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Action-police---Pointe-Noire.jpgCette pHcr-logo.JPGhoto? Ho, juste pour illustrer le désordre et la violence de cet après-midi devant le HCR. Gaz lacrymogène, coups de matraques, insultes et coups de pieds. Les policiers n'ont fait l'économie d'aucune manière pour disperser les demandeurs d'asile qui campaient depuis une semaine devant les bureaux du HCR. Le représentant du HCR menaçait de faire venir la police si ces réfugiés ne déguerpissaient pas. Il a mis sa menace à exécution, contre les gens en réalité qu'il devrait avoir en protection.
Femmes et enfants ont bu du de ce gaz. Les yeux rouges et la gorge coincée, c'est à peine que deux femmes, victimes de cette histoire essaient de nous relater la scène. En fin, le scandale. L'opération s'est déroulée entre 14h et 15h. Les policiers, une dizaine dans un véhicule Toyota BJ, ont longtemps traîné avant de passer à l'acte. Et quand ils ont décidé d'agir comme une foudre sur le sol, les demandeurs de la RDC n'ont eu que leurs voix de musiciens pour crier ou leurs beaux yeux pour pleurer. Ces familles, une vingtaine, estime-t-on, réclament simplement protection auprès de l'agence onusienne qui jusqu'à ce jour ne leur accorde pas le statut.
C'est depuis le début de la semaine dernière que ces personnes organisent leur protestation. Sur les trottoirs de part et d'autre de la petite avenue qui conduit aux bureaux du HCR, les femmes, les enfants et les personnes du troisième âge passent la nuit à la belle étoile. Sur des nappes et quelques rares matelas, ils affrontent les chauds soleils de Brazzaville et les incessantes et violentes pluies qui s'abattent sur la ville. Tout cela sous du représentant du HCR qui ne leur adresse aucune parole quand il rentre ou quitte son bureau. Ses collaborateur, notamment la chargée de la protection et un certain colonel Georges, viennent les narguer en disant que le HCR ne les connait pas, leurs documents de réfugiés ont expiré et qu'ils ne sont plus pris en compte dans les données du HCR!
Les infortunés aussi ne désarment pas. Dans le silence, ils continuent à réclamer la reconnaissance de leurs droits par le HCR. Nombreux détiennent de papiers, mais qui ont expiré à ce jour. A l'époque où il fallait les renouveler, le bureau du HCR évoquait un problème de machine en panne. Face aux velléité de l'opération "Mbata ya Bakolo" qui court à Brazzaville depuis plus d'un mois, ces demandeurs d'asile ayant fui la RDC depuis la fin des années 90, reviennent à la charge. En réponse, le HCR menace d'appeler la police. "Qu'elle vienne nous chercher, et si possible nous jeter dans le fleuve", déclare, indignée, une mère de famille qui a déjà coulé six nuits sur le trottoir. 
Entre les véhicules qui fréquent quotidiennement ce petit couloir qui conduit à la cathédrale Sacré coeur de Brazzaville, les enfants de demandeurs d'asile jouent sur le macadam, leur nouveau terrain de jeux. Aux abords, les mamans bricoles une cuisine de misère, fumant toutes les belles villas qui enjolivent le quartier. Les hommes quant à eux, tentent d'aller "chercher" de quoi manger le soir. Un spectacle qui n'eut pas les gens du HCR. Ils se frottent d'ailleurs les mains de voir leurs administrés subir leur réelle politique.
Ces réfugiés réclament des années l'amélioration de leur situation, notamment l'éloignement vers un autre pays. Des démarches menées depuis-là par le HCR n'ont jamais été publiées. Un dossier géré dans le flou total, maintenant ces gens qui ont perdu tout dignité, dans un état d'animalité indescriptible. 
Tag(s) : #Droits Humains
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