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BrazzaPLUS

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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Comment le solide Jacques Mouanda Mpassi est-il mort subitement ?

Publié par Arsène SEVERIN sur 7 Décembre 2009, 14:21pm

Catégories : #Politique

Jacques Mouanda Mpassi, ancien ministre des sports et de la Jeunesse, et ancien bouillant  député de l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) est mort samedi dans la nuit lors de son transfert au Centre hospitalier et universiatire (CHU) de Brazzaville, alors qu'il venait d'avoir un malaise. Arrivé au CHU, le médecin a juste constaté que le forgeur du concept "Minage", au lieu de Boukoutage (qui veut dire très petit), est mort d'une AVC.


C’est encore une attaque cardio-vasculaire (AVC) qui a emporté ce brave miliatnt de l’UPADS. Samedi matin, tout le monde, en tout cas ceux qui le pouvaient, ont   vu Jacques en forme et pétant le dynamisme. Jusqu’à 17h, l’illustre disparu a fait son brillant cours à l’Institut supérieur de l’éducaton physique et  des sports (ISEPS), au Centre sportif de Makélékélé à Brazzaville où il enseignait. Même le soir quand il rentre chez lui, il garde le tonus et la forme. On ne pouvait rien réprocher à ce porte-parole de l’UPADS, du côté santé, quoi !


Mais c’est à 20h que les  déboires vont commencer pour l’homme. Il ressent un terrible malaise, suivi automatiquement de vomissements. Ces proches paniquent, et appellent au secours un voisin ( un ancien ministre) qui a  une voiture. Et c’est en ralliant le CHU que Jacques est mort.  Arrivé à l’hôpital, le médecin n’a juste constaté que la tension artérielle était déjà à zéro : Dieu a repris son enfant.


L’homme qui vivait quasiment seul depuis la fin des guerres civiles que le pays a connues, s’était rendu en France pour visiter sa famille (femme et enfants). Il y est resté près de deux mois, alors que la police le recherchait à Brazzaville dans le cadre de l’affaire de la marche des opposants dans la capitale. Il a donc été le seul à ne pas avoir été entendu par les gendarmes, le seul aussi à avoir échappé à la mesure d’interdiction de sortie du territoire national.


En tout cas, cela valait bien la peine, car, si le gars n’était pas parti, quelle image, une dernière image, sa famille aurait gardé de lui ? Les religieux et les dogmatiques ne manquent pas de mots en pareilles circonstances : "Il est allé dire au revoir à sa famille".

 

Mais bien pire, ceux qui pensent que jamais on meurt de sa belle mort en Afrique, parlent d'un empoisonnement. Il était trop fort et trop solide pour partir sans mot dire. "Quelqu'un lui a fait manger des trucs", entend-on dans les rues de Brazzaville. Mais, bon! doit-on les empêcher de penser comme ça ?


La panique et l’incompréhension règnent  encore dans le milieu de l’UPADS, son parti. A la veillée mortuaire à Brazzaville, les cadres et militants de l’UPADS  viennent déverser quelques larmes, en mémoire du camarade Jacques. D’autres, malgré leur présence à la veillée, ne réalisent toujours pas que Jacques est mort, si bien qu’ils l’avaient vu quelques heures avant l’annonce de la fatale nouvelle.


Grand militant de la démocratie, Jacques Mouanda Mpassi a été l’un de ceux qi ont donné de la richesse et de la vigueur à la 11e législature de l’Assemblée nationale entre 2002 et 2007. C’est à lui que les Congolais doivent le thème de « Minage », à la place de » boukoutage » pour dire comment les membres du pouvoir du président Denis Sassou Nguesso dilapident l’argent public. Très critique, en aucune seule fois il a voté le budget national, arguant que celui-ci ne tenait jamais compte des vrais problèmes du peuple.

 

Lors des séances des questions orales et débats avec les gouvernement, tout le monde attendait que Jacques prenne la parole, pour relancer le débat, généralement mourant à l'hémicycle. Depuis la mise en place de la 12e législature issue des votes législatifs de 2007, tous les honnêtes députés reconnaissent et évoquent l'absence de la clique à Mouanda Mpassi, de l'Assemblée, faite de Patrice Kadia (encore député), de Emmanuel Boungouandza, et de Boussou Diangou.  Toute fois que Jacques prenait la parole, le président Jean Pierre Tyster Tchicaya ou son vive-président Oba Apounou, avaient du fil à retordre..."Ha, il était très bouillant, très actif...", reconnaît un téléspectacteur  de la télévision nationale, habitué des grands directs, et qui ajoute à SEVERIN NEWS : "Depuis qu'il a été chassé de l'Assemblée, puisqu'on ne voulait plus de lui là-bas, tous les débtas sont mauches".


En 2007, il n’a pas été réélu, malgré son évidente popularité dans la ville de Nkayi et les résultats réels obtenus par son parti dans cette ville. Tous les recours adressés au gouvernement n’ont rien donné, les autorités ayant accrédité l’élection spectaculaire de Emile Mabondzo, alors ministre du développement industriel.


Battant et combattif, Jacques est élu, une année après, conseiller municipal à Nkayi. Son rêve : être le maire de cette ville, dont il s’est toujours battu pour la construction du complexe sportif (peut-être qu’on le fera maintenant en sa mémoire). Mais, tu parles !


Les élections ont une fois de plus été traficotées et le candidat de l’UPADS ainsi que nombreux d’autres conseillers ont dû quitter la salle de vote pour manifester leur mécontentement. Bien sûr en pareilles circonstances, personne ne vous entend. Il n’a donc pas été élu à la tête du bureau du Conseil municipal.


A l’issue du congrès de l’UPADS en décembre 2006, il est élu Secrétaire national à la communication.

 

En 1997, lorsque le régime du président Pascal (1992-1997) tombe, Jacques Mouanda est interpellé puis arrêté à l'aéroport Antonio Aghostino Neto de Pointe-Noire. D'après certaines langues, Jacques a été roussé de coups, pour avoir appartenu au gouvernement et au parti du président évincé.

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