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casse-t.jpgL'histoire a repris à Brazzaville, tout de même, jeudi dans l'avant-midi, aux abords du marché Total, l'un des plus grands de la capitale congolaise, où de nombreux jeunes débrouillards étalent des articles scolaires. C'est une équipe de la police avec des éléments habillés en blousons bleus foncés qui se sont attaqués, sur ordre direct de leur chef, en civil, à piller les cahiers et autres outils de l'écolier qu'ils jetaient dans les deux Toyota (une BJ et une Hilux) qui les transportaient, et à renverser les autres marchandises étalées près des rues. Sur cette photo d'archives, réalisée par SEVERIN NEWS en début de cette année, au marché Total, on voit comment ça casse et ça passe!

C'est certainement le déguerpissement des populations de l'espace public, une opération menée à Brazzaville et à Pointe-Noire, il y a près d'un an, qui a repris, ou qui se poursuit à petits pas! On serait tenté de dire que la police s'est remise le sucre dans la bouche, si on ne cite pas l'une de délibération du Conseil municipal de Brazzaville de septembre dernier, appelant à la reprise de cette opération, et au soutien musclé de la force publique.

Mains sur la tête, plaintes et injures... les commerçants visités ont eu de tout et de rien comme mots et attitudes pour protester contre l'opération. Mais pourtant, le chien aboie, la caravane passe.

Etrange, tout de même! Que fait notre police avec ces tas de cahiers et livres arrachés sur les tables de vendeurs ? Les prisonniers en ont-ils besoin, ou les policiers eux-mêmes pour leur école de Moukondo ? Qui sait ? Peut-être qyue dans les commissariats de quartiers et d'arrondissements on en a besoin. Ce qu'on sait, c'est qu'on a vu tous ces lots de cahiers, livres et sacs partir dans les pick-up. Après tout, les policiers aussi ont des enfants qui vont à l'école, non ?

Au marché de Ouenzé, les plaintes sont les mêmes. Les soldats, qu'on qualifie là-bas de "sans éthique" ont ratissé large. Ils ont tout pris, tout ravagé.

Attaqué jeudi par les populations (ou les chefs de quartiers) de Ouenzé et de Talangaï qui dénonçaient ces agissements, le préfet de Brazzaville, le Général Bénoît Moundele-Ngollo n'est pas allé par quatre chemins pour déplorer, lui aussi, ce qui nous arrive : "Qu'est-ce qui vous étonne ? La gendarmerie, la police ou l'armée ne transforment pas nos enfants en de bons citoyens. Ils (les gosses) sont mauvais depuis la maison de leurs parents, et ils sont pires à la police, parce qu'ils sont maintenant porteurs d'armes".

Fixant droit dans les yeux ces responsables de quartiers, le préfet de Brazzaville a rappelé : "Chaque fois que vous avez appelé votre frère, oncle ou parent d'aller dans l'armée, la police et la gendarmerie, un enfant insupportable à la maison, c'est un bandit, un fumeur de chanvre qui y reviendra".

Et voilà donc notre police qui, lors d'une simple opération d'interpellation ou d'arrestation d'un citoyen chez lui, en profite de tout prendre : argent, appareils téléphoniques et électroménagers.

A Talangaï, les chefs de quartier ont dit leur ral-le-bol au préfet Moundele-Ngollo, de savoir que, lorsqu'un policier a un diffrend avec un habitant de quartier, sans outre mesure, il fait venir toute BJ des éléments de la police pour agresser le paisible citoyen. Et le Général de répondre en lingala, une de langues bien parlées à Brazzaville: " tout a changé, à l'époque quand vous avez vu un policier ou un militaire, vous êtes sauvé, mais aujourd'hui, ils nous inquiètent tous"!

Tag(s) : #Societé- Développement
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