’Etat du pays d’origine doit cesser de considérer la République du Congo comme si elle était une Commune relevant du territoire de la RD Congo. Parce qu’en droit, il existe une maxime qui dispose : Nul n’est censé ignorer la loi, et fin de citation.

 

En conclusion, je sollicite la libération de mon mari en lui remettant aux mains de la Communauté Internationale par le biais du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés.

 

Dans l’espoir que la présente retiendra votre parfaite attention, je vous prie d’agréer, Excellence Monsieur le Ministre, à l’expression de mes sentiments respectueux et de fortes persécutions politiques.

 

Madame NDABAMENYA Gisèle

 

 

Copie pour info à :

 

- Son Excellence Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies à New York ;

- Son Excellence Madame le Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme à Genève ;

- Son Excellence Monsieur le Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés à Genève ;

- Son Excellence Monsieur le Président du Conseil Européen à Bruxelles ;

- Son Excellence Monsieur le Secrétaire Général de la Francophonie à Paris ;

- Son Excellence Monsieur le Président du Conseil de l’Union Africaine à Addis Abeba ;

- Monsieur le 1ère Président de la Cour Européenne des Droits de l’Homme à Strasbourg ;

- Monsieur le Secrétaire Général de l’Amnistie Internationale à Londres ;

- Monsieur le Président de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme à Paris ;

- Monsieur le Président de la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme à New York ;

- L’Honorable 1ère Président de l’Assemblée Nationale à Brazzaville ;

- L’Honorable 1ère Président du Sénat à Brazzaville ;

- Son Excellence Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères et de la Francophonie à Brazzaville ;

- Son Excellence Monsieur le Représentant du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés à Brazzaville, République du Congo ;

- Son Excellence Monsieur le Chef de la Délégation de l’Union Européenne à Brazzaville ;

- Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur et Chef de la Mission Diplomatique des Etats-Unis d’Amérique à Brazzaville - République du Congo ;

- Monsieur le 1ère Président de la Cour Constitutionnelle de la République du Congo à Brazzaville ;

- Monsieur le 1ère Président de la Cour d’Appel de Brazzaville, République du Congo ;

- Monsieur le Président de l’OCDH pour les Droits de l’Homme à Brazzaville ;

- Monsieur le Président de l’ADHUC pour les Droits de l’Homme à Brazzaville ;

- Monsieur le Président de la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme à Kinshasa – République Démocratique du Congo ;

- Tous ceux qui sont épris de paix et de justice ou à tous ceux qui défendent les Droits de l’Homme au travers le monde.

 

 

 

 

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