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BrazzaPLUS

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Actualité du Congo-Brazzaville. Le Blog de Arsène SEVERIN spécialisé dans l'information générale, l'analyse et la critique sur les événements au Congo-Brazzaville, en Afrique et dans le Monde. Souvent avec grand humour!


Des centaines de gagne-pain détruits à Brazzaville par les autorités

Publié par Arsène SEVERIN sur 14 Septembre 2009, 12:09pm

Catégories : #Societé- Développement

Ils n’ont pas trouvé mieux que d’occuper « le domaine public » pour vendre leurs marchandises afin de survivre. Appelant au changement des mentalités, les autorités de Brazzaville, appuyées  par un engin caterpillar, ont tout simplement rasé des kiosques, boutiques et étalages dressés le long des rues et des grandes avenues de la ville.

 

« C’est désormais comme ça. Dès que quelqu’un occupe la rue, nous fairons descendre un bulldozer pour le déguerpir », a déclaré le maire de Brazzaville, Hugues Ngouelondele.

 

Accompagné des maires de sept arrondissements de la capitale congolaise, Hugues Ngouelondele reste déterminé à faire la ronde des communes de la ville, cassant ou rasant les unités de production des citoyens. « Qu’est-ce que vous croyez, ce sont des gens qui ne sont pas élus comme maires. On nous les impose, et nous ne sommes pas surpris qu’ils marchent sur nous », a vivement réagi un habitant de Talangaï (quartier nord de Brazzaville), dont la boutique a été écrasée et les téléphones portables emportés par des jeunes errant par là, ou simplement émiettés par les grosses roues du bulldozer.

 

Les pleurs, les plaintes et les grincements de dents des populations devraient en fait monter jusqu’au ciel, à en croire leur forte tonalité. « Quand on fait une casse pareille, il y a des mesures d’accompagnement. Maintenant, où iront ces mamans qui ne vivaient que de cette activité. Elles vont voler ? », s’est interrogé un autre habitant de Talangaï, la rage dans la bouche!

 

« Non, le pays est foutu ! Ils pensent que nous allons vivre comme eux ? Ils volent l’argent du peuple, vivent dans de belles maisons, et ils se moquent de nous, le bas peuple, qui ne vivons que de ça. Qu’est-ce que ça peut coûter à l’Etat de nous donner quelque chose afin de nous réorganiser, ou encore nous trouver un endroit pour continuer nos activités. Ils nous jettent dans la rue, ce sont des dictateurs; Congo, pays des dictateurs », a lancé pêle-mêle un commerçant déguerpi au Plateau des 15 ans.

 

Pour le maire de Brazzaville, c’est une opération normale, et les citoyens de la ville ont suffisamment été informés. Cette opération qui a démarré le 11 septembre se poursuivra jusqu’à tout démolir le long des grandes avenues de la capitale, ont fait savoir les autorités municipales.

 

Depuis la fin des années 80, le chômage est devenu le pain quotidien des jeunes. congolais Selon les statistiques nationales, plus de 35% des jeunes congolais pleurent le travail, mais qu’ils ne trouvent pas. Ainsi, des diplômés de grandes écoles de journalisme, de commerce, de droit ou d’économie sont obligés de tenir une cabine téléphonique dans un coin de rue pour survivre. Lorsqu’ils ne peuvent pas suppléer une tante ou une belle sœur en vendant les beignets et la bouillie de maïs ou de riz sous les bâches dans un coin de rue, ces jeunes sont alors dans les gargotes en train de servir des plats à d’autres pauvres qui en veulent pour 150F ou pour 250F CFA. Aujourd'hui, ils doivent croiser les bras, le chantier étant non seulement fermé, mais aussi bousillé!

 

Evoluant seules avec une marmaille d’enfants, plusieurs femmes brazzavilloises ne vivent que de la vente de multiples petits articles dans la rues. Elles vont y être chassées. La rue, c’est pas pour vendre, c’est pour circuler… Mains sur la tête, toutes ces mamans, victimes dans la plupart des cas de la dureté des hommes, maudissent sans citer leurs noms, les autorités qui engagent et font exécuter une telle opération. « Elle n’aura pour résultat que la misère des populations, dont plus de la moitié est gravement très pauvre », a dit un habitant de Moungali.

 

Mais, plusieurs Brazzavillois saluent cette opération, disant qu’elle va permettre de remettre de l’ordre dans la ville. Comme disent les détraqueurs des Suisses, la croix suisse, c'est la richesse sur le sang des autres.

 

Le maire de Brazzaville qui a eu du mal à faire passer ses délibérations lors de son premier mandat, tient à se faire respecter cette fois-ci, on s’en fout si ce sont des mesures impopulaires. Si les chauffeurs de taxi, les sociétés de téléphonie mobile et les habitants de la ville ont boudé les grandes décisions du conseil municipal de Brazzaville, aujourd’hui, le changement semble avoir démarré, et même parfois abusivement démarré.

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