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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Sassou Nguesso fait du nouveau avec du vieux !

Publié par Arsène SEVERIN sur 16 Septembre 2009, 09:36am

Catégories : #Politique

Trente sept ministres, contre trente huit à la dernière équipe, composent désormais le gouvernement congolais, tant attendu par les populations qui n'ont eu de cesse à spéculer sur tel ou tel nom. En définitive, Denis Sassou Nguesso, le chef de l'Etat, qui est en même temps chef de ce gouvernement qui n'a pas de Premier ministre, conformément à la Constitution du pays, a tranché : un choix qui frise l'usure, avec des ministres au gouvernement depuis la guerre de 1997.

Le chef de l'Etat congolais a ainsi préféré faire du nouveau vin avec des vieilles outres. Des ministres qui battent le record de longivité au gouvernement, peut-être même du jamais vu au Congo depuis l'indépendance (exagerons un peu)! C'est le cas de Pierre Moussa, fils d'Owando dans la Cuvette, toujours à son Plan. Cet ancien cadre de la banque mondiale, moulé en suite dans le système du Parti congolais du travail (Tout pour le peuple, mais en réalité, rien pour le peuple et tout pour nous), est devenu par la force des choses ministre à vie, prêt à mourir pour Sassou Nguesso. Il est à ce poste depuis octobre 1997.

Cacique et influent, il n'avait pas voulu de la tête de Gaston Gapo, cet autre architecte qui nous a amenés ses histoires de plan d'aménagement du Congo. Et comme les autres ne le comprenaient pas, ou alors que son ministre principal de l'aimait pas du tout, il a beau faire pour dire que Sassou Nguesso était la seule chaussure qui allait pour le Congo, le gar a été débarqué du gouvernement!

Moussa n'est pas seul dans son fauteuil depuis 12 ans. Il y a aussi le jeune ministre André Okombi Salissa, fils de Lékana dans les Plateaux,  fondateur du Front 400 et défenseur du pouvoir, prêt à arracher les dents à tous ceux qui s'opposent à la petite idée du président, même pour proposer une virgule, un tréma, ou un circonflexe, comme ils ont l'habitude de le faire au gouvernement. Ambitieux et plein d'avenir, le président de la CADD-MJ, parti dans un parti, a plusieurs  fois damé le pion aux grands batéké comme Florent Tsiba, battu à plat de couture dans son propre terroire de Lékana où il est devenu étranger, lors des législatives de 2002 et de 2007.

Justement, Tsiba, fidèle parmi les fidèles est reconduit au gouvernement. Il laisse les travaux publics où, semble-t-il, Jean Jacques Bouya avait tout pris. Ministre depuis Sassou II en 1997 (il l'a aussi siffisamment été pendant Sasso I au monopartisme), il est toujours là, en train de faire du latin à ceux qui ne le comprennent même pas. En fait, c'est une façon pour lui de louer Sassou Nguesso qui le maintient chaque année davantage au gouvernement...

Et Pierre Oba ? Calme et presque effacé depuis qu'il a fait son boom électoral de 2002, donnant au président Sassou Nguesso quelque 85% des voix, ce général de brigade, policier de son état et de la classe un peu inférieure de feu Dieudonné Kimbembe, le sacré ministre de la justice que le pays ait connu (années 80) est au gouvernement depuis 1997. Garant du pouvoir, cet enfant de Tsokia, au bord de la nationale n°2 entre Ollombo et Oyo, Oba n'est pas prêt à lâcher prise !

Isidore Mvouba, fils de Kindamba dans le Pool, enfin débarrassé de son carcan génant de Premier ministre, est aussi un vieux parmi les vieux. Après avoir dit sa fidelité à Sassou Nguesso en 1992, alors que le président Pascal Lissouba l'avait fait ministre de la jeunesse et des sports, Mvouba s'est toujours vu récompenser par le chef de l'Etat, même au milieu des crocodiles de la majorité présidentielle, qui ,en réalité, ne voulaient plus de lui dans cette équipe gouvernementale. Ayant concédé aux autres son costar de Premier ministre, il reste tout de même ministre d'Etat, et certainement continuera à occuper le somptueux palais du gouvernement situé en face de la gare centrale de la capitale congolaise.

Faire du nouveau avec du vieux, on ne sait pas trop ce que vise le président congolais. Il avait promis faire le nettoyage de tous les gars qui ne bossaient pas. On peut dire qu'il a certainement commencé, avec de nombreux départs des ministres, comme celui de l'enseignement technique, Pierre Michel Nguimbi (le pauvre avait tout donné pour ce poste).

Henri Djombo aussi est revenu ! Bouffant traquillement dans ses forêts du Bassin du Congo, et sans que personne ne le dérrange, pendant que tout le monde ne voit que  lepétrole, ce fils de Enyelé dans la vasière de la Likouala revient en force, adoubé de l'environnement, poste qu'il se canaillait avec Okombi Salissa. Maintenant, il est seul pour couper les forêts, et il fera de la prévention de l'environnement lui-même : plus de gendarme, en fait. On ne pouvait pas lui refuser ça, à ce gar qui allait nuitamment négocier à Libreville au Gabon, pendant la guerre de juin 1997 chauffait à Brazzaville.

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