Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Photo-enseignants-CRPE.jpg"Les enseignants sont très mobilisés et motivés; les avis de grève ont été diffusés sur toute l'étendue du territoire national. Nous sommes en contact permanent avec notre base qui est prête à débrayer", a indiqué M. Boumba, visiblement très motivé lui aussi.

 "La grève est une décision de l'Assemblée générale, et non d'un petit bureau de la CRPE que nous sommes. Cela veut dire que nous sommes tous déterminés à tenir cette grève", a dit Daniel Ngami, membre du bureau de la CRPE.

 Les enseignants estiment qu'ils avaient été pendant longtemps roulés dans la farine par le gouvernement qui n'honorent pas ses engagements. "Depuis 2002, aucune CAPA mise en place par le gouvernement n'a réussi à publier un seul texte concernant les enseignants. Depuis la mise en place du guichet unique le 26 mars 2010, 850 projets de décrets ont été envoyés à la Direction générale du bugdet où ils n'en sont jamais sortis, alors que 1200 autres dossiers sont en souffrance à la Fonction publique. Cela veut dire que les enseignants seront absents au rendez-vous du chef de l'Etat dès janvier 2011", a tristement conclu Hubert Joseph Kokolo, un autre responsable de la CRPE.

 Réagissant fermement à l'avis de grève du 4 décembre, le ministre en charge de la Fonction publique, Guy Brice Parfait Kolelas, avait dit que les enseignants n'avaient aucune raison de faire la grève car leur situation était en cours de traitement, et vu que le traitement se faisait manuellement, ils devraient se montrer patients. "Ce n'est qu'un simple coup de gueule, et nous savons que tout traîne et tout lambine. Qu'on nous montre un seul texte publié par ce fameux guichet unique qui concerne les enseignants. C'est lui le ministre le responsable du guichet unique, qui devrait suivre tout ce circuit, et tout est au point zéro, sinon alors qu'il nous brandisse le résultat de son travail", a martelé M. Kokolo, arguant encore que "le guichet unique a accouché d'une souris".

 Décidée au cours d'une assemblée générale des enseignants tenue le 4 décembre 2010, cette grève est motivée par la non satisfaction des revendications que soulèvent ces dernières années les professionnels de l'enseignement. "Nous sommes 25.000 enseignants, et à ,peine 1000 ont pu déposer leurs dossiers pour bénéficier des mesures annoncées par le Chef de l'Etat. La raison c'est que tout le reste n'a jamais eu de textes pendant leur carrière", a expliqué M. Boumba.

 D'autres part, il y a des enseignants actifs dits "ex-appelés et volontaires de l'enseignement" recrutés dans les années 90 et dont la situation n'a pas changé.Le gouvernement envisageant changer leur statut, propose en contre-partie de retirer de leurs nouveaux salaires les bourses qu'ils ont pu percevoir pendant qu'ils n'avaient pas encore été intégrés comme agents de l'Etat. Donc, ils auraient travaillé pour rien. "C'est frauduleux tout cela, car la bourse est une aide allouée à ces enseignants pour qu'ils tiennent les écoles sans enseignants. En plus, s'ils remettent cet argent, où ira-t-il ? En tout cas il n'y a aucune trace au trésor public, car cet argent finit bien dans les poches des agents du ministère des Finances", a souligné M. Ngami, membre du bureau exécutif de la CRPE.

 En 2010, le budget avait prévu le recrutement de 1650 enseignants dont 1.000 à l'enseignement primaire et secondaire, 300 à l'enseignement technique et 350 à l'éducation physique et sportive. Mais d'après la CRPE, ce quota n'a pas été respecté, et ces enseignants attendent toujours jusqu'aujourd'hui leurs textes d'intégration à la Fonction publique. "Les enseignants sont frustrés, car toutes les promesses faites par le gouvernement ne sont aucunement tenues", a expliqué M. Boumba.

 Il a ajouté d'un air mélancolique : "Nous avons cru en leur bonne foi, car ce sont les autorités. Aucun texte n'est publié, ce malgré les 30 jours que leur avait donné comme préavis".

 A la rentrée des classes en octobre dernier, la CRPE avait programmé une grève générale le 18 octobre, mais qui s'est étouffée dans l'œuf, car le gouvernement appelait aux négociations le 13 octobre. Signant un communiqué qui les garantissait tout ce qu'ils avaient exigé, les enseignants s'étaient en fait beurrer car aucun engagement n'a été tenu. Depuis là, l'idée d'une grève générale couvait en milieu enseignant. récemment, ces enseignants ont pu entretenir leur base dans les départements, question certainement de les préparer à organiser cette grève.

"Le meilleur traitement de la grave maladie des enseignants c'est la grève, et le gouvernement le sait", a conclu M. Boumba.

Tag(s) : #Societé- Développement
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :