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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Des enfants peuvent vivre avec le VIH : expérience de Brazzaville

Publié par Arsène SEVERIN sur 14 Septembre 2009, 13:33pm

Catégories : #Santé

Ce samedi passé,  Angélique Moubi, la quarantaine révolue, courait vite à « l’Ecole des parents », une séance d’éducation des tuteurs  des enfants vivant avec le VIH/SIDA à Brazzaville. « Je ne jure que par cette école qui m’a permis de reprendre en main le traitement de mon enfant », a-t-elle confié à SEVERIN NEWS.


Ces séances sont organisées par Serment universel, une organisation non gouvernementale basée à Brazzaville. « Il s’agit en fait d’une prise en charge psychologique des enfants vivant avec le SIDA, afin de les inciter à accepter cette difficile épreuve des médicaments », a expliqué Julien Makaya, président de Serment Universel, qui suit actuellement 200 enfants de Brazzaville.


« Ma fille de 9 ans ne voulait plus prendre les médicaments, je la menaçais, la frappais et lui disais qu’elle allait mourir si elle ne suivait pas son traitement. Et elle a connu un échec thérapeutique à cause mon manque de savoir-faire », a ajouté Mme Moubi.


Tous les derniers samedis du mois, le psychologue Parfait Richard Bitsindou, agent du Centre de traitement ambulatoire (CTA) de Brazzaville reçoit des enfants malades pour les aider à vivre avec cette maladie. « Je leur apprends des choses à partir des dessins. Les enfants discutent entre eux  jusqu’à dire ce que je veux entendre :

fatiguer de prendre les médicaments ; ne pas savoir pourquoi les prendre », a affirmé, à SEVERIN NEWS, le psychologue.


D’après les médecins et plusieurs parents, les enfants non suivis psychologiquement  résistent à la prise des médicaments. Leur traitement  n’est pas régulier et les parents son angoissés. « Nous avons reçu une fille de 13 ans qui agressait ces parents pour refuser médicaments », a informé Fleur Makosso, Cheffe de projet «Dépistage précoce et prise en charge des enfants vivant avec le VIH/SIDA », à Serment Universel. Ce projet est financé par Sidaction, basée en France.


« Avant, je ne voulais pas prendre ces médicaments tous les jours. Mes parents ne me disaient rien, mais grâce à Tonton Parfait, j’ai compris pourquoi, et je prends mes médicaments pour ne pas faire le SIDA », a témoigné Benjamin, un des enfants suivis par Bitsindou.


Ce psychologue que les enfants appellent « Tonton Parfait »  a lancé cette stratégie en 2006 avec l’aide de l’UNICE. «  Lorsque j’ai commencé, personne ne me croyait. C’était trop risquer de dire aux enfants qu’ils avaient le SIDA. Mais aujourd’hui, on me donne raison », s’est félicité Bitsindou qui suit actuellement  145 enfants, tous identifiés au CTA.


« Nous avons réalisé que c’était une bonne expérience, et nous soutenons ce travail qui se fait ici même au siège de l’UNICEF », a dit SEVERIN NEWS, Martin Inana, administrateur de programme SIDA à l’UNICEF Brazzaville.


D’après cette agence onusienne et le gouvernement, plus de 17.000 enfants congolais de 0 à 18 ans sont infectés par le VIH/SIDA. « Mais nombreux ont besoin d’un suivi psychologique. Ici, depuis 2007, nous avons suivi 645 enfants et 200 parents. Cela ne représente que 25% de ceux qui sont dans le besoin », a souligné M. Inana qui ajoute que si cette expérience est validée par des experts internationaux, elle serait étendue dans tout le pays.


Le psychologue Bitsindou prépare les enfants à l’annonce de leur statut, pour qu’ils prennent sans relâche ces médicaments. « Les enfants sont répartis en trois groupes : les plus petits de 6 à 9 ans qu’on encourage juste à prendre les médicaments ; ceux de 10 à 12 ans qu’on prépare à l’annonce, et ceux de 13 ans et plus  qui connaissent leur sérologie », a-t-il indiqué, ajoutant que ces adolescents aident, par des causeries, les plus jeunes à boire sans résister les médicaments.


En 2007, Bitsindou a aidé ces enfants à créer un groupe de partage, le Club des adolescents plus (CAP+), regroupant tous les enfants séropositifs du pays. En 2008, les plus grands ont créé le Club d’observance, regroupant 20 enfants qui servent de conseil à d’autres. Tous les enfants du deuxième club connaissaient leur statut. « Il n’y a plus, chez nous, des enfants qui résistent à la prise de médicaments. Maintenant, c’est eux-mêmes qui vont les chercher à l’heure indiquée. Les plus petits dérangent leurs parents pour ne pas manquer la prise » a témoigné M. Bitsindou.


« C’est une très bonne expérience pour nous, le Conseil national de lutte contre le SIDA, et nous appuyons Serment Universel pour faire plus », a déclaré à SEVERIN NEWS, Dr Franck Fortuné Mboussou, conseiller technique au CNSL à Brazzaville.


Pour Julien Makaya, l’Etat doit faire plus. « Le gouvernement n’a rien prévu pour prendre ses enfants en charge. Si on veut protéger les 95 pour cent des Congolais qui ne sont pas encore malades, il faut suivre normalement ces enfants », a-t-il dit.


« Il n’y a pas encore un plan ou une stratégie nationale pour le suivi psychologique des enfants vivant avec le SIDA », a regretté M. Bitsindou.


Mais, le gouvernement vient d’intégrer dans son programme de lutte contre le SIDA 2009-2013, la pédiatrie du SIDA où le suivi psychologique a une place prépondérante. Ce programme d’ailleurs été validé et financé par le Fonds global, une organisation internationale engagée dans la lutte contre le SIDA.


Le taux de prévalence du SIDA au Congo est de 4,2%, d’après une enquête réalisée en 2004 par la Banque mondiale. Depuis là, il n'ya plus de statistiques, et on ne sait pas si ça augmente ou ça baisse !

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