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BrazzaPLUS

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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Gérard, un amputé des violences de Dongo en RDC, témoigne

Publié par Arsène SEVERIN sur 19 Novembre 2009, 18:23pm

Catégories : #International

L’homme que voici, Gérard Amenga Pingisi, est un douanier de 43 ans en poste à Dongo dans la province de l’Equateur au nord ouest de la République démocratique du Congo (RDC). Il avait encore, il y a trois semaines , son bras droit, qui lui vient d’être amputé à cause d’une blessure profonde par balle, déjà très infectée lorsqu’il arrive comme réfugié à l’hôpital « Le Pionnier » de Impfondo dans la Likouala, à l’extrême nord du Congo-Brazzaville. Il fait, à SEVERIN NEWS, un témoignage exclusif de son calvaire à Dongo :

"Ça a commencé comme de la blague lorsque nous entendions les gens dire qu’il y a un féticheur au nom de Odjani qui fait de grands miracles. On dit aussi qu’il est invincible à l’arme et au couteau. Cette histoire coïncide ce jour-là avec le changement des équipes de policiers à Dongo. La nuit, ça a tiré à mort. Personne ne savait ce qui se passait.

Le matin, on nous a dit que 50 policiers, et beaucoup d’autres civils avaient été tués par les gens de Odjani. Nous avons vérifié que c’était vrai, et donc il fallait fuir car, cet homme cherchait les militaires et les fonctionnaires de l’Etat. Nous étions donc la cible de ce génocide. Dès que les hommes de ce féticheur vous attrape, une seule question : vous êtes de quelle ethnie ? Dès que vous dites que vous êtes Ngbanda, bobas ou Munzaya, ils vous abattent sur le champ. Donc, il y avait plein de cadavres dans la ville.

Dans ma fuite, avec mon enfant (qui est arrivé sain et sauf avec lui à Impfondo), je les croise. Sans même me poser la question, l’un d’eux m’avait déjà reconnu comme douanier et me lance la machette. Je réussis à éviter.

Mais un deuxième arrive, me pointe l’arme. Je lève les mains, mais il tire et m’atteint au bras. Blessé, je m’échappe, jusqu’à me jeter dans l’eau. Il continuait à tirer dans la rivière pour m’achever. J’y suis resté pendant plus d’une heure. Et des gens qui fuyaient me retrouvent là, me forcent à partir dans la pirogue avec eux.

J’arrive à Impfondo au Congo, le médecin me dit que la seule solution, c’est de couper le bras. J’ai pleuré, mais Dieu seul sait. Je le glorifie, car je serai peut-être mort depuis bien longtemps,je ne serais même pas arrivé ici. Mais  pour ceux-là qui continuent à faire le génocide à Dongo, que le gouvernement règle ça, nous avons trop subi ».

Ce témoignage poignant d’un rescapé de violences inter- ethniques à Dongo, est partagé par beaucoup d’autres personnes, blessées par balle. Sur cette photo, on peut voir ces deux jeunes gens qui souffrent des blessures atroces des suites des balles. Là où le reporter de SEVERIN NEWS a hésité de faire la photo, c’est Ruth, cette jeune fille de 11 ans qui s’est vu amputer le pied gauche. C’est

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