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Les opposants au régime du président Denis Sassou Nguesso ont rejeté le week-end dernier la date du 12 juillet 2009 fixée par le chef de l'Etat congolais comme celle du premier tour de l'élection présidentielle. Ils appellent à une organisation concensuelle de ce scrutin permettant le vote du président de la république pour les sept ans à venir.

Au cours d'une conférence de presse tenue vendredi au siège de l'Alliance pour la république et la démocratie (ARD), groupement d'une vingtaine de partis et associations politiques soutenant la candidature de l'opposant Mathias Dzon à cette élection, les membres du Front de l'opposition unie (FOPU) ont décidé de ne pas aller au vote à la date du 12 juillet 2009, si les conditions de préparation de ce scrutin ne sont pas réunies, comme ils le souhaitent.

"Si nous avons déjà des candidats déclarés, cela veut dire que nous sommes prêts à aller à l'élection présidentielle. Mais pas dans les conditions actuelles de préparation", a expliqué Bonaventure Mbaya, président d'un petit parti membre du Front.

De son côté, Me Ambroise Hervé Malonga a appelé le pouvoir de Brazzaville à organiser rapidement le recensement administratif spécial dans le but de maîtriser le corps électoral. "Il faut d'abord commencer par maîtriser le coprs électoral avant d'aller aux élections. On nous appelle à intégrer la commission électorale, mais nous ne le ferons que quand il y aura une réelle volonté du gouvernement d'organiser une élection libre et transparente", a-t-il dit.

L'opposition a toujours accusé le gouvernement d'avoir fait une réserve de 500.000 voix devant permettre la reélection dès le premier tour du président sortant. Les membres de l'ARD expliquent, par exemple, que ces 500.000 voix sont le résultat du gonflement du nombre de la population dans certaines localités où, le nombre d'habitant est curieusement moins élevé que celui des votants.

Le 8 mai dernier, le chef de l'Etat congolais avait publié un décret convoquant le corps électoral aux urnes pour le premier tour de l'élection présidentielle. L'opposition qui recuse depuis 2005 les conditions d'organisation des dernières élections, appelle à un dialogue sur le scrutin présidentiel. Mais lors de la Concertation citoyenne convoquée en avril dernier, les partis de l'opposition n'ont pas pris part à ces discussions, accusant le gouvernement de n'avoir accepté leurs propositions. Cette concertation a donc eu lieu en présence de quelques gropuscules de partis de l'opposition qui ne sont pas représentés à l'Assemblée nationale.

La conférence de presse de l'opposition, dirigée par Jean Paul Bouity, directeur de campagne du candidat Dzon, a connu la participation de certains membres du Front comme Ange Edouard Poungui, candidat de l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS- parti de l'ancien président Pascal Lissouba), le général Raymond Damas Ngollo,...

Pour le candidat Mathias Dzon, tant que les conditions d'une vraie élection ne seraient pas remplies, personne n'ira voter. Il a expliqué que les populations seront levées pour empêcher que le matériel électoral soit déposé dans les bureaux de vote. "La désobéisence civile est reconnue par notre Constitution", a-t-il affirmé avec force.

Condamnant la publication "unilatérale" de la date du 12 juillet par le président de la république, Dzon a dit que le président Sassou Nguesso "ne faisait qu'à sa tête. Il n'ira pas à cette élection tel qu'il le souhaite", a indiqué le candidat de l'ARD.

Depuis quelques semaines, les Brazzavillois redoutent des violences lors de ce scrutin. Les propos tenus par les leaders des partis politiques tant de la majorité que de l'opposition ne sont pas de nature à calmer le jeu. L'opposition, se disant n'avoir pas d'armes, appelle les jeunes à se lever pour "barrer la route au pouvoir qui venut organiser les élections à sa manière". D'après le candidat Poungui de l'opposition, "il n'y aura pas d'élection présidentielle sans nous".

Mais le gouvernement reste sérein, rassurant les populations qu'il n'y aura pas de troubles. "Nous avons déjà touché le fonds, les populations ne sont pas prêtes à accepter la moindre allusion de retourner dans les forêts", avait dit la ministre Adélaïde Moundele-Ngollo, lors d'une rencontre entre les journalistes et le Premier ministre, Isidore Mvouba.







Tag(s) : #Elections
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