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Le directeur exécutif de l’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH), Roger Bouka Owoko a déclaré samedi à Brazzaville au cours d’un échange avec les journalistes que le président Denis Sassou Nguesso, candidat à sa propre succession à l’élection présidentielle de dimanche, « était un candidat de l’Etat congolais », pour justifier « l’utilisation abusive des moyens de l’Etat » dans sa campagne électorale. Pour l’OCDH, le gouvernement a « confisqué » ce processus électoral en excluant les membres de l’opposition et de la société civile.

 

D’après M. Bouka Owoko, le président sortant s’est s’emparé de tous les moyens de l’Etat pour organiser sa campagne. « Il faut qu’on nous rende les compte, qu’il (le président sortant) nous dise d’où viennent les financements qu’il utilise », a-t-il affirmé, arguant que les caisses publiques ont correctement saigné.

 

L’OCDH qui va déployer une trentaine d’observateurs électoraux dans le pays le jour du vote, a également stigmatisé les conditions de préparation de l’élection présidentielle. « Depuis bien longtemps, le gouvernement n’a rien fait qui puisse satisfaire les autres forces politiques qui sont à l’opposition. Et le gouvernement a ainsi entretenu une crise de confiance dans le pays », a indiqué M. Bouka Owoko à la presse.

 

« Même les services de sécurité ont menacé certains candidats, alors qu’ils ont un rôle neutre à jouer dans le processus. Mais tout le monde agit comme si le président sortant était le candidat de l’Etat », a-t-il fustigé

 

Le corps électoral n’est pas fiable, il a été traficoté, affirme le responsable de l’OCDH, une ONG des droits de l’homme basée à Brazzaville, la capitale congolaise. « D’après nos recherches, le nombre de 2.220.000 électeurs qu’avance le gouvernement est irréaliste. On croirait que le Congo a connu un boom démographique en si peu de temps », a commenté M. Bouka Owoko, toujours très critique envers les autorités.

 

« Le Rapport national sur développement humain fixait en 2000 la population congolaise à 2.600.000 habitants. Logiquement, on serait aujourd’hui à 3.500.000 et disposer d’un corps électoral de quelque 1.600.000 électeurs. Mais nous parler de plus de deux millions d’électeurs est très erroné, et nous avons désormais un corps électoral monstrueux et gigantesque », a souligné le directeur exécutif de l’OCDH, ajoutant que « la pierre d’achoppement du processus électoral depuis 2007 demeure le fichier électoral dans notre pays».

 

L’OCDH a aussi dénoncé la mauvaise posture de la Commission nationale d’organisation des élections (CONEL). « En quoi est-ce que ça doit être une commission d’organisation quand on sait qu’elle n’a aucun levier de pouvoir réel. C’est plutôt un simple surveillant électoral », a critiqué Bouka Owoko.

 

Pour réduire les tricheries et les fraudes massives déjà prévues, a dit le directeur exécutif de cette ONG, le gouvernement devrait interdire les votes sur la base d’un acte de naissance, d’une carte scolaire ou de carte d’étudiant. « Les actes de naissance se fabriquent partout et les communes de Ouenzé et de Talangaï à Brazzaville en vendent même. Les cartes scolaires et d’étudiant sont fabriquées par des privées dans leurs maisons et peuvent favoriser le vote massif des étrangers, puisqu’ils sont autorisés d’utiliser les mêmes documents d’identité que les nationaux », a révélé Bouka Owoko.

Tag(s) : #Elections
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