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Notre fête du 15 août, il n'y a pas de doute, nous l'aurons. Il n'y a qu'à voir le nombre de commissions mises en place pour que "Lenza" et "Lenua" soient réellement au rendez-vous. Mais, cinquante ans après, qu'est-il devenu, notre Moyen Congo ? Il faut révéiller les morts pourqu'ils nous disent ce qu'il en'est, car nombreux pensent que c'est de mieux en mieux aujourd'hui que hier !

A l'indépendance, il y a cinquante ans, le nouveau Etat du Congo était à la quête des travailleurs. il y avait de l'emploi pour tous, diplômés ou pas. Chacun avait au moins où passer son temps et gagner dignement sa vie, et entretenir sa famille avec honneur dans le quartier ou dans le village.

Même au Congo socio de Massamba, les choses ont été meilleures, avec cette affaire des entreprises ouvertes en cascade dans le pays. Personne ne regrettait le départ du Blanc, le Noko, qui nous a traités comme du bétail soigné (il nous battait, nous assujettissait aux durs travaux, mais nous nourrissait, nous soignait, nous adorait et nous amenait, à son rythme, à la modernité), car tout marchait bien. Et quand le Congo populaire est arrivé, les Congolais n'avaient pas encore faim
.

C'est quand on a commencé à nous dire, comme à l'Eglise, "vivre durement aujourd'hu", le fameux VDA, pour être mieux demain, alors que le gars lui-même s'empiffrait de viande (pour ne pas chanter avec Franklyn Boukaka : Tala Munua Udia Ngombe) et de délicieuses sauces, que le malheur commence à tomber sur nos parents, mais surtout sur nous, les enfants les enfants de cette époque, aujourd'hui grands. La famine a rampé dans nos maisons, l'injustice s'est installée, et en chacun de nous on a découvert ce qu'il y avait de plus fort : le tribalisme et le régionalisme.

Et quand est arrivé le fameux Mouvement du 5 février en 1979, nous étions déjà en plein dedans, pour ne pas dire que le chef de file de ce mouvement était à l'oeuvre depuis bien lontemps, malgré son jeune âge (36 ans). Et la souffrance s'attaqua de plus bel à nous, malgré les plans de développement fabriqués avec les escrocs de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) qui se sont bien régalés de nos richesses. Et puis quoi encore ? Nous avons accumulé les dettes les plus lourdes de notre histoire, car même la colonisation ne nous en payerait pas autant s'il était résolu qu'il y ait une compensation financière. Et alors ?

Cinquante ans après, nous sommes bien vivants, mais morts de pauvreté et pourris de honte vis-à-vis des autres pauvres peuples d'Afrique (les vrais) qui nous font la leçon tous les jours que le soleil s'élève. "Si nous étions riches comme vous, nous serions très loin", nous chantent-ils à l'oreille. Mais, pourtant, ils ne connaissent pas la réalité de chez nous. Ils pensent que nous mangeons tous l'argent comme l'arachide. Erreur !

Les minorités les plus puissantes se sont accaparées de tous les résultats positifs des efforts collectifs, de toutes les richesses nationales, et se moquent bien des démunis, à tel point que "Moto ya passi", "Pauvre" ou "Malheureux" sont inscrists dans nos carnets d'injures. Tout le monde veut être riche comme un tel, ou comme une telle : les noms sont connus. Il n'y a qu'à écouter à longueur de journée les chansons de musiciens affamés et à court d'inspiration pour savoir lesquels et pourquoi chantent-ils.

C'est ça les cinquante ans de l'indépendance ! Et nous en sommes fiers
. "Congo Zoba", avait dit un commerçant d'un pays d'Afrique de l'Ouest (que nous connaissons tous, enfin, nous les vrais Congolais!).

Et pour montrer dans quoi nous nous sommes fourrés, voilà qu'à cinq mois de la célébration de cette fête d'indépendance, les travaux d'embelissement de la ville capitale ne sont pas même pas à leurs débuts. Il n'y a pas d'argent, "attention au PPTE, il faut faire gaffe, sinon c'est le retour à la case départ", entend-on dire de plus en plus. Et Brazzaville doit rester à son état actuel de cimetière ? Il faut trouver une solution, mais bien vite!

La fameuse municipalisation accélérée (compagnie ya sika) qui avait promis ments et merveilles à Brazzaville, voici deux ans que rien ne se fait. A voir les villgeois dans nos départemenets qui jouissaient par la seule présence d'une petite voix butimée, on pensait qu'on allait faire la même politique à Brazzaville. Et où en sommes-nous deux ans après ? Les mêmes nids de poule, les mêmes marres d'eau, les mêmes pointes d'érrosion et les mêmes points de saleté qui pavoisent la ville, qui lui ajoutent la beauté de Bakoko! N'est-ce pas ?

Mais tout de même : Vive les cinquante ans du Congo, vive l'indépendance, Vive nous-mêmes, et vive ce que nous avons fait de ce petit riche Congo !
Nous sommes un pays de slogan et on ne peut s'en empêcher...
Tag(s) : #Politique
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