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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Floribert Chebeya tué par des Angolais ?

Publié par Arsène SEVERIN sur 14 Juin 2010, 10:54am

Catégories : #Droits Humains

FloribertLa thèse est de plus en plus plausible dans certains milieux sérieux des défenseurs des droits de l'Homme et de la police à Kinshasa en RDC. Floribert était jusqu'à sa mort, président d'une plate-forme des ONG qui travaillaient pour le respect des droits de l'Homme dans la province angolaise du Cabinda. Récemment, sept ressortissants de cette partie de l'Angola, aux visées indépendantistes, ont été arrêtés, accusés par les autorités angolaises d'avoir attaqué le convoi sportif de l'équipe nationale du Togo qui se rendait à la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) en janvier dernier.

Il s'agit en fait des activités de ce Grand Monsieur des droits de l'Homme dans le cadre de cette plate-forme, Bassin Congo-Océan dont les travaux ont dernièrement eu lieu à Brazzaville, à, l'école des chemins de fer. Floribert lui-même avait dirigé les travaux et la participation des ONG angolaises était appréciable.


Avant qu'il ne soit attiré dans ce traquénard qui lui a sauvagement coûté la mort, Floribert Chebeya avait tenu à Kinshasa une conférence de presse au cours de laquelle il envisageait ameutté les défenseurs des droits humains de Brazzaville et de Kinshasa pour obtenir à tout prix la libération de ces  sept gars arrêtés en Angola. D'ailleurs, depuis que Floribert Chebeya a été retrouvé sans vie dans sa voiture, les activistes des droits de l'Homme du Cabinda, inconsolables, tiennent à assister aux obsèques de ce pionnier des droits de l'Homme en RDC, ex-Zaïrre.


Pour quel intérêt alors les Angolais auraient-ils liquidé Floribert ? Pour l'heure, SEVERIN NEWS ne saurait le dire. Mais c'est une piste crédible que les enquêteurs ne sauraient négliger. Les activités de ce côté-là auraient plus fait mal que les dénonciations de tous les jours sur les violations massives des droits de l'Homme dans son pays natal. Floribert et certains combattants des droits de l'Homme ont donc mis le doigt là où les autorités s'attendaient le moins, et cela a fait très mal!


La piste de la police nationale paraît-elle donc une simple nébuleuse ? Pas vraiment, mais elle devrait déboucher sur la grande voie : Bassin Congo-Océan. Ce n'est pas "blanc bonnet- Bonnet blanc", mais, en quelque sorte.


Sinon alors comment un grand officier du rang de John Numbi, grand mobutiste connu, puisse signer, sans se dissimuler, le crime Chebeya? C'est trop gratuit, si réellement autour de cette affaire il n'y a pas eu de contrainte. Forcément, soit le gars a été piégé, soit, on en voulait à sa tête. Mais aller de sa propre initiative, c'est trop amateur de procéder ainsi, car on sait tous que dans nos pays, quand un journaliste, un militant des droits de l'homme ou un syndicaliste est convoqué chez une autorité (même pour aller boire et manger), il prend toujours le soin de passer quelques coups de fil chez des amis (au pays, et même à l'étranger). Les flics savent bien que leurs proies se barbotent souvent de ces précautions. Il est alors étonnant de voir ce shérif de la RDC se livrer à visage découvert à un tel exercice!


Et si on parlait de ces Angolais? Auraient-ils opéré avec ou sans la complicité des policiers de la RDC ? En tout cas les hypothèses sont diverses. Si les gars avaient suffisamment des pétrodollars, c'est possible qu'ils aient enrôlé facilement les policiers, comme les politiciens de l'opposition sont vite enrôlés par ceux de la majorité dans ce pays grand comme un continent et où la pauvreté est endémique. Parfois, même les plus respectables succombent devant les billets verts de One.


Alors, les gars auraient eu, comme dans un film de fiction, la voie libre à organiser un interrogatoire avec Floribert dans un bâtiment officiel. Et certainement cet interrogatoire aurait mal tourné, Floribert répondant peut-être à un cancre qui n ' a pas pu supporter la vérité. Un coup de poing ou de matraque sur ces défenseurs de droits de l'Homme est souvent synonyme de tout un "génocide rwandais", capable de mobiliser le monde entier : il fallait donc en finir, et endosser l'affaire sur une tête d'affiche.


C'est apparemment ce qui s'est passé. Mais, seule une enquête indépendante et sérieuse pourrait nous en dire autant. Et peut-être parfois ce n'est même pas ça : les journalistes ont un tel flair, qu'ils peuvent pousser l'irréel à exister!!!

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