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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Un Camerounais, fonctionnaire de la BDEAC, à la maison d'arrêt de Brazzaville

Publié par Arsène SEVERIN sur 21 Septembre 2009, 16:25pm

Catégories : #Economie

Paul-Gilles Nanda, sujet camerounais, père de famille, fonctionnaire de la Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale (BDEAC)depuis plus de 30 ans, est écroué depuis le 18 septembre 2009 à maison d'arrêt de Brazzaville pour "diffamation" à l'égard de sa collègue de travail. M. Nanda se dit "étonné" d'être poursuivi par la justice congolaise pour des faits qu'il dénonçait selon une procédure administrative interne de la BDEAC.

Ses parents qualifient cette arrestation "d'enlèvement", car l'infortuné a été appréhendé par des gendarmes, cachés dans un coin de rue, près de son domicile. Malgré sa personne diplomatique protégée par des textes et us des relations internationales, le Camerounais s'est retrouvé manu militari à la maison d'arrêt où le substitut du procureur de la république, Henri Noël Moufata, l'attendait pour lui notifier les charges retenues contre lui : "Flagrant délit de diffamation".

Après l'avoir manqué deux fois à son lieu de service, les gendarmes sont donc allés lui tendre une embuscade, au mépris de tous ses droits. Malgré la présentation de son passeport diplomatique, l'homme s'est fait embarquer comme un vulgaire voleur par une équipe de quelque six gendarmes. L'homme qui tente d'alerter sa famille est empêcher pendant qu'il téléphonait, la scène se comparant à un vrai film de Western!

Dans un mémoire de défense (d'après les pratiques de cette banque), M. Nanda avait révélé et dénoncé des faits qui précipiteraient la chute de cette institution internationale. Dans cette alerte, il avait informé les hauts responsables de la BDEAC venant des pays membres et qui siègent au conseil d'administration de cette banque. Il s'agit là d'une procédure interne. Il reconnut dans le bureau du procureur qui l'interrogeait vers 19h, la première page de ce document interne adressé uniquement au président de la BDEAC, Anicet Georges Dologuele, pour transmission à la hiérarchie.

Comment cette lettre est-elle tombée entre les mains de cette collègue de travail ? " Ce document intitulé Mémoire en défense contre S.E Anicet Georges Dologuele pour diffamation de nom, dénonciation calomnieuses, menaces et persécutions en raison de ma nationalité camerounaise et de mes fonctions de délégué de personnel et de président de la commission mixte de la BDEAC, et Demande reconventionnelle en dénonciation et accusation de S.E Anicet Georges Dologuele pour abus des allocations familiales du personnel de la BDEAC, abus des biens sociaux de la BDEAC et détournements des derniers publics de l'Institution", peut-on lire dans un document signé de M. Nanda du fond de sa cellule de prison, et parvenue à Tam-Tam d'Afrique.

"Ce document existe en original unique remis à M. Dologuele pour transmission aux chefs d'Etat de la CEMAC et aux ministres des finances membres de l'Assemblée générale des actionnaires. Il s'agit d'un recours administratif préalable à l'engagement des procédures judiciaire par devant de la cour de justice communautaire de la CEMAC à N'Djamena au Tchad", a-t-il explqué.

Problème ? Comment la justice congolaise peut-elle se saisir d'une affaire qui la regarde de si loin ? Simple, elle a été saisie par une femme congolaise, dont la plainte a été déposée par Me Oko, lui-même abondamment cité dans les détournements de la BDEAC, révèle M. Nanda.

La fonctionnaire de la BDEAC, une certaine Bienvenue Bertille Yoka, a donc dû subtiliser le document exclusivement adressé au président de la BEDAC pour s'en servir comme preuve et porter plainte contre son collègue de travail au mépris de leurs procédures internes de règlements des conflits ? En tout cas, de peur d'être coincé comme Paul Wolfowitz, ancien président de la Banque mondiale, débarqué pour des questions similaires, M. Dologuele aurait-il mis la fuite en avant pour brouiller la piste ?

Et la justice congolaise qui parle de diffamation selon le Code pénale, se servira-telle de la confusion savamment entretenue dans les articles 372 et suivants ainsi que de l'Ordonnance de mai 1964 sur la propagation et la diffusion des fausses nouvelles ? Mieux vaut laisser à la Cour de justice communautaire de la CEMAC de faire le travail, plutôt que de s'enliser dans une espèce de parodie.

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